ANGLE DOMINANT
Santiago décrypte le revirement d'Ed Sheeran sur Gaza, d'un silence revendiqué à un constat de catastrophe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Samedi 19 septembre à Philadelphie, Sheeran a qualifié la situation à Gaza de « catastrophique, injustifiable et disproportionnée »
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Quatre jours plus tôt, le 15 septembre, il avait publié un communiqué expliquant son refus de se prononcer sur le conflit, perdant des milliers d'abonnés selon La Tercera
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Sheeran s'est dit inquiet que des salles puissent examiner à l'avance le contenu des concerts, affirmant que « cela ne devrait jamais arriver dans le monde libre »
ANALYSE
Santiago, 20 septembre 2026. La presse chilienne retient d'abord le revirement : samedi soir, au Lincoln Financial Field de Philadelphie, Ed Sheeran a rompu avec la ligne qu'il défendait quatre jours plus tôt. Le 15 septembre, après l'annonce de l'éviction de Macklemore de sa tournée américaine Loop, le chanteur britannique avait publié un long communiqué expliquant pourquoi il refusait de se prononcer publiquement sur la guerre à Gaza — une prise de position qui lui avait valu de vives critiques et la perte de « milliers » d'abonnés, rapporte La Tercera. Samedi, seul sur scène, sans première partie après le retrait des autres artistes en soutien à Macklemore, Sheeran a changé de registre : « Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné », a-t-il déclaré.
BioBioChile détaille la mise en scène de cet aveu. Le chanteur a pris « quelques minutes » en ouverture du concert pour s'expliquer, disant avoir l'habitude qu'on critique sa musique, « mais cette fois la critique portait sur quelque chose de bien plus important ». Il a reconnu avoir « pris des décisions difficiles », commis des erreurs, et s'être excusé : « je suis vraiment, vraiment désolé ». Il a assuré n'avoir jamais voulu être « un musicien activiste », tout en admettant se retrouver au centre d'un débat sur la liberté d'expression et le conflit israélo-palestinien. Il a distingué les deux volets, condamnant l'attaque du 7 octobre et le festival Nova, jugée « horrible », avant de qualifier la situation à Gaza de catastrophique.
Les deux journaux notent un même malaise : l'inquiétude de Sheeran devant l'idée que des salles puissent examiner à l'avance le contenu des concerts — « cela ne devrait jamais arriver dans le monde libre », a-t-il dit, insistant sur le fait que ses concerts avaient toujours été « un espace sûr pour tous ». La Tercera situe l'origine de la crise dans les propos pro-palestiniens tenus par Macklemore lors d'un concert précédent de la tournée Loop, à l'issue duquel le rappeur a été écarté des dates restantes — décision qui a entraîné le retrait d'autres artistes en signe de solidarité. La Tercera signale enfin des dizaines de manifestants propalestiniens rassemblés aux abords du stade pendant le concert.
