ANGLE DOMINANT
Paris décrypte l'incident Sheeran-Macklemore comme un test de la liberté d'expression artistique aux États-Unis, où des propriétaires de stades ont le pouvoir d'évincer un artiste pour ses propos sur Gaza avant même la scène.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Ed Sheeran a déclaré à Philadelphie que « ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné », et a reconnu avoir « commis des erreurs »
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Macklemore a été évincé lundi 14 septembre après avoir crié « Palestine libre ! » lors d'un concert début septembre, sous la pression de propriétaires de stades dont le milliardaire Robert Kraft
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Le bilan de la guerre côté palestinien est chiffré par la presse française à plus de 73 000 morts et 174 000 blessés
ANALYSE
Paris, 20 septembre 2026. La presse française retient d'abord une question de pouvoir : qui décide de ce qui peut être dit depuis une scène de stade américain. Samedi soir, au Lincoln Financial Field de Philadelphie, Ed Sheeran est remonté seul sur scène, sans première partie, pour son premier concert depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée Loop. « Ce n'est pas comme ça que, d'habitude, je commence un concert », a-t-il lancé, visiblement ému, avant de reconnaître avoir « commis des erreurs » et de dire être « vraiment, vraiment désolé ». Il a qualifié la situation à Gaza de « catastrophique, injustifiable et disproportionnée », évoquant des « cœurs brisés » face à « l'ampleur de la dévastation » et à « l'injustice systémique » en Cisjordanie occupée, tout en dénonçant les attaques « atroces » du Hamas le 7 octobre 2023.
Les médias français reconstituent la chaîne des faits : le 4 septembre, dans le New Jersey, Macklemore avait interprété Hind's Hall, hommage à une fillette palestinienne tuée, et lancé « Palestine libre ! ». Accusé par le milliardaire Robert Kraft, propriétaire de stades et proche de Sheeran, d'avoir tenu des « propos haineux », il a été évincé lundi 14 septembre sous la pression de ces mêmes propriétaires. En réaction, les quatre artistes prévus en première partie - dont Finneas, frère et compositeur de Billie Eilish - et le groupe qui accompagne Sheeran se sont retirés de la tournée.
La presse rappelle le bilan côté palestinien, plus de 73 000 morts et 174 000 blessés, et note que des juristes et ONG qualifient les actes commis à Gaza de génocide. Sheeran avait auparavant affirmé sur Instagram ne pas vouloir « faire de son métier une plateforme politique » et s'est défendu de toute complicité : « Je ne suis pas complice. J'ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. » La Tribune rappelle qu'il a par ailleurs participé à un concert de soutien à l'Ukraine et revendique son identité irlandaise. Un format diffusé par France 24 pose la question plus large : les artistes doivent-ils prendre position, ou restent-ils libres de se taire, quand des salles peuvent d'avance filtrer ce qui se dit sur scène ?
SOURCES (4)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- La TribuneMOYEN
