ANGLE DOMINANT
Oslo décortique le rapport de force entre Ed Sheeran et les propriétaires de stades, plus que le message politique lui-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Sheeran a qualifié la situation à Gaza de « catastrophique, injustifiable et disproportionnée », tout en décrivant le 7 octobre et l'attaque du festival Supernova comme une horreur s'ajoutant à des siècles de souffrance juive (VG, citant l'AP).
- 02
Selon Sheeran et l'organisateur de la tournée, cités par Aftenposten, l'éviction de Macklemore est intervenue après des pressions des propriétaires des stades où la tournée devait se produire.
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Aftenposten documente un centre de commandement des propriétaires de stade sous les tribunes et rapporte la question posée par le critique musical Audun Molde sur qui décide réellement de la tournée.
ANALYSE
Oslo, 20 septembre 2026. La presse norvégienne retient de ce dossier moins le contenu du message pro-palestinien que la question de qui, en coulisses, décide ce qui peut être dit depuis une scène de stade américain. Aftenposten consacre une enquête au « jeu de pouvoir » qui a précédé le renvoi du rappeur Macklemore de la tournée Loop d'Ed Sheeran : selon le journal, le musicien et l'organisateur de la tournée confirment eux-mêmes que l'éviction est intervenue après des pressions des propriétaires des stades où Sheeran devait se produire. Le titre choisi par Aftenposten pose directement la question : qui décide vraiment de la tournée d'Ed Sheeran ? Le journal décrit des propriétaires de clubs NFL à la fortune considérable, dotés d'un véritable centre de commandement sous les tribunes du stade, et cite le critique musical Audun Molde, qui s'interroge sur qui, de Sheeran ou de l'organisateur et du propriétaire du stade, travaille en réalité pour l'autre.
VG, de son côté, s'attarde sur la première apparition de Sheeran depuis la controverse, samedi soir à Philadelphie, sans première partie - les quatre artistes prévus et son propre groupe s'étant retirés par solidarité. Selon l'agence AP, citée par VG, Sheeran a pris la parole avant de jouer, visiblement affecté : il évoque une semaine de critiques portant sur « quelque chose de bien plus important » que sa musique, reconnaît avoir « commis des erreurs » et dit être « vraiment, vraiment désolé ». Il distingue ensuite deux tragédies : le 7 octobre et l'attaque du festival Supernova, qu'il qualifie d'horreur s'ajoutant à des siècles de souffrance juive, et la situation à Gaza, qu'il décrit comme « catastrophique, injustifiable et disproportionnée ». Une cinquantaine de manifestants, selon l'estimation de l'AP relayée par VG, s'étaient rassemblés devant le stade avant le concert, à l'appel de groupes militants locaux, sous surveillance policière renforcée.
Le récit norvégien construit ainsi un double foyer : les mots personnels et hésitants de Sheeran, longuement cités, et l'architecture de pouvoir économique qui a rendu possible l'éviction de Macklemore - deux angles qui interrogent moins la politique au Proche-Orient que la liberté d'un artiste américain sur une scène qui ne lui appartient pas entièrement.
