ANGLE DOMINANT
Le Brésil retient d'abord la validation scientifique : selon Folha de S.Paulo, l'étude du World Weather Attribution confirme que le réchauffement a aggravé la combinaison de facteurs climatiques et géologiques ayant provoqué l'effondrement du Langtang Lirung, tandis que le bilan humain — plus de 6 000 disparus, à peine 7 % des corps identifiés — reste au second plan.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'étude du World Weather Attribution, publiée jeudi 17 septembre par un groupe piloté par l'Imperial College de Londres, attribue l'effondrement du Langtang Lirung à une combinaison de facteurs climatiques et géologiques aggravée par le réchauffement.
- 02
Le nombre de disparus au Népal est passé de 5 179 à 6 150 entre mardi 15 et mercredi 16 septembre, tandis que seuls 7 % des 1 403 corps retrouvés ont été identifiés malgré 1 206 prélèvements ADN.
- 03
Le bilan cumulé Népal-Chine atteint 1 446 morts et au moins 6 669 disparus, dont au moins 636 étrangers côté népalais et 519 disparus recensés côté chinois.
ANALYSE
Brasília, jeudi 17 septembre 2026. La presse brésilienne relit la catastrophe du Langtang Lirung à travers deux prismes complémentaires : la preuve scientifique qui vient d'être publiée et le décompte humain qui continue de s'alourdir, trois semaines après le drame. Folha de S.Paulo et UOL Notícias reprennent l'étude publiée ce jeudi par le World Weather Attribution, groupe piloté par des chercheurs de l'Imperial College de Londres. Selon leurs conclusions, l'effondrement du 26 août — quand une partie de la glace et des roches d'une saillie s'est détachée du sommet du Langtang Lirung, inondant la vallée de la rivière Lendi et emportant des communautés entières — résulte d'une combinaison d'événements climatiques et géologiques, aggravée par le réchauffement. « Il est important de souligner qu'il n'y a pas eu un seul événement déclencheur », explique Walter Immerzeel, professeur à l'université d'Utrecht, cité par Folha. « La rupture s'est produite à une altitude d'environ 5 150 mètres, et plusieurs processus ont agi ensemble sur des échelles de temps allant d'années à décennies, plutôt qu'un seul facteur isolé. Cela rend aussi l'attribution climatique directe particulièrement difficile. » Friederike Otto, de l'Imperial College, qui dirige l'initiative, précise avoir réuni glaciologues et spécialistes des régions montagneuses « pour rassembler en un seul endroit ce que l'on sait à ce jour » et pour « identifier les facteurs à l'origine de la catastrophe et le rôle du changement climatique ».
L'autre fil suivi par Folha Mundo est celui du bilan humain, révisé mercredi 16 septembre par les autorités népalaises : le nombre de disparus est passé à 6 150, contre 5 179 annoncés mardi 15 septembre. La porte-parole Shanti Mahat explique à l'AFP que les données sont recueillies auprès des bureaux de district puis révisées après vérification. Seuls 7 % des 1 403 corps retrouvés ont été identifiés, malgré 1 206 prélèvements ADN sur les corps et 1 889 sur des familles ; seulement 105 corps ont été rendus à leurs proches. Au moins 636 étrangers figurent parmi les disparus côté népalais. Côté chinois, la presse officielle recense 43 morts et 519 disparus, portant le bilan cumulé des deux pays à 1 446 morts et au moins 6 669 disparus.
