ANGLE DOMINANT
Manille retient d'abord le sort des familles étrangères laissées sans réponse par Katmandou, avant même la confirmation scientifique du rôle du réchauffement dans la catastrophe du Langtang Lirung.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'étude du World Weather Attribution, publiée jeudi 17 septembre, conclut qu'il n'y a « no doubt » sur le rôle du changement climatique dans l'effondrement du Langtang Lirung, combiné à une instabilité géologique antérieure au séisme de 2015.
- 02
Le bilan cité par GMA News fait état de plus de 1 400 morts et d'au moins 6 600 disparus depuis la crue du 26 août.
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Selon l'Inquirer, des familles de ressortissants étrangers - dont celle du Russe Kirill Tretiakov, recherché par son amie indienne Vichitra Jain - restent sans réponse des autorités népalaises trois semaines après le drame.
ANALYSE
Manille, 17 septembre 2026. La presse philippine restitue deux versions distinctes de la catastrophe survenue le 26 août sur le massif du Langtang Lirung, à la frontière sino-népalaise. D'un côté, GMA News relaie l'étude du World Weather Attribution (WWA), publiée jeudi, qui conclut qu'il n'y a « no doubt » quant au rôle du changement climatique dans l'effondrement glaciaire qui a tué plus de 1 400 personnes et laissé au moins 6 600 disparus. Les scientifiques précisent que le désastre n'a pas été déclenché par un seul épisode météorologique extrême mais par une « compound crisis » mêlant réchauffement de long terme, recul des glaciers, dégel du permafrost et instabilité géologique. Le climatologue Walter Immerzeel, de l'université d'Utrecht, décrit une région traversant des « fundamental, irreversible shifts », où le recul glaciaire et la dégradation du permafrost fragilisent la montagne ; il rappelle que le séisme de magnitude 7,8 de 2015 avait déjà pu affaiblir la pente, avant que juillet et août 2026, les mois les plus chauds jamais enregistrés localement, et une forte accumulation de neige fin 2025, n'achèvent la déstabilisation par surcroît d'eau de fonte. L'étude rappelle aussi que le Népal, nation rurale de 30 millions d'habitants, ne pèse qu'une fraction infime des émissions mondiales.
De l'autre côté, l'Inquirer donne un visage à ce bilan chiffré. Le 7 septembre, Vichitra Jain, venue d'Inde, se tenait devant l'office du tourisme népalais à Katmandou, une photo de son ami russe Kirill Tretiakov à la main, disparu lors du passage de la crue ; elle ignore toujours s'il est vivant. La cérémonie officielle en hommage aux victimes s'est terminée, les responsables sont partis, le portail s'est refermé — elle est restée sans réponse. Deux autres étrangers attendaient au même endroit des nouvelles de proches toujours introuvables, trois semaines après les faits.
Pour la presse philippine, ces deux récits ne se recoupent pas : l'un mesure un phénomène climatique à l'échelle de l'Himalaya, l'autre décrit l'attente de familles que Katmandou ne parvient pas à renseigner. Aucun des deux articles ne mentionne de ressortissant philippin parmi les disparus, ni les enjeux économiques liés aux barrages hydroélectriques touchés par la crue.
