ANGLE DOMINANT
Berne pointe les failles de la gestion népalaise de la catastrophe, révélées par la société civile elle-même, tandis qu'une étude confirme la part du réchauffement climatique dans l'effondrement du Langtang Lirung.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les autorités népalaises ont relevé le nombre de disparus de 5 179 à 6 150 après recoupement des données des bureaux de district ; dix corps ont été extraits des chantiers hydroélectriques de Chilime et Upper Trishuli-1 dans le district de Rasuwa.
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Gopal Krishna Siwakoti (International Institute for Human Rights, Environment and Development) affirme que le gouvernement de Balendra Shah n'a demandé l'aide internationale qu'après quatre à cinq jours, alors qu'il aurait dû le faire immédiatement.
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L'étude du World Weather Attribution, citant l'hydrologue Walter Immerzeel (université d'Utrecht), conclut que le recul du glacier et du pergélisol a amplifié une fragilité géologique préexistante, dans une région ayant connu ses mois de juillet et août les plus chauds jamais enregistrés.
ANALYSE
Berne, 17 septembre 2026. Les deux volets de la catastrophe du Langtang Lirung se rejoignent cette semaine dans la presse suisse : un bilan humain toujours plus lourd et une explication scientifique qui écarte l'hypothèse d'un simple accident naturel. Le nombre de personnes portées disparues a été relevé de 5 179 à 6 150 par les autorités népalaises, après recoupement des données des bureaux de district ; dix corps supplémentaires viennent d'être extraits de deux chantiers hydroélectriques du district de Rasuwa, à Chilime et à Upper Trishuli-1, trois semaines après l'effondrement du 26 août.
C'est la gestion de la crise par Katmandou qui retient l'attention de la presse suisse. Une délégation de 35 représentants de la société civile népalaise, qui a parcouru la zone sinistrée à la frontière chinoise, dresse un constat sévère. Gopal Krishna Siwakoti, à la tête de l'International Institute for Human Rights, Environment and Development, reconnaît l'engagement de l'armée et de la police, qui ont risqué leur vie jour et nuit, mais dénonce le choix initial du gouvernement de Balendra Shah de gérer seul la catastrophe. « Le gouvernement aurait dû immédiatement demander l'aide de l'étranger », affirme-t-il, estimant que l'appel international n'est intervenu qu'après quatre à cinq jours, quand de nombreuses vies étaient déjà perdues. Jagat Deuja, du Community Self Reliance Center, confirme que la distribution de l'aide, organisée d'abord seule par le gouvernement central, a manqué d'efficacité, tout comme la coordination avec les autorités provinciales et l'alerte précoce dans les zones basses le long des rivières.
Cette lecture critique s'articule avec la publication, jeudi, de l'étude du World Weather Attribution. Selon l'hydrologue Walter Immerzeel, de l'université d'Utrecht, la région a subi des « changements fondamentaux et irréversibles » : le recul du glacier et du pergélisol a fragilisé une pente déjà rendue vulnérable, peut-être en partie, par le séisme de magnitude 7,8 de 2015. L'étude confirme que juillet et août 2026 ont été les mois les plus chauds jamais enregistrés dans la région, et que les fortes chutes de neige de fin 2025 avaient accru le volume d'eau de fonte disponible.
Pour la presse suisse, les deux constats se complètent : l'attribution scientifique établit que le réchauffement a amplifié un risque géologique préexistant, tandis que le terrain montre que la réponse institutionnelle népalaise n'a pas su suivre l'ampleur de l'événement.
