ANGLE DOMINANT
Katmandou mesure l'ampleur humaine du désastre : familles népalaises et étrangères sans réponse, vide juridique empêchant d'enregistrer les morts, et une diplomatie climatique portée jusqu'à l'ONU.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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795 touristes restent portés disparus selon les registres de la police touristique, dont 607 étrangers et 188 Népalais.
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Des familles de Rasuwa effectuent des rites funéraires symboliques avec de l'herbe kusha, faute de cadre légal pour enregistrer les décès de proches non retrouvés.
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La réunion multipartite du 16 septembre a décidé de préparer les points que le Népal portera sur la justice climatique à la 81e session de l'Assemblée générale de l'ONU.
ANALYSE
Katmandou, 17 septembre 2026. Trois semaines après l'effondrement glaciaire du Langtang Lirung, le Népal découvre l'ampleur du vide qu'il laisse derrière lui, administratif autant qu'humain. Les registres de la police touristique recensent 795 touristes toujours portés disparus après les crues de la Bhotekoshi et de la Trishuli, dont 607 étrangers et 188 Népalais, rapporte le Kathmandu Post. Devant les bureaux du Nepal Tourism Board à Bhrikutimandap, des familles venues d'Inde, de Russie et d'Ukraine attendent toujours une réponse. Vichitra Jain, venue d'Inde, cherche son ami russe Kirill Tretiakov, porté disparu depuis le 26 août : « Je ne sais pas où aller ni comment chercher. Personne ne nous a aidés », confie-t-elle.
À l'intérieur du pays, un autre obstacle s'ajoute au chagrin : la loi. Dans le district de Rasuwa, des familles ont commencé à accomplir les rites funéraires hindous avec des corps symboliques en herbe kusha, faute de pouvoir faire constater légalement la mort de proches jamais retrouvés. Les bureaux d'arrondissement, saisis par le comité de gestion des risques de Rasuwa, réclament au ministère de l'Intérieur un mécanisme accéléré d'enregistrement, indispensable aux assurances comme à la reconnaissance officielle des décès.
La peur s'étend au-delà des vallées touchées. Réunis mardi à Jomsom, dans le Mustang, des élus locaux ont mesuré combien leurs propres berges leur ressemblent : « Nous sommes actuellement sur les rives du fleuve. Si une inondation comme celle de Rasuwa se produit, nous non plus ne survivrons pas », a averti un responsable municipal cité par Ratopati. Une habitante a interrogé les experts sur l'interdiction, au nom de la zone de conservation de l'Annapurna, de retirer les sédiments qui s'accumulent dans le lit de la Kaligandaki.
Sur le plan politique, la réunion multipartite convoquée mercredi par Rabi Lamichhane, chef du Rastriya Swatantra Party au pouvoir, a tranché en faveur d'un comité parlementaire spécial pour la reconstruction, estimée à environ 500 milliards de roupies, et arrêté les points que Katmandou portera à la 81e session de l'Assemblée générale des Nations unies sur la justice climatique, selon Ratopati.
Une étude publiée jeudi par World Weather Attribution vient conforter cette ligne diplomatique : le réchauffement a probablement contribué à l'effondrement, dans une région himalayenne qui se réchauffe environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale, rappelle un éditorial d'Online Khabar. Pour Katmandou, l'argument est désormais documenté : un pays qui n'émet presque rien porte le poids d'un dérèglement qu'il n'a pas causé.
SOURCES (3)
- The Kathmandu PostMOYEN
- Online KhabarMOYEN
- RatopatiMOYEN
