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Le Congressional Budget Office, l'agence non partisane du Congrès américain, a publié mardi 15 septembre 2026 une estimation du coût de la guerre contre l'Iran : 38,1 milliards de dollars dépensés jusqu'au 1er août, soit environ 246 millions par jour. Plus de la moitié de cette somme correspond au remplacement des missiles et munitions employés. Le CBO estime que le conflit a consommé jusqu'aux deux tiers des intercepteurs antimissiles américains depuis juin 2025, en partie pour la défense d'Israël. Ce rapport s'ajoute aux 37,5 milliards avancés en juillet par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth et aux 33,4 milliards calculés par l'inspecteur général du Pentagone pour la période du 28 février au 30 juin.
Le Pentagone évalue à au moins cinq ans le délai pour reconstituer les stocks d'intercepteurs, alors qu'une procédure de destitution vise Pete Hegseth.
Le républicain Thomas Massie a déposé une procédure de destitution, l'accusant d'avoir mené la guerre sans vote du Congrès.
Donald Trump avait affirmé début septembre disposer de stocks de munitions « pratiquement illimités ».
Le CBO prévoit une inflation américaine supérieure de 0,5 point début 2027, liée à la hausse des prix de l'énergie.
L'inspecteur général chiffre à 184 millions de dollars les dégâts subis par des installations diplomatiques dans quatre pays du Golfe.
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
Le Congressional Budget Office chiffre le coût de la guerre contre l'Iran à environ 38 milliards de dollars jusqu'au 1er août 2026.
Le conflit a provoqué une pénurie de munitions et d'intercepteurs antimissiles américains, dont la reconstitution des stocks prendrait plusieurs années.
Les corpus diffèrent sur la question de savoir si ce chiffrage budgétaire s'inscrit avant tout dans une bataille politique intérieure américaine, via la résolution de destitution contre Pete Hegseth et les élections de mi-mandat, ou s'il est traité comme un constat budgétaire et militaire autonome.
Soutiennent cette lecture
La plupart des corpus retiennent en priorité l'estimation la plus récente du Congressional Budget Office, autour de 38 milliards de dollars, tandis que le corpus britannique met en avant l'estimation antérieure et plus basse de l'inspecteur général du Pentagone, 33,4 milliards de dollars pour une période plus courte.
La critiquent
ANGLE DOMINANT
Berlin pointe la contradiction entre les propos de Donald Trump sur des stocks de munitions « pratiquement illimités » et l'aveu, pour la première fois, d'une pénurie par une inspection indépendante du Pentagone.
POINTS CLES
ANALYSE
Berlin, 16 septembre 2026. La presse allemande met en regard les chiffres du Congressional Budget Office (CBO) et les déclarations répétées de Donald Trump sur des stocks de munitions « pratiquement illimités ». Selon le CBO, organe non partisan du Congrès américain, la guerre contre l'Iran a coûté 38,1 milliards de dollars au Pentagone sur ses cinq premiers mois. La lettre, adressée mardi à l'élu démocrate Brendan Boyle, plus haut responsable démocrate de la commission budgétaire de la Chambre, précise que la somme inclut le remplacement des munitions consommées et du matériel détruit, ainsi que la hausse des dépenses de vol et de carburant. Chaque mois supplémentaire coûterait deux à trois milliards de dollars, soit jusqu'à 100 millions par jour. Ce montant recoupe largement l'estimation de 37,5 milliards avancée en juillet devant le Congrès par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth.
Le CBO anticipe aussi un effet inflationniste : début 2027, l'inflation annuelle américaine devrait être supérieure de 0,5 point à ce qui était prévu, et l'inflation « core », hors énergie et alimentation, de 0,3 point, en raison du renchérissement de l'énergie.
La Tagesschau souligne surtout la contradiction que ces chiffres opposent au discours présidentiel. Une inspection indépendante du ministère de la Défense a pour la première fois reconnu des pénuries de munitions consécutives à la guerre : le rapport obligatoire au Congrès évoque des « lacunes stratégiques de stocks et des goulets d'étranglement » dans l'approvisionnement, sans préciser quels systèmes d'armes sont concernés. Le Pentagone dit vouloir « rationaliser les processus d'acquisition et les délais de production », tout en admettant que l'élargissement des capacités industrielles exige des « délais de préparation considérables ».
Ce même rapport chiffre à 33,4 milliards de dollars (environ 28,95 milliards d'euros) le coût des quatre premiers mois de l'engagement, dont 22,3 milliards pour les seules munitions. Il confirme la mort de sept soldats en opération et de sept autres pendant la mission, sans lien direct avec des actes hostiles, et signale que des centaines de bâtiments sur des bases américaines de la région ont été endommagés ou détruits par des frappes iraniennes — des dégâts non comptabilisés, faute de certitude sur leur reconstruction.
Aucun article ne relie ces chiffres à la défense antimissile d'Israël ni aux livraisons à d'autres alliés : la lecture allemande reste centrée sur le bilan budgétaire et sur ce qu'il révèle des tensions entre le Pentagone et la Maison Blanche.
ANGLE DOMINANT
Copenhague traduit d'abord la facture américaine en couronnes : 38 milliards de dollars valent 246 milliards de kroner, un chiffre que Berlingske et DR Nyheder placent en tête plutôt que les conséquences militaires de l'épuisement des stocks.
POINTS CLES
ANALYSE
Copenhague, 16 septembre 2026. La presse danoise reprend d'abord le chiffre en couronnes : les 38 milliards de dollars facturés par le Congressional Budget Office (CBO) pour la guerre américaine contre l'Iran équivalent à 246 milliards de kroner, un montant que Berlingske et DR Nyheder mettent en avant dès leur titre. Selon l'agence budgétaire non partisane du Congrès américain, ce conflit de six mois a coûté cette somme jusqu'à présent, et la facture devrait encore grimper de trois milliards de dollars par mois, soit environ 19 milliards de kroner, si les opérations se poursuivent.
Les deux titres retiennent que la hausse des coûts s'explique surtout par la consommation massive de munitions, qui a vidé les stocks américains d'armement. Le CBO estime qu'il faudra jusqu'à cinq ans pour reconstituer ces réserves, ce qui alimente, selon l'agence, des inquiétudes sur la capacité des États-Unis à répondre à d'autres conflits potentiels. DR Nyheder cite l'agence Reuters pour appuyer ce constat, tandis que Berlingske s'en tient au même chiffrage. Berlingske ajoute que l'inflation devrait augmenter de 0,5 % durant les trois premiers mois de 2027 en raison de la guerre, et que la facture pèse sur un budget fédéral déjà sous tension.
Le rapport a été demandé par Brendan Boyle, élu démocrate de Pennsylvanie et membre le plus haut placé de la minorité à la commission du Budget de la Chambre des représentants. Berlingske reprend sa critique de Donald Trump : « la guerre catastrophique de Donald Trump en Iran a déjà coûté la vie à de courageux soldats américains et en a blessé d'autres », déclare Boyle, qui ajoute que ce rapport impartial du CBO montre que la guerre « a aussi coûté aux contribuables américains des dizaines de milliards de dollars » et continue de devenir plus chère, tout en aggravant l'état des finances publiques. Berlingske précise que 18 soldats américains ont été tués dans cette guerre.
Pour la presse danoise, l'angle retenu reste avant tout comptable : convertir en couronnes une facture américaine, souligner sa progression mensuelle et ses répercussions sur l'inflation et le budget fédéral, plutôt que d'évaluer en détail les conséquences militaires ou diplomatiques de l'épuisement des stocks de munitions et d'intercepteurs.
ANGLE DOMINANT
Paris décrypte un désaveu embarrassant pour Washington : le Pentagone reconnaît enfin la pénurie de munitions que Donald Trump avait démentie pendant des mois, tandis que le Congrès chiffre la guerre contre l'Iran à 38 milliards de dollars.
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, 16 septembre 2026. La presse française consacre l'essentiel de sa couverture à un désaveu embarrassant pour l'administration Trump. Dans un rapport publié lundi 14 septembre, le ministère américain de la Défense a reconnu, pour la première fois, une « pénurie » de munitions liée à la guerre contre l'Iran, un constat que l'administration Trump avait pourtant refusé de confirmer, voire démenti, ces derniers mois, relève Le Monde.
Selon l'inspecteur général du Pentagone, l'opération « Fureur épique » a coûté environ 33,4 milliards de dollars (29 milliards d'euros) entre le 28 février et le 30 juin, dont 22,3 milliards uniquement en munitions tirées. Le document est cité en ces termes : « Les dépenses en munitions lors de [cette opération] ont provoqué une pénurie sur les inventaires stratégiques et révélé des goulots d'étranglement au sein des industries pour le renouvellement des munitions. »
Ce constat contredit frontalement les propos tenus par Donald Trump, qui affirmait en juillet que le pays disposait « de quantités énormes de munitions », puis, début septembre encore, de « quantités pratiquement illimitées ». La presse rappelle que ce manque avait pourtant, selon plusieurs informations de presse américaines, poussé le président à renoncer à renouveler les attaques à grande échelle contre Téhéran durant l'été. BFMTV résume : le rapport révèle des « capacités de production insuffisantes, malgré les démentis répétés de Donald Trump ».
Le Pentagone détaille aussi le bilan matériel : malgré le recours massif aux intercepteurs, les frappes iraniennes ont endommagé ou détruit des centaines de bâtiments et installations sur des bases américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie. Le Monde signale par ailleurs la destruction de quatre avions de chasse américains.
À ces chiffres s'ajoute l'estimation, distincte, du Bureau du Congrès pour le budget (CBO), agence sans affiliation partisane : 38 milliards de dollars dépensés depuis le déclenchement du conflit jusqu'à début août, avec une facture mensuelle susceptible de grimper à deux ou trois milliards supplémentaires selon l'intensité des combats, note Sud Ouest.
ANGLE DOMINANT
Mexico détaille la facture américaine avant d'en mesurer le ricochet sur l'inflation et les prix de l'énergie qui touchent aussi son économie.
POINTS CLES
ANALYSE
Mexico, 16 septembre 2026. La presse mexicaine reprend, chiffre après chiffre, l'addition dressée par le Bureau du budget du Congrès (CBO) sur la guerre américaine contre l'Iran : 38,1 milliards de dollars dépensés jusqu'au 1er août, et jusqu'à 3 milliards supplémentaires chaque mois si le conflit se prolonge, selon l'agence non partisane citée par El Norte et Vanguardia MX. Ce total recoupe deux comptages antérieurs, les 37,5 milliards avancés en juillet par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth devant le Sénat, et les 33,4 milliards calculés par l'inspecteur général du Pentagone pour la période du 28 février au 30 juin.
Vanguardia MX souligne que ce calcul a été produit à la demande du représentant démocrate Brendan Boyle, du Comité du budget de la Chambre, et sans compter les dépenses liées au personnel militaire tué, blessé ou sous soins médicaux après près de sept mois d'attaques. Le journal relaie aussi la projection la plus sensible pour l'économie mexicaine : le CBO anticipe que la guerre alimentera l'inflation américaine jusqu'au premier trimestre 2027, avec une hausse des prix supérieure d'environ 0,5 point aux prévisions antérieures, conséquence de la baisse des expéditions de pétrole et de gaz par le détroit d'Ormuz et des perturbations du trafic maritime en mer Rouge.
El Financiero détaille le second volet de la facture, la reconstitution des stocks de munitions. Le Pentagone reconnaît, dans un rapport cité par le quotidien, que les intercepteurs antimissiles, Patriot et THAAD, comptent parmi les armes dont les réserves sont déjà critiquement basses, consommées à la fois par les frappes iraniennes contre les forces américaines et par la défense d'Israël. Malgré les déclarations du président Trump sur une production continue, le journal rappelle que les munitions sont traditionnellement la variable d'ajustement des budgets du Pentagone, sacrifiées au profit des navires, chars et avions de combat, un choix qui prendra désormais des années à corriger.
Pour la presse mexicaine, ces trois évaluations concordantes, CBO, Hegseth, inspecteur général, installent un chiffre qui dépasse le débat budgétaire américain : il touche aux prix de l'énergie et à l'inflation dont dépend aussi l'économie mexicaine, intégrée aux flux commerciaux nord-américains.
ANGLE DOMINANT
Lima interroge la capacité des États-Unis à soutenir un second front de haute intensité, alors que les stocks de munitions s'amenuisent après la guerre contre l'Iran.
POINTS CLES
ANALYSE
Lima, 16 septembre 2026. La presse péruvienne reprend avec attention les évaluations officielles américaines sur le coût de la guerre contre l'Iran, y voyant un signal inquiétant sur les limites de la puissance militaire des États-Unis. RPP Noticias souligne que l'addition, établie conjointement par l'inspecteur général du Pentagone et le Congressional Budget Office, atteint 38 milliards de dollars jusqu'au 1er août, à quoi s'ajoutent des dégâts dans des centaines de structures militaires réparties dans huit pays du Moyen-Orient : Koweït, Bahreïn, Qatar, Émirats arabes unis, Arabie saoudite, Irak, Oman et Jordanie.
Le détail des pertes matérielles retient l'attention : quatre chasseurs F-15 détruits, trente drones MQ-9 Reaper anéantis, ainsi que des avaries sur un F-35, douze avions-citernes KC-135 et un avion d'attaque A-10. La destruction du principal centre logistique de la marine américaine à Manama, au Bahreïn, a contraint Washington à transférer ses opérations d'approvisionnement vers Diego Garcia, allongeant de deux à deux semaines et demie les délais de transit.
El Comercio insiste, lui, sur la contradiction entre les déclarations du président Donald Trump et les conclusions du rapport de l'inspecteur général. Trump avait qualifié en juin les informations sur un rationnement des missiles Patriot de « préoccupantes » et assuré que les stocks américains étaient « pratiquement illimités ». Le rapport, confirmé lundi selon le quotidien, conclut au contraire à une pénurie de munitions stratégiques et à des « goulets d'étranglement » dans les chaînes de reconstitution de l'armement avancé.
Cette tension nourrit une question que pose ouvertement El Comercio : que se passerait-il si les États-Unis devaient affronter simultanément un second conflit de haute intensité, notamment avec la Chine ? Le quotidien rappelle que l'opération, engagée le 28 février, coûtait déjà environ 33,4 milliards de dollars fin juin selon le Pentagone, une facture qui n'a cessé de grimper depuis.
Pour la presse péruvienne, l'enjeu dépasse la seule comptabilité budgétaire : c'est la capacité de Washington à projeter durablement sa puissance sur plusieurs théâtres qui est mise en doute, alors que l'industrie de défense américaine ne parvient pas à reconstituer certains stocks au rythme où ils ont été consommés.
ANGLE DOMINANT
Moscou dresse la facture d'une guerre déjà qualifiée de « guerre d'agression » par certains élus américains eux-mêmes, entre coût budgétaire abyssal et fracture politique à Washington.
POINTS CLES
ANALYSE
Moscou, mercredi 16 septembre 2026. Sputnik et TASS reprennent les chiffres du Congressional Budget Office (CBO), l'organe non partisan du Congrès américain : la guerre engagée par Washington contre l'Iran a coûté 38,1 milliards de dollars jusqu'au 1er août, avec une facture mensuelle supplémentaire de 2 à 3 milliards de dollars si les hostilités se poursuivent. Sputnik souligne que « le plus gros poste a été les munitions » : 21,7 milliards de dollars pour remplacer l'armement déjà tiré, dont 13,1 milliards en intercepteurs antimissiles employés contre les missiles balistiques et drones iraniens. Selon le CBO cité par Sputnik, les États-Unis ont épuisé « entre la moitié et les deux tiers » de leur stock d'intercepteurs depuis juin 2025, une reconstitution qui prendrait « au moins cinq ans ».
Un précédent décompte, celui du bureau du sous-secrétaire à la Guerre (Comptroller), chiffrait déjà à 33,4 milliards de dollars le coût de l'opération à la date du 29 juin, avec 22,3 milliards pour les munitions dépensées et 3,7 milliards de pertes matérielles, selon un rapport du Pentagone consulté par Sputnik. TASS rappelle que Washington et Israël ont ouvert les hostilités le 28 février, qu'un mémorandum de cessation des combats signé en juin -- incluant le front libanais -- a été rompu dans la nuit du 8 juillet, les États-Unis accusant Téhéran de violer les termes relatifs au détroit d'Ormuz, par lequel transitent environ 25 % du commerce mondial de pétrole et 20 % du gaz naturel liquéfié. L'agence relève que l'administration américaine a depuis privilégié la voie des sanctions à l'usage de la force.
La presse russe met aussi en avant la fracture ouverte à Washington : le républicain Thomas Massie a déposé une procédure de destitution contre le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, l'accusant d'avoir abusé de ses pouvoirs dans cette « guerre d'agression » contre l'Iran et dans d'autres opérations qu'il qualifie d'illégales, dont l'enlèvement de Nicolas Maduro. La résolution pourrait forcer un vote à la Chambre.
Sputnik note enfin que le contrecoup économique atteint directement les Américains : la hausse des prix du pétrole, de l'essence et du diesel nourrit l'inflation, tandis que les pertes de matériel côté iranien -- dont un radar THAAD à 500 millions de dollars, des avions et des drones -- portent à 1,9 milliard de dollars le coût des combats sur le terrain.
ANGLE DOMINANT
Londres dissèque la contradiction entre le rapport de l'inspecteur général du Pentagone, qui confirme des pénuries de munitions, et les démentis répétés de Donald Trump, sur fond de vote de destitution visant Pete Hegseth.
POINTS CLES
ANALYSE
Londres dissèque moins la facture chiffrée par le Congressional Budget Office que la contradiction publique entre le Pentagone et son propre locataire de la Maison Blanche. La presse britannique retient d'abord le rapport de l'inspecteur général du département de la Défense, qui chiffre à 33,4 milliards de dollars le coût de l'« Operation Epic Fury » entre le 28 février et le 30 juin, dont 22,3 milliards consacrés aux seules munitions. Le document, cité par la BBC, conclut à des pénuries stratégiques et à des goulets d'étranglement industriels pour le réapprovisionnement, dans un rapport qui « contredit le président Donald Trump, qui a répété que les États-Unis ne manquaient pas de munitions ».
Car c'est bien là que se noue, pour la presse britannique, le vrai sujet : Trump a qualifié ces mises en garde de « fake news » et assuré que les stocks américains étaient « virtuellement illimités », tandis que la Maison Blanche a répondu que le pays disposait de « plus qu'assez » de munitions. Le rapport de l'inspecteur général ne précise pourtant pas les quantités restantes, une zone d'ombre que les journaux relaient sans la combler, tout en rappelant qu'une estimation de juillet du Center for Strategic and International Studies évaluait à plus de la moitié la baisse des stocks de Patriot et de THAAD.
Le rapport détaille aussi les pertes matérielles infligées par les représailles iraniennes : quatre F-15E et jusqu'à 30 drones MQ-9 Reaper détruits, un F-35A endommagé - un premier pour cet appareil -, ainsi que sept avions-citernes KC-135 et sept hélicoptères touchés. Remplacer les quatre F-15E coûterait 124,4 millions de dollars ; le F-35A, 92 millions à lui seul.
Sur le plan intérieur, le Daily Mail relate l'offensive du républicain Thomas Massie, battu à sa primaire par un candidat soutenu par Trump, qui a forcé un vote de destitution contre le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, accusé de « crimes et délits graves » pour avoir poursuivi les opérations sans déclaration du Congrès. Le Pentagone a répliqué que Hegseth avait « renforcé l'arsenal » et « libéré l'innovation ».
Pour la presse britannique, le chiffre du CBO s'inscrit ainsi dans une bataille de crédibilité entre l'exécutif américain et ses propres organes de contrôle, plus que dans un simple débat budgétaire.
ANGLE DOMINANT
Washington mesure la guerre en dollars et en voix au Congrès : le rapport du CBO nourrit une bataille politique à sept semaines des midterms, entre accusations démocrates et résolution de destitution républicaine contre Hegseth.
POINTS CLES
ANALYSE
Washington, 16 septembre 2026. Le Congressional Budget Office (CBO), agence non partisane du Congrès, a publié mardi une facture qui nourrit un débat déjà houleux à Washington : la guerre contre l'Iran, ouverte le 28 février par Donald Trump, a coûté 38,1 milliards de dollars jusqu'au 1er août, soit environ 246 millions par jour, et pourrait coûter 2 à 3 milliards supplémentaires chaque mois si les opérations se prolongent. Plus de la moitié de la somme, 21,7 milliards de dollars, correspond au remplacement des missiles et munitions employés ; les heures de vol additionnelles pèsent pour 10,4 milliards et la hausse des prix du carburant pour 2,7 milliards. Le rapport, demandé par le représentant démocrate Brendan Boyle, chef de file de la minorité à la commission du Budget de la Chambre, chiffre aussi à deux tiers la part des intercepteurs antimissiles consommée depuis juin 2025, en partie pour défendre Israël contre les tirs iraniens. « Reconstituer les stocks d'intercepteurs prendrait probablement au moins cinq ans, même en augmentant la production », prévient le CBO.
Ces chiffres recoupent deux comptages antérieurs : les 37,5 milliards avancés en juillet par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth devant le Congrès, et les 33,4 milliards calculés par l'inspecteur général du Pentagone pour la période du 28 février au 30 juin, qui pointait déjà des pénuries de stocks stratégiques et des goulets d'étranglement industriels. Le même inspecteur a chiffré à 184 millions de dollars les dégâts subis par des installations diplomatiques américaines dans quatre pays du Golfe — Irak, Koweït, Arabie saoudite et Émirats — sous les frappes iraniennes.
La publication tombe alors que le Congrès s'affronte sur les pouvoirs de guerre : le représentant républicain Thomas Massie a déposé mardi une résolution de destitution contre Hegseth, l'accusant d'avoir poursuivi illégalement les opérations malgré les votes de la Chambre en juin et en juillet réclamant l'arrêt des hostilités ; un nouveau vote sur une résolution de pouvoirs de guerre était prévu le même jour. Les démocrates, qui font campagne à sept semaines des midterms du 3 novembre en pointant la dette fédérale — plus de 40 000 milliards de dollars — et le coût de la vie, brandissent la note de 38 milliards. L'administration souligne que ce montant reste inférieur aux premières projections, tout en concédant une inflation attendue en hausse de 0,5 point d'ici début 2027.
ANGLE DOMINANT
Caracas retient surtout le nom désormais accolé à cette facture : celui du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, visé par une procédure parlementaire qui relie la guerre en Iran à la capture du président Nicolás Maduro.
POINTS CLES
ANALYSE
Caracas, 16 septembre 2026. À Caracas, la facture chiffrée par le Congressional Budget Office (CBO) américain — 38,1 milliards de dollars jusqu'au 1er août, soit environ 246 millions par jour — retient moins l'attention pour son ampleur budgétaire que pour le nom qui y est désormais accolé : celui du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, déjà visé par une procédure parlementaire liant les opérations contre l'Iran à la « capture » du président vénézuélien Nicolás Maduro.
Le représentant républicain Thomas Massie a déposé des accusations contre Hegseth portant sur ses « actions en Iran » et sur l'opération visant Maduro, selon El Nacional. Cette initiative s'inscrit dans la continuité d'une résolution déposée en avril par des élus démocrates, comportant six articles de destitution centrés eux aussi sur les opérations en Iran et sur d'autres irrégularités attribuées au département de la Défense.
En parallèle, un rapport de l'inspecteur général du Pentagone, révélé par NBC News puis repris par d'autres médias, confirme une pénurie de munitions au sein des forces armées américaines — une réalité que le président Donald Trump et plusieurs responsables avaient pourtant niée de manière persistante, selon Últimas Noticias. Le document évalue à 33,4 milliards de dollars le coût de la guerre pour la période du 28 février au 30 juin et signale des lacunes d'inventaire stratégique ainsi que des goulets d'étranglement dans la base industrielle chargée de réapprovisionner les munitions les plus avancées.
Le rapport chiffre par ailleurs à 184 millions de dollars les pertes causées par les frappes de représailles iraniennes sur les installations diplomatiques américaines au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie, sans compter les dégâts subis par les bases militaires, non précisés. Des experts cités dans le même document estiment qu'il faudra environ trois ans aux industriels de la défense pour reconstituer les stocks de missiles avancés et d'intercepteurs au niveau antérieur au conflit.
Pour la presse vénézuélienne, ces chiffres — 38,1 milliards selon le CBO, deux tiers des intercepteurs consommés depuis juin 2025 — nourrissent moins un débat sur la stratégie régionale américaine que la bataille de contrôle parlementaire visant Hegseth, dans laquelle le dossier iranien et le dossier vénézuélien se retrouvent désormais associés devant le Congrès.
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