ANGLE DOMINANT
Londres dissèque la contradiction entre le rapport de l'inspecteur général du Pentagone, qui confirme des pénuries de munitions, et les démentis répétés de Donald Trump, sur fond de vote de destitution visant Pete Hegseth.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'inspecteur général du Pentagone chiffre à 33,4 milliards de dollars le coût de la guerre entre le 28 février et le 30 juin, dont 22,3 milliards pour les seules munitions, concluant à des pénuries stratégiques.
- 02
Donald Trump a qualifié ces avertissements de « fake news » et assuré que les stocks étaient « virtually unlimited », tandis que la Maison Blanche a affirmé disposer de « more than enough » munitions.
- 03
Le républicain Thomas Massie a forcé un vote de destitution contre Pete Hegseth, l'accusant de « high crimes and misdemeanors » pour avoir poursuivi les opérations sans déclaration du Congrès.
ANALYSE
Londres dissèque moins la facture chiffrée par le Congressional Budget Office que la contradiction publique entre le Pentagone et son propre locataire de la Maison Blanche. La presse britannique retient d'abord le rapport de l'inspecteur général du département de la Défense, qui chiffre à 33,4 milliards de dollars le coût de l'« Operation Epic Fury » entre le 28 février et le 30 juin, dont 22,3 milliards consacrés aux seules munitions. Le document, cité par la BBC, conclut à des pénuries stratégiques et à des goulets d'étranglement industriels pour le réapprovisionnement, dans un rapport qui « contredit le président Donald Trump, qui a répété que les États-Unis ne manquaient pas de munitions ».
Car c'est bien là que se noue, pour la presse britannique, le vrai sujet : Trump a qualifié ces mises en garde de « fake news » et assuré que les stocks américains étaient « virtuellement illimités », tandis que la Maison Blanche a répondu que le pays disposait de « plus qu'assez » de munitions. Le rapport de l'inspecteur général ne précise pourtant pas les quantités restantes, une zone d'ombre que les journaux relaient sans la combler, tout en rappelant qu'une estimation de juillet du Center for Strategic and International Studies évaluait à plus de la moitié la baisse des stocks de Patriot et de THAAD.
Le rapport détaille aussi les pertes matérielles infligées par les représailles iraniennes : quatre F-15E et jusqu'à 30 drones MQ-9 Reaper détruits, un F-35A endommagé - un premier pour cet appareil -, ainsi que sept avions-citernes KC-135 et sept hélicoptères touchés. Remplacer les quatre F-15E coûterait 124,4 millions de dollars ; le F-35A, 92 millions à lui seul.
Sur le plan intérieur, le Daily Mail relate l'offensive du républicain Thomas Massie, battu à sa primaire par un candidat soutenu par Trump, qui a forcé un vote de destitution contre le secrétaire à la Guerre Pete Hegseth, accusé de « crimes et délits graves » pour avoir poursuivi les opérations sans déclaration du Congrès. Le Pentagone a répliqué que Hegseth avait « renforcé l'arsenal » et « libéré l'innovation ».
Pour la presse britannique, le chiffre du CBO s'inscrit ainsi dans une bataille de crédibilité entre l'exécutif américain et ses propres organes de contrôle, plus que dans un simple débat budgétaire.
