ANGLE DOMINANT
Riyad salue un accord "historique" sur le désarmement de Gaza, mais pose des conditions strictes : retrait total des forces israéliennes, déploiement d'une force internationale de stabilisation et retour de l'Autorité palestinienne, avant tout jugement sur sa mise en œuvre réelle.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministère saoudien des Affaires étrangères réaffirme son engagement à la résolution 2803 de l'ONU et exige le retrait complet des forces israéliennes de Gaza ainsi que le déploiement d'une force internationale de stabilisation.
- 02
Ghazi Hamad (Hamas) déclare qu'Israël doit approuver le texte de l'accord avant que le mouvement n'engage la première phase du désarmement.
- 03
Des sources gouvernementales israéliennes citées par la presse jugent « dénué de sens » l'engagement du Hamas sur les armes lourdes et excluent un retrait avant le désarmement des armes légères détenues par environ 30 000 combattants.
ANALYSE
Riyad, 1er août 2026. Le royaume saoudien salue « l'accord historique » annoncé par Donald Trump sur le désarmement de la bande de Gaza, tout en réclamant sa mise en œuvre intégrale. Dans un communiqué diffusé vendredi, le ministère saoudien des Affaires étrangères loue le « leadership » et « l'engagement constant » du président américain, qu'il crédite de cette « réalisation historique ». Riyad remercie également l'Égypte, le Qatar, la Turquie, les États-Unis et le Conseil pour la paix pour leurs efforts. Le royaume réaffirme son plein engagement envers le plan de paix global entériné par la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l'ONU, insistant sur l'exécution de « toutes les phases convenues, selon un calendrier défini, de manière crédible, définitive et irréversible ». Condition centrale posée par Riyad : le retrait complet des forces israéliennes de Gaza, le déploiement d'une force internationale de stabilisation et l'acheminement ininterrompu de l'aide humanitaire et de la reconstruction. Le royaume souligne aussi que le retour de l'Autorité palestinienne à Gaza et la préservation de l'unité des territoires palestiniens occupés sont « essentiels » à la réussite du plan, qui doit marquer le point de départ d'un processus politique menant à l'autodétermination et à un État palestinien indépendant.
Sur le terrain, l'accord reste fragile. Le responsable du Hamas Ghazi Hamad a déclaré à Reuters qu'Israël doit d'abord approuver le texte négocié sous l'égide du Conseil de paix avant que le mouvement ne l'applique : une fois le texte validé par les deux parties, Israël devrait engager la première phase. Le Conseil de paix affirme que le Hamas a accepté une feuille de route détaillée et qu'un « comité national pour l'administration de Gaza » entamera bientôt une transition graduelle. Sur Truth Social, Trump a promis qu'« à mesure que le désarmement sera achevé, les forces israéliennes se retireront » et qu'une force de stabilisation internationale travaillera avec une nouvelle police palestinienne.
Côté israélien, le silence officiel masque mal les réticences : selon des sources gouvernementales citées dans la presse hébraïque, Israël juge « dénué de sens » l'engagement du Hamas à céder ses armes lourdes, estimant que le vrai problème réside dans les armes légères détenues par environ 30 000 combattants, et exclut tout retrait de la « ligne jaune » avant un désarmement effectif.
SOURCES (2)
- Asharq Al-Awsat ENMOYEN
