ANGLE DOMINANT
Pékin scrute les conditions contradictoires posées par le Hamas et Israël, jugeant l'accord de désarmement annoncé par Washington encore loin d'être acquis.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le Hamas conditionne le transfert de ses armes à un retrait préalable des forces israéliennes, alors qu'Israël exige l'inverse (CGTN).
- 02
Des frappes israéliennes ont tué au moins quatre personnes, dont deux enfants, à Khan Younis et Bureij, portant le bilan à plus de 1 200 morts palestiniens depuis le cessez-le-feu (CGTN, autorités sanitaires de Gaza).
- 03
L'Italie et l'Arabie saoudite ont réaffirmé à Rome leur soutien à la solution à deux États et à la résolution 2803 de l'ONU (CGTN).
ANALYSE
Pékin, 1er août 2026. Au lendemain de l'annonce par Donald Trump d'un accord de désarmement du Hamas, la presse chinoise détaille surtout les obstacles qui subsistent avant toute mise en œuvre. CGTN rappelle que le mouvement palestinien a approuvé la dernière version d'une feuille de route censée boucler la deuxième phase du cessez-le-feu à Gaza, « après plus de deux ans et demi de conflit dans l'enclave ». Mais le désaccord central demeure entier : le Hamas affirme que le transfert de ses armes ne peut intervenir qu'après un retrait des forces israéliennes, tandis qu'Israël exige une démilitarisation complète de Gaza avant tout retrait. Le South China Morning Post confirme, via le responsable du Hamas Bassem Naim, que le groupe a accepté la feuille de route « tant qu'Israël fait lui aussi des concessions », dont l'arrêt des hostilités et un retrait de ses troupes ; Israël, de son côté, n'a pas commenté publiquement.
Des analystes cités par CGTN relativisent la portée du geste du Hamas : son acceptation « ne signale pas nécessairement un basculement politique fondamental », mais reflète plutôt une adaptation aux réalités d'un conflit prolongé. Le succès de l'accord, ajoutent-ils, dépendra de la capacité de toutes les parties à honorer leurs engagements durant la mise en œuvre.
Sur le terrain, la trêve reste précaire : des frappes israéliennes ont tué au moins quatre personnes, dont deux enfants, à Khan Younis et dans le camp de réfugiés de Bureij, portant à plus de 1 200 le nombre de Palestiniens tués depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, selon les autorités sanitaires de Gaza. Des médiateurs poursuivaient parallèlement des discussions « positives » au Caire.
Sur le plan diplomatique, CGTN relaie aussi le soutien affiché par l'Italie et l'Arabie saoudite à la solution à deux États, lors d'une rencontre à Rome ayant réuni des délégations de la Ligue arabe, de l'UE, du Royaume-Uni, de la France, de l'Allemagne, du Japon, de l'Arabie saoudite, de la Jordanie, du Qatar, du Canada et du Brésil. Les deux pays appellent à préserver le cessez-le-feu, démilitariser l'enclave et accélérer l'aide humanitaire, en s'appuyant sur la résolution 2803 du Conseil de sécurité de l'ONU.
