ANGLE DOMINANT
Canberra mesure l'écart entre l'annonce triomphale de Trump et les conditions posées par le Hamas, un accord dont la presse australienne souligne la fragilité.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Hamas conditionne la remise de ses « armes lourdes » à un engagement préalable d'Israël de cesser ses frappes sur Gaza.
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Un responsable israélien exclut tout retrait de la Ligne jaune tant que le Hamas n'aura pas procédé à un désarmement réel.
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Depuis le cessez-le-feu d'octobre 2025, plus de 1 200 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes à Gaza, selon les autorités sanitaires locales.
ANALYSE
Canberra mesure l'écart entre l'annonce triomphale de Donald Trump et la prudence affichée à Gaza comme à Jérusalem. Au lendemain de la présentation, jeudi (heure américaine), d'un accord censé conduire au « désarmement complet » du Hamas, le président américain l'a qualifié de « grande percée » et de « pas important pour le Moyen-Orient ». Son « Board of Peace » a publié vendredi un plan en 15 points, mais la presse australienne, du Sydney Morning Herald à PerthNow, souligne que ni le Hamas ni Israël n'ont clairement endossé le texte.
Le Hamas a posé ses conditions dès sa première réaction : le « premier pas » doit être l'engagement d'Israël à cesser ses frappes sur Gaza, la remise des « armes lourdes » étant liée à une liste d'autres exigences. Un responsable du mouvement impliqué dans les négociations a indiqué à Reuters que la mise en œuvre dépendrait d'abord du respect par Israël de l'accord conclu en 2025 à Charm el-Cheikh, qui prévoyait la fin des opérations militaires et un retrait progressif des forces israéliennes. Ghazi Hamad, autre négociateur du Hamas, a évité le mot « désarmement », préférant parler d'un « cadre global », « difficile et douloureux » : les armes ne seraient remises qu'au nouveau Comité national pour l'administration de Gaza, une fois Israël revenu aux positions d'octobre et l'aide humanitaire renforcée.
Côté israélien, un responsable a opposé une fin de non-recevoir à tout geste préalable : « il n'y aura aucun retrait de Tsahal de la Ligne jaune actuelle tant que le Hamas n'aura pas procédé à un véritable désarmement. » Trump, qui a rencontré Benjamin Netanyahu mardi à Washington, assure disposer d'une « entente » avec Israël tout en reconnaissant que la situation est « très complexe » et connaîtra des « hauts et des bas ».
Sur le terrain, la confiance reste basse. Depuis l'annonce du cessez-le-feu d'octobre 2025, les autorités sanitaires de Gaza recensent plus de 1 200 morts sous les frappes israéliennes, dont de nombreux civils et enfants, rapporte ABC News Australia. Rabih Al-Balawi, 57 ans, déplacé 23 fois durant la guerre, résume le scepticisme ambiant : « Nous accueillons favorablement tout accord sincère et réellement appliqué. » Netanyahu, qui affronte des élections en octobre, pourrait avoir intérêt à temporiser.
