ANGLE DOMINANT
Séoul pèse un déploiement à Ormuz sans franchir le pas, tiraillée entre la pression américaine et l'opposition affichée de Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministre Cho Hyun a eu un sixième entretien téléphonique avec Araghchi vendredi 11 septembre, à la demande de Téhéran, sans qu'aucune décision de déploiement n'ait été prise.
- 02
Séoul réaffirme que la libre et sûre circulation de tous les navires doit être garantie, tout en demandant à l'Iran de veiller à la sécurité des ressortissants coréens.
- 03
L'Iran a annoncé une réunion lundi à Oman avec les Etats du Golfe et l'Irak sur la gestion du détroit, alors que le Brent a dépassé les 100 dollars cette semaine.
ANALYSE
Séoul, 12 septembre 2026. Vendredi 11 septembre 2026, le ministre sud-coréen des Affaires étrangères Cho Hyun a de nouveau échangé au téléphone avec son homologue iranien Seyyed Abbas Araghchi — un sixième entretien depuis le début du conflit américano-iranien fin février, cette fois à la demande de Téhéran. Selon le ministère, Cho a redit qu'aucune décision n'a été prise sur un éventuel déploiement de moyens militaires sud-coréens dans le détroit d'Ormuz, alors que Washington presse Séoul de contribuer à la sécurisation de la voie maritime. La Corée du Sud maintient sa position constante : la libre et sûre circulation de tous les navires doit être garantie, a insisté le chef de la diplomatie, tout en demandant à Téhéran de veiller à la sécurité des ressortissants coréens dans la région. L'Iran, de son côté, s'oppose fermement à toute implication militaire étrangère dans le détroit.
Cette prudence sud-coréenne intervient alors que Téhéran annonce la tenue, lundi, d'une réunion à Oman avec les Etats du Golfe — l'Irak compris — pour discuter de la gestion du détroit d'Ormuz, que la République islamique a bloqué pendant la guerre. Le ministère iranien des Affaires étrangères présente cette rencontre comme destinée à promouvoir une meilleure compréhension entre les pays de la région et à renforcer la sécurité partagée. Le calendrier n'est pas neutre : le baril de Brent a dépassé les 100 dollars cette semaine, une flambée directement liée au blocage d'un détroit par lequel transitait auparavant un cinquième de l'offre pétrolière mondiale.
Pour Séoul, l'enjeu dépasse la diplomatie de circonstance. Une équipe sud-coréenne d'évaluation s'est déjà rendue aux Emirats arabes unis pour étudier les options de déploiement, signe que la décision, bien que non prise, est activement pesée. Le gouvernement doit arbitrer entre la pression de son allié américain, l'opposition affichée de Téhéran — avec qui il maintient pourtant un dialogue direct et récurrent — et l'exposition de ses propres ressortissants et intérêts commerciaux dans le Golfe. La sixième conversation Cho-Araghchi en sept mois illustre cette ligne d'équilibre : garder le canal diplomatique ouvert tout en conservant l'option militaire en réserve, sans en préciser ni le calendrier ni la forme.
SOURCES (2)
- Korea TimesMOYEN
- Yonhap News AgencyMOYEN
