ANGLE DOMINANT
Téhéran tranche : le détroit d'Ormuz demeure sous « plein contrôle » iranien, quelles que soient les discussions annoncées avec les États du Golfe à Oman.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Esmaeil Baghaei a déclaré vendredi que « l'insécurité dans le détroit d'Ormuz est le résultat des actions américaines ».
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Un accord de réouverture de 60 jours, médié par le Pakistan en juin, avait permis un transit jugé plus sûr avant que Téhéran ne referme le détroit, accusant Washington d'avoir violé l'accord 23 jours plus tard.
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Le général Sharif, conseiller du commandement des Gardiens de la révolution, a qualifié le blocage du détroit d'« arme stratégique et dissuasive » aux mains de la République islamique.
ANALYSE
Téhéran, 12 septembre 2026. À l'approche de pourparlers annoncés avec les États du Golfe à Oman sur la navigation dans le détroit d'Ormuz, le ministère iranien des Affaires étrangères pose d'emblée le rapport de force : la voie d'eau reste, selon lui, sous plein contrôle iranien. Vendredi, le porte-parole Esmaeil Baghaei a affirmé lors d'un entretien télévisé que « l'insécurité dans le détroit d'Ormuz est le résultat des actions américaines », ajoutant que si la communauté internationale s'inquiète de la hausse des prix du carburant, elle devrait « réprimander les États-Unis ». Selon Mehr News, Téhéran avait fermé le détroit après le déclenchement, le 28 février, d'une agression américano-israélienne jugée « non provoquée ». Un accord de réouverture de 60 jours, négocié avec la médiation du Pakistan en juin, avait ensuite rendu le passage « quelque peu plus sûr », avant que Téhéran ne referme la voie, accusant Washington d'avoir violé ses engagements vingt-trois jours plus tard, sans justification selon Baghaei. Le contexte régional aggrave encore la donne : selon Iran International, la progression houthie vers Moka, sur la mer Rouge, et de nouveaux tirs de missiles et drones contre l'Arabie saoudite élargissent géographiquement un conflit qui pèse déjà sur les ressources militaires américaines et la sécurité énergétique mondiale. La République islamique conditionne toute réouverture durable à la levée complète du blocus naval et économique américain, à une cessation durable des hostilités — y compris au Liban — et à une clarification de la situation du blocus au Yémen. Sur le registre militaire, le général Sharif, conseiller du commandement des Gardiens de la révolution, a rappelé que le blocage du détroit, initié par le regretté commandant Tangsiri, constitue une « arme stratégique et dissuasive » aux mains de la République islamique. Une vidéo diffusée par Mehr News montre par ailleurs la destruction, la semaine passée, d'un navire de surface américain sans pilote dans le détroit. Cette lecture souverainiste, martelée à la veille des pourparlers d'Oman, place Téhéran en position de fixer ses propres conditions : les discussions avec les monarchies du Golfe n'y sont pas présentées comme une négociation sur le principe du contrôle du détroit, mais comme un cadre où la République islamique impose ses termes avant toute normalisation.
