ANGLE DOMINANT
Islamabad chiffre d'abord la crise du détroit d'Ormuz par le prix du baril, plus que par la diplomatie qui se noue à Oman.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le Brent a dépassé la barre des 100 dollars le baril cette semaine, selon Business Recorder
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L'Iran rencontrera les États du Golfe, dont l'Irak, à Oman lundi pour discuter de la gestion du détroit d'Ormuz
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Les Gardiens de la révolution ont annoncé une nouvelle « zone interdite » débordant du détroit vers le golfe d'Oman et la mer d'Arabie, avec sanctions incluant un refus d'assurance
ANALYSE
Islamabad, 12 septembre 2026. Pour la presse pakistanaise, l'annonce de Téhéran d'un round de discussions avec les États du Golfe à Oman, lundi prochain, se lit d'abord à travers le prisme du prix du baril. Business Recorder rappelle que le Brent a dépassé la barre des 100 dollars cette semaine, une flambée directement imputée au blocus du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant un cinquième de l'offre mondiale de pétrole. Pour une économie pakistanaise structurellement importatrice d'énergie, chaque dollar supplémentaire sur le baril alourdit la facture des importations et pèse sur une trajectoire budgétaire déjà fragile.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que la réunion à Oman vise à « promouvoir une meilleure compréhension entre les pays de la région » et à « renforcer la sécurité régionale partagée », précisant que l'Irak et d'autres États riverains du Golfe persique y participeront. Oman et l'Iran négocient depuis plusieurs semaines les modalités de gestion du détroit, fermé à la libre circulation depuis le déclenchement de la guerre le 28 février, lorsque des frappes américano-israéliennes ont tué le Guide suprême iranien.
ARY News détaille en parallèle l'annonce des Gardiens de la révolution : une nouvelle « zone interdite » débordant du détroit vers le golfe d'Oman et la mer d'Arabie, où tout navire non coordonné s'exposerait à des sanctions, y compris un refus de services d'assurance. Dix bâtiments ayant tenté de forcer le passage sans autorisation ont été frappés mardi, selon Téhéran, tandis que Washington revendique avoir organisé le passage d'une trentaine de navires par nuit, tout en maintenant un contre-blocus des ports iraniens.
La presse pakistanaise ne prend pas parti entre Téhéran et Washington : elle consigne les chiffres — prix du baril, nombre de navires escortés ou frappés, dates de blocus — comme autant d'indicateurs d'une crise qui, pour un pays voisin dépendant des approvisionnements énergétiques du Golfe, se traduit avant tout par le coût de l'énergie importée et par l'incertitude persistante sur le retour à une navigation libre à Ormuz.
