ANGLE DOMINANT
Singapour pèse les conséquences pour son propre trafic pétrolier et gazier d'une réunion à Oman qui vise moins à rouvrir le détroit d'Ormuz qu'à codifier le contrôle iranien sur son passage.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé une réunion lundi 14 septembre à Oman avec les États du Golfe, Irak inclus, pour discuter de la gestion du détroit d'Ormuz.
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Téhéran exige désormais une autorisation préalable des navires empruntant le détroit et envisage un mécanisme de redevances de service, alors que le passage était libre avant la guerre.
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Le baril de Brent a dépassé 100 dollars cette semaine, un niveau plus revu depuis juillet, après que l'Iran a revendiqué des frappes contre plus d'une dizaine de navires et les États-Unis la destruction de cinq pétroliers iraniens le 9 septembre.
ANALYSE
Singapour, 12 septembre 2026. Plaque tournante du fret pétrolier et gazier entre le Golfe et l'Asie, la cité-État scrute l'annonce de Téhéran : le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué qu'une réunion se tiendrait lundi 14 septembre à Oman avec les États du Golfe, Irak compris, « pour renforcer la compréhension entre les pays de la région et consolider la sécurité régionale partagée », selon le communiqué diffusé vendredi. Oman et l'Iran, tous deux riverains du détroit d'Ormuz, discutent depuis plusieurs semaines de la gestion future de ce passage par lequel transitait, avant la guerre, un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole.
Pour Singapour, dont l'économie dépend directement du fret énergétique transitant par cette route, l'enjeu dépasse la diplomatie régionale. Le passage était libre avant le conflit ; Téhéran exige désormais une autorisation préalable des navires et envisage un mécanisme de redevances de service. Les bâtiments non conformes sont régulièrement pris pour cible par les forces iraniennes, tandis que Washington bombarde périodiquement le littoral iranien pour contester ce contrôle.
La rencontre intervient après la semaine la plus violente du conflit en mer : l'Iran affirme avoir attaqué plus d'une dizaine de navires, dont des bâtiments américains et des pétroliers, le 9 septembre, et avoir étendu sa zone d'exclusion au golfe d'Oman et à la mer d'Arabie. Les États-Unis disent avoir détruit cinq pétroliers iraniens en représailles. Conséquence immédiate pour les économies importatrices comme Singapour : le baril de Brent a franchi les 100 dollars cette semaine, un niveau plus vu depuis juillet, tandis que le prix du diesel aux États-Unis a atteint un record.
La guerre dure depuis fin février, après des frappes américano-israéliennes ayant tué le guide suprême iranien. Six mois plus tard, le blocus continue de faire grimper les prix de l'énergie sur lesquels repose une part de l'activité de raffinage et de négoce de Singapour. La rencontre d'Oman est lue localement moins comme une promesse de paix que comme une tentative de codifier, plutôt que de lever, le contrôle iranien sur une artère dont dépend une part disproportionnée du commerce asiatique.
SOURCES (1)
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