ANGLE DOMINANT
Doha retient de la réunion prévue lundi à Mascate la confirmation que le dossier du détroit d'Ormuz se règle désormais entre voisins du Golfe, sans passer par les puissances extérieures.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé une réunion lundi à Mascate avec l'Irak et les États du Golfe pour discuter du détroit d'Ormuz.
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Le porte-parole Esmail Baghaei a déclaré que la rencontre vise à 'promote better understanding among the countries of the region and help strengthen shared regional security'.
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Les prix du pétrole ont dépassé les 100 dollars le baril cette semaine, alors que le détroit reste bloqué par Téhéran depuis le début de la guerre fin février.
ANALYSE
Doha, samedi 12 septembre 2026. La diplomatie du détroit d'Ormuz reprend un tour régional. Le ministère iranien des Affaires étrangères a annoncé qu'une réunion se tiendra lundi à Mascate, sous l'égide d'Oman, réunissant l'Iran, l'Irak et les États riverains du Golfe pour discuter de la sécurité de la navigation dans le détroit stratégique. Pour la presse qatarie, cette rencontre confirme un basculement perceptible depuis plusieurs semaines : les capitales du Golfe reprennent en main un dossier longtemps arbitré depuis l'extérieur.
Le porte-parole du ministère iranien, Esmail Baghaei, a précisé que la réunion vise à « promouvoir une meilleure compréhension entre les pays de la région et contribuer à renforcer la sécurité régionale partagée ». Une formule reprise telle quelle par Al Jazeera et par Gulf Times, qui rappellent qu'Iran et Oman négocient depuis des semaines la gestion future du détroit, par lequel transite un cinquième de l'approvisionnement mondial en pétrole.
Gulf Times, quotidien de référence à Doha, précise que ce passage stratégique reste bloqué par Téhéran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, fin février, et que les prix du pétrole ont dépassé les 100 dollars le baril cette semaine. Pour l'économie qatarie, exportatrice de gaz naturel liquéfié dont les routes traversent le même Golfe, la normalisation de la navigation à Ormuz n'est pas un enjeu abstrait : elle touche directement au fret régional.
La correspondante d'Al Jazeera à Téhéran relève que l'Iran donne à ces discussions un spectre politique plus large en y associant d'autres pays de la région, après des mois où Téhéran répétait que les questions régionales devaient être réglées par les acteurs régionaux. Doha retient surtout ce glissement : un dossier sécuritaire devenu un test de la capacité du Golfe à s'organiser sans arbitrage extérieur.
Le climat reste tendu : les Gardiens de la révolution ont revendiqué la capture d'un drone-voilier américain près de l'entrée du détroit, sans réaction de Washington à ce stade. La réunion de Mascate n'y met donc pas fin ; elle ouvre une séquence où Doha veut apparaître comme partie prenante discrète mais concernée par tout arrangement régional sur Ormuz.
