ANGLE DOMINANT
Paris mesure l'équilibre précaire entre la fermeture du détroit d'Ormuz et la survie de l'accord nucléaire irano-américain, signé trois jours à peine avant la crise.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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55 navires marchands, dont des pétroliers transportant plus de 17 millions de barils de brut, ont franchi le détroit d'Ormuz samedi sous escorte américaine malgré la fermeture annoncée par l'Iran.
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Le porte-parole iranien Esmaïl Baghaï a déclaré que le protocole d'accord irano-américain signé mercredi serait « en danger » si ses dispositions n'étaient pas appliquées rapidement.
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Des discussions techniques entre États-Unis et Iran sont prévues dimanche à Bürgenstock (Suisse), en présence de médiateurs pakistanais et qataris, selon le ministère pakistanais des Affaires étrangères.
ANALYSE
Paris, 21 juin 2026. L'Iran a annoncé samedi la fermeture du détroit d'Ormuz — deuxième épisode de blocage en quelques semaines — en représailles aux frappes israéliennes qui ont fait au moins 24 morts dans le sud du Liban, malgré l'entrée en vigueur d'un nouveau cessez-le-feu annoncé la veille. Le commandement central de l'armée iranienne a qualifié la mesure de « première réponse à la violation des engagements par l'ennemi », menaçant « d'autres mesures » si nécessaire pour contraindre l'ennemi à respecter le protocole d'accord.
Ce coup de force survient seulement trois jours après la signature du protocole irano-américain, qui faisait de la réouverture du détroit l'une de ses conditions centrales. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a prévenu sans ambiguïté que le texte serait « en danger » si ses dispositions n'étaient pas appliquées sans délai : « L'autre partie doit prendre les mesures nécessaires dès que possible, ou alors le protocole d'accord tout entier sera en danger », a-t-il déclaré, cité par l'agence officielle Irna.
Concrètement, la fermeture n'a pas stoppé le trafic samedi. Le Centcom américain a confirmé que 55 navires marchands, dont des pétroliers transportant plus de 17 millions de barils de brut, avaient franchi le détroit sous escorte des navires de guerre américains. Les Gardiens de la révolution avaient pourtant exhorté les navires marchands à ne pas tenter de le franchir « pour leur propre sécurité ». L'Iran maintient donc une pression symbolique et diplomatique sans pour autant bloquer physiquement les flux à ce stade.
Donald Trump a répondu depuis Truth Social par une formule à double tranchant : il a affirmé qu'aucun péage ne serait imposé durant les 60 jours de cessez-le-feu en cours, tout en laissant entendre qu'il pourrait en instaurer un si les négociations échouaient, « pour les services rendus comme ange gardien des pays du Moyen-Orient et à des fins de remboursement des coûts passés, présents et futurs ».
Malgré les tensions, les deux parties maintiennent la voie diplomatique ouverte. Des discussions « au niveau technique » entre Washington et Téhéran, en présence de médiateurs pakistanais et qataris, ont été annoncées pour dimanche à Bürgenstock, en Suisse. L'émissaire américain Steve Witkoff était en route pour la Suisse, de même que le chef de la diplomatie iranienne. La cessation complète des hostilités au Liban reste la condition préalable à l'ouverture des 60 jours de négociations sur le dossier nucléaire proprement dit.
Sur le terrain libanais, Israël et le Hezbollah se renvoient mutuellement la responsabilité des violations de la trêve.
SOURCES (5)
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
- L'ExpressMOYEN
- BFMTVMOYEN
