ANGLE DOMINANT
Manille mesure avec anxiété les répercussions du bras de fer autour du détroit d'Ormuz sur les routes d'approvisionnement énergétique mondiales, dont dépend une économie insulaire importatrice nette de pétrole.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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55 navires marchands ont transité le détroit d'Ormuz le samedi 20 juin avec plus de 17 millions de barils, selon le commandement central américain, malgré la déclaration de fermeture de l'IRGC.
- 02
Les pourparlers américano-iraniens prévus en Suisse ont été reportés sine die après l'annulation du déplacement du vice-président Vance, selon le ministère suisse des Affaires étrangères cité par l'AFP.
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Le prix du Brent a chuté sous 78 dollars le baril le 18 juin, après la signature du mémorandum d'entente Trump-Pezeshkian et le premier passage de trois supertankers saoudiens transportant 6 millions de barils.
ANALYSE
Manille, 21 juin 2026. Pour un archipel dont l'économie repose sur des importations massives d'hydrocarbures et dont des millions de travailleurs sont déployés au Moyen-Orient, la crise autour du détroit d'Ormuz ne relève pas de l'abstraction géopolitique. Chaque baril bloqué, chaque tanker détourné se traduit directement en factures énergétiques plus lourdes pour les foyers philippins et en incertitudes sur les envois de fonds des OFW (Overseas Filipino Workers) basés dans les pays du Golfe.
La séquence des événements, telle que couverte par Rappler et GMA News, dessine un tableau contrasté. Le 17 juin, les présidents Trump et Pezeshkian signaient un mémorandum d'entente prévoyant l'ouverture immédiate du détroit et le lancement d'une période de négociation de 60 jours. Dès le 18 juin, trois supertankers saoudiens transportant 6 millions de barils de brut franchissaient le détroit, et le prix du Brent chutait de 2 % supplémentaires pour tomber sous les 78 dollars le baril — une bouffée d'oxygène pour les économies importatrices.
Mais la trêve fragile a aussitôt montré ses limites. Le 20 juin, les Gardiens de la révolution iraniens (IRGC) déclaraient le détroit « fermé », invoquant la poursuite de frappes israéliennes au Liban qu'ils qualifiaient de « crimes » violant les engagements américains. Le commandement central américain a contesté cette déclaration, affirmant que 55 navires marchands avaient transité le samedi, transportant plus de 17 millions de barils destinés aux marchés mondiaux. Washington s'est engagé à garantir la continuité du trafic commercial.
Dans ce contexte, le report des pourparlers prévus en Suisse a accentué l'inquiétude régionale. Le ministère suisse des Affaires étrangères a confirmé à l'AFP que les négociations entre États-Unis, Iran, Qatar et Pakistan avaient été « reportées », sans nouvelle date fixée. Le départ du vice-président JD Vance pour Berne avait été annulé la veille, la Maison-Blanche reconnaissant que « la logistique de ces négociations n'a jamais été simple ou prévisible ».
L'accord initial prévoyait par ailleurs le gel du programme nucléaire iranien comme sujet central des 60 jours de pourparlers. L'ayatollah Mojtaba Khamenei avait dit approuver l'accord « malgré des réserves » — une formulation que les analystes philippins interprètent comme un signe de la fragilité du consensus interne à Téhéran. Trump, de son côté, avait évoqué la possibilité d'un péage américain sur le passage du détroit « pour services rendus » si les pourparlers échouaient, avant de préciser qu'aucun péage ne serait appliqué pendant le cessez-le-feu.
SOURCES (3)
- Inquirer FullfeedMOYEN
- GMA NewsMOYEN
