ANGLE DOMINANT
Séoul scrute le détroit d'Ormuz, où vingt-quatre de ses navires restent bloqués
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Vingt-quatre navires sud-coréens restent bloqués dans le détroit d'Ormuz
- 02
Trump revendique 100 millions de barils et 200 navires sécurisés via « Project Freedom »
- 03
Le président Lee juge que la guerre rend Pyongyang moins enclin à abandonner le nucléaire
ANALYSE
Séoul observe la guerre par le hublot de ses pétroliers. Plus de deux douzaines de navires sud-coréens ont été piégés dans le détroit d'Ormuz depuis le début de la guerre américano-israélienne contre l'Iran, et chaque passage devient une nouvelle scrutée minute par minute. Un méthanier opéré par une compagnie coréenne vient de franchir le détroit — deuxième cas du genre — ramenant à 24 le nombre de bâtiments encore bloqués, tandis que le VLCC Universal Winner de HMM est arrivé près d'Ulsan avec deux millions de barils de brut koweïtien. La Bourse de Séoul, elle, a replongé de plus de 4 % sur fond de tensions et de vente massive sur la tech, le won reculant dans la foulée. La couverture coréenne relaie sans filtre l'argumentaire de Trump, qui se félicite que « plus de 100 millions de barils de pétrole et 200 navires commerciaux » aient transité par Ormuz grâce à la mission américaine baptisée « Project Freedom ». Mais Séoul tire surtout une leçon stratégique de l'épisode iranien : le président Lee Jae Myung confie à The Economist que la guerre rend la Corée du Nord « encore moins susceptible » de renoncer à l'arme nucléaire, tout en réaffirmant que Séoul, lui, ne cherche pas la bombe — un raisonnement résumé sans détour par les chaînes coréennes, qui martèlent qu'aux yeux de Pyongyang, l'Iran prouve qu'un État sans arme nucléaire reste à la merci des frappes américaines. Pour la Corée du Sud, exportatrice et dépendante des hydrocarbures du Golfe, l'enjeu n'est pas idéologique : c'est la sécurité de ses approvisionnements, de ses marins et, en filigrane, de tout son équilibre de dissuasion régional.
