ANGLE DOMINANT
Moscou qualifie la résolution de l'AIEA de « farce » et juge les frappes civiles « catégoriquement inadmissibles »
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Russie, Chine et Niger votent contre la résolution de l'AIEA, qualifiée de « farce » par Oulianov
- 02
Zakharova juge les frappes contre les infrastructures civiles « catégoriquement inadmissibles »
- 03
Moscou présente le conflit comme une « agression américano-israélienne non provoquée »
ANALYSE
Moscou se pose en avocat de Téhéran sur deux fronts simultanés. Au plan diplomatique, à Vienne, la Russie, la Chine et le Niger ont voté contre la résolution de l'AIEA exigeant que l'Iran coopère et donne accès à ses sites nucléaires — un texte adopté tout de même par 21 voix. Le représentant russe Mikhaïl Oulianov a dénoncé un document qui n'est qu'« une farce », accusant Washington de « rejeter la responsabilité des problèmes causés par l'agresseur sur la victime de cette agression ». Au plan militaire, la porte-parole de la diplomatie Maria Zakharova s'est dite « extrêmement préoccupée par le nouveau cycle de conflit armé américano-iranien, déclenché par l'agression américano-israélienne non provoquée », et a qualifié les frappes contre des infrastructures civiles de « catégoriquement inadmissibles ». Les analystes pro-Kremlin filent un autre récit : l'« atout maîtresse » de l'Iran face à ses ennemis serait « le soutien populaire » à son régime, et Washington « a le pouvoir d'arrêter Israël » mais s'en garde. Sur les chaînes d'État, le ton est plus tranchant : RT reprend en titre la formule de Trump, « le tyran du Moyen-Orient est mort », pour en faire la démonstration d'une Amérique qui parle fort mais s'enlise. Les commentateurs russes insistent sur la résilience iranienne, soulignant que Téhéran a « prouvé sa solidité malgré des semaines de frappes lourdes » et que l'Occident sous-estime sa capacité d'encaissement. Pour Moscou, chaque jour de guerre dans le Golfe éloigne les projecteurs de l'Ukraine, fragilise le marché pétrolier au bénéfice de ses propres barils, et conforte sa thèse d'un Occident qui agit hors du droit international en frappant des civils.
