ANGLE DOMINANT
Téhéran dénonce le bombardement de ses réservoirs d'eau comme un « terrorisme flagrant »
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Deux réservoirs détruits privent plus de 20 000 habitants d'eau par 50°C
- 02
Le directeur des eaux d'Hormozgan parle de « terrorisme flagrant » visant la santé des civils
- 03
Le commandement Khatam al-Anbiya menace d'attaques « plus vastes et écrasantes »
ANALYSE
Téhéran place au centre de tout ce que Washington tait : l'eau. Deux réservoirs de béton de 500 et 2 000 mètres cubes, qui alimentaient la ville de Kuhestak et dix villages du district de Bemani, dans la province d'Hormozgan, ont été « complètement détruits » par les missiles américains avant l'aube. Plus de 20 000 habitants se retrouvent sans eau potable alors que le thermomètre oscille entre 45 et 50 degrés et que la région ne dispose pas de nappes phréatiques suffisantes pour compenser. Abdolhamid Hamzehpour, directeur de la compagnie des eaux d'Hormozgan, parle d'une attaque « précisément » dirigée contre « l'infrastructure liée à la vie quotidienne et à la santé des gens », qu'il qualifie de « terrorisme flagrant ». Sur le plan militaire, le commandement Khatam al-Anbiya affirme avoir riposté de concert — armée et Gardiens de la révolution — contre des bases américaines dans la région, et menace : « Si l'armée américaine terroriste répète son agression, des attaques plus vastes et écrasantes seront menées contre la banque de cibles prédéterminée. » Le chef de la diplomatie Abbas Araghchi martèle que « l'Iran se réserve le droit de répondre à l'agression américaine », et le pays prévient l'AIEA contre toute tentative de « blanchir » une agression militaire en se muant en « outil politique » de Washington. Le cadrage est constant : l'Iran est la victime d'une « agression américano-israélienne injustifiée », son droit à la légitime défense est sacré, et c'est l'adversaire qui a fait voler en éclats la trêve d'avril. En arrière-plan, la presse iranienne admet aussi, par la marge, le prix payé par la population : avec la flambée des prix, « les régimes alimentaires iraniens se réduisent à un niveau de survie ».
