ANGLE DOMINANT
New Delhi mesure la guerre à l'aune de ses marins bloqués et de ses prix qui flambent
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le coût d'expédition d'un conteneur Asie-États-Unis a doublé depuis le début de la guerre
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Trois Indiens disparus après une frappe sur un navire au large d'Oman : New Delhi convoque l'ambassadeur américain
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Quatre marins indiens bloqués six mois près de Bandar Abbas, sans vivres suffisants
ANALYSE
New Delhi regarde le Golfe avec l'œil de la puissance commerciale prise en otage par une guerre qui n'est pas la sienne. La couverture indienne est dominée par les conséquences matérielles : le coût d'expédition d'un conteneur d'Asie vers les États-Unis a doublé depuis le début de la guerre, porté par l'envolée des carburants et la peur d'une crise énergétique — « si vous voulez savoir à quel point prendre la menace au sérieux, regardez le fret maritime plutôt que le marché du pétrole », résume l'analyste Peter Sand. Les marchés indiens, eux, font preuve d'un sang-froid remarqué : le Sensex a même bondi de 500 points malgré l'escalade, signe d'une économie qui se croit relativement à l'abri. Au plan humain, l'angle est celui des Indiens piégés : quatre jeunes hommes de l'Andhra Pradesh sont bloqués depuis six mois à bord du MV Pascal près de Bandar Abbas, sans salaire ni vivres suffisants, filmant leur détresse. Trois autres ressortissants sont portés disparus après une frappe sur un navire commercial au large d'Oman, poussant New Delhi à convoquer l'ambassadeur américain. L'Inde rapporte aussi, sans s'y attarder, les faits bruts : frappes américaines, riposte iranienne par drones sur la Ve Flotte à Bahreïn, et nouvelles sanctions de Washington visant onze entités, dont des sociétés chinoises et hongkongaises accusées d'aider l'armement iranien. Une fierté nationale émerge même : c'est un drone-bateau co-fondé par un Indo-Américain qui a secouru les pilotes de l'Apache abattu. Le ton reste celui d'un pays qui veut du pétrole et la sécurité de ses marins, pas un camp.
