
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
Les perspectives des quinze pays rendent compte du troisième anniversaire du 7 octobre 2023 et de ses commémorations, entre cérémonies, deuil des victimes et témoignages de survivants.
Chaque corpus replace la date dans un contexte plus large que la cérémonie elle-même : campagne électorale israélienne, antisémitisme, trêve à Gaza ou rapports bilatéraux.
À la question de savoir si l'anniversaire doit se lire à travers la responsabilité du Premier ministre avant le scrutin, les presses allemande, française, israélienne, italienne, néerlandaise et suédoise répondent oui ; les presses américaine, australienne et britannique s'en tiennent au deuil et aux commémorations.
Couvertures qui divergent
À la question de la place du bilan de Gaza dans la couverture de la date, Doha News et Al Jazeera le mettent au premier plan (plus de 74 000 morts, 82 % des bâtiments détruits ou endommagés), La Libre le rappelle dans une tribune, tandis que DW le résume en une phrase et que NBC ne le mentionne pas.
Couvertures qui divergent
À la question de l'enquête sur les responsabilités, les presses suédoise, belge et israélienne en font un enjeu central (sondages, vote d'une enquête à nomination politique en juillet), alors que les corpus américain, australien et brésilien n'en font pas état dans les articles retenus.
Ce regroupement décrit les publications analysées, pas la position des habitants de ces pays ni celle de leurs gouvernements.
Aperçu : 3 lectures sur 15 perspectives médiatiques. Synthèses des médias analysés — pas des citations directes. Méthode et limites
Canberra mesure le 7-Octobre à l'aune des survivants et de la communauté juive australienne, entre deuil, gratitude des ex-otages et inquiétude face à l'antisémitisme.
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Bruxelles décrypte ce troisième anniversaire comme un deuil national que la campagne électorale israélienne empêche de clore : l'échec sécuritaire, l'absence de commission d'enquête et la guerre à Gaza restent sans solde.
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Brasília retient du 7-Octobre un traumatisme israélien durable, où la mémoire des victimes, dont un Brésilien, et la politique se mêlent trois ans après l'attaque.
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ANGLE DOMINANT
Canberra mesure le 7-Octobre à l'aune des survivants et de la communauté juive australienne, entre deuil, gratitude des ex-otages et inquiétude face à l'antisémitisme.
POINTS CLES
ANALYSE
Sydney, 7 octobre 2026. En Australie, le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas se lit d'abord comme un deuil et comme un miroir de la communauté juive locale. SBS News consacre un long récit à d'anciens otages israéliens. Emily Damari, 30 ans, enlevée blessée dans le kibboutz de Kfar Aza et libérée en janvier 2025, dit que « la liberté a complètement changé » sa façon de voir la vie. Elle explique : « Aujourd'hui, j'ouvre le frigo et je dis merci. » SBS rappelle le bilan de l'attaque, 1 200 morts et 251 otages, et précise que la plupart ont été libérés lors de cessez-le-feu contre des prisonniers palestiniens, tandis que des dizaines n'ont pas survécu. Le média relève aussi que, malgré la hausse de l'antisémitisme, des figures juives australiennes affirment continuer à « vivre fièrement et ouvertement ».
À Sydney, l'ABC décrit une veillée « sombre » à Bondi. Des centaines de personnes, certaines drapées de drapeaux israéliens, ont observé une minute de silence à 6 h 29, l'heure de l'assaut en 2023. Alex Ryvchin, co-directeur de l'Australian Jewry, parle d'un service « réfléchi » pour une communauté qui a « traversé beaucoup d'épreuves ». Michael Gencher, de StandWithUs Australia, place la date « dans l'ombre » du massacre du 14 décembre à Bondi Beach. Il juge que la haine envers Israël et les Juifs est devenue « plus visible, plus acceptée et plus dangereuse ».
Sur le plan politique, PerthNow rapporte les déclarations d'Anthony Albanese et du chef de l'opposition Angus Taylor. Le Premier ministre promet de « ne jamais oublier ce que les terroristes ont perpétré », mentionne l'Australienne Galit Carbone parmi les victimes et affirme que « l'Australie se tient aux côtés de la communauté juive ». Il ajoute que le Hamas « doit désarmer et ne jouer aucun rôle dans l'avenir de la Palestine ». Angus Taylor, alors que des marches propalestiniennes sont prévues à Sydney, critique ceux qui présentent Israël en « méchant » et le Hamas en victime.
Le Guardian Australia glisse l'événement dans son Morning Mail : ses reporters ont parlé à des Israéliens rescapés des kibboutz, des villes frontalières, des bases et du festival de musique. La date voisine dans la même édition avec des sujets purement domestiques : immigration, climat, tombes anonymes.
Dans ce corpus, ni les législatives israéliennes du 27 octobre, ni le refus de commission d'enquête par Benyamin Netanyahu, ni le bilan de la guerre à Gaza n'apparaissent. Le regard reste centré sur les victimes israéliennes et sur la sécurité des Juifs d'Australie.
ANGLE DOMINANT
Bruxelles décrypte ce troisième anniversaire comme un deuil national que la campagne électorale israélienne empêche de clore : l'échec sécuritaire, l'absence de commission d'enquête et la guerre à Gaza restent sans solde.
POINTS CLES
ANALYSE
Bruxelles, 7 octobre 2026. La presse belge aborde le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas par le recueillement. La Libre Belgique et la DH, s'appuyant sur l'AFP, rapportent qu'une minute de silence a été observée à 06h29, heure du début de l'assaut, sur le site du festival Nova, où l'attaque avait fait plus de 300 morts, puis au kibboutz Kfar Aza, où 64 habitants avaient été tués et 18 enlevés. La DH retient le bilan de 1.221 morts selon un décompte de l'AFP, 251 personnes enlevées dont 44 déjà mortes, et note que ces commémorations sont les premières depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza. Les cérémonies officielles, précise-t-elle, se sont tenues lundi, à une date fixée par le gouvernement israélien.
Le journal flamand VRT NWS place le trauma au centre : « Er is trauma, een diep en niet te onderschatten trauma », écrit-il, et il évoque la colère de ne toujours pas disposer d'une commission d'enquête. Il donne la parole à Emily Hand, 11 ans, otage à 8 ans pendant 50 jours, et à Yaakov Godo, père de Tom, tué le 7 octobre. Les Israéliens, dit-il, regardent désormais autrement leurs dirigeants et les élections de fin de mois.
La Libre Belgique pousse la lecture vers la responsabilité. Son article du 7 octobre rappelle que le chef d'état-major Eyal Zamir, dimanche 4 octobre, a parlé de « l'ampleur du désastre » et de la nécessité de ne pas rester enlisé dans les enquêtes militaires. Le quotidien énumère les démissions en série, d'Aharon Haliva, chef d'Aman, en avril 2024, jusqu'à Herzi Halevi, Yossi Sariel, Yaron Finkelman et Oded Basiuk, et lit l'échec sécuritaire à travers la méfiance entre Benyamin Netanyahou et l'armée, qui sert aussi de bouc émissaire au gouvernement.
ANGLE DOMINANT
Brasília retient du 7-Octobre un traumatisme israélien durable, où la mémoire des victimes, dont un Brésilien, et la politique se mêlent trois ans après l'attaque.
POINTS CLES
ANALYSE
Brasília, 7 octobre 2026. La presse brésilienne, à travers la Folha de S.Paulo et son agrégateur UOL, marque les trois ans du 7-Octobre par un long récit de mémoire et de traumatisme, davantage que par un compte rendu de cérémonies ou de campagne électorale.
Le texte principal, intitulé « Après 3 ans, le 7 octobre mobilise mémoire, politique et peurs des juifs en Israël », rappelle l'ampleur de l'attaque. Des milliers d'hommes armés du Hamas et d'autres factions palestiniennes ont franchi la frontière de Gaza et frappé des lieux situés jusqu'à 22 km de celle-ci. Le groupe, que la Folha qualifie de « terroriste », a tiré environ 5 000 roquettes. Son chef militaire, Mohammad Deif, a appelé les Palestiniens du monde entier à combattre : « C'est le jour de la plus grande bataille pour mettre fin à la dernière occupation sur Terre ».
Le bilan retenu est de 1 200 morts, civils et membres des forces de sécurité, Israéliens et étrangers, surpris chez eux dans les kibboutz, sur les routes ou au festival de musique électronique Nova, près du kibboutz de Re'im, où 351 personnes ont été tuées. Le journal souligne qu'un Brésilien, Ranani Glazer, figure parmi les victimes. Il cite aussi des rapports, dont celui des Nations unies de juin 2024 et celui d'une commission israélienne, qui décrivent des tortures, des profanations de cadavres et des violences sexuelles contre des femmes, ainsi que le sort des 251 otages emmenés à Gaza.
ANGLE DOMINANT
Berlin tranche sur le terrain électoral : trois ans après le 7-Octobre, la presse allemande interroge la survie politique de Netanyahu et la question de ce qu'il savait avant l'attaque.
POINTS CLES
ANALYSE
Berlin, 7 octobre 2026. Pour la presse allemande, le troisième anniversaire du 7-Octobre est d'abord une question politique : pourquoi Benyamin Netanyahou est-il encore là ? Le podcast d'actualité de la ZEIT, publié mercredi, rappelle que des terroristes islamistes venus de Gaza ont tué environ 1 200 personnes et enlevé de nombreux otages, « le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah ». Il note qu'une trêve tient à Gaza depuis près d'un an, bien que des attaques s'y poursuivent, et que, « bien qu'il ait été averti », le Premier ministre reste en poste et se représente au scrutin à venir. La rédactrice de politique étrangère Lea Frehse y explique par quel récit il y parvient et quelle place l'attaque occupe dans la campagne.
La FAZ s'intéresse à la même fracture. Sous le titre « Que savait Netanyahou avant le 7 octobre ? », elle rappelle qu'il aurait été prévenu à plusieurs reprises avant l'attaque, et se demande si cela aide l'opposition. Elle raconte la cérémonie officielle de lundi 5 octobre à Jérusalem : pendant le discours du Premier ministre, Yaakov Godo s'est levé et a crié : « Tu n'as pas protégé mon fils le 7 octobre », puis a parlé de « honte ». Le quotidien y voit la preuve que le 7-Octobre reste en Israël « une plaie ouverte », surtout pour les proches des victimes.
Deutsche Welle choisit l'angle du traumatisme. Son reportage du 5 octobre, intitulé « la santé mentale d'Israël en état d'urgence », suit Ronen Shalev, dont les deux enfants étaient au festival Nova, où près de 400 des plus de 1 200 morts ont été tués. Sa fille a survécu ; son fils, blessé par balle, a vu sa compagne mourir ; son épouse s'est ensuite donné la mort. « On commence à trembler », dit-il, car « ce n'est pas un jour, puis on passe à autre chose ». Le titre de l'article avance qu'un Israélien sur trois serait traumatisé.
ANGLE DOMINANT
Copenhague situe la commémoration du 7-Octobre à trois semaines des législatives israéliennes, où l'attaque devrait peser lourd, tout en notant l'alerte sécuritaire du jour.
POINTS CLES
ANALYSE
Copenhague, 7 octobre 2026. Pour Politiken, Israël commémore mercredi 7 octobre le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas de 2023, « knap tre uger før » des élections législatives où le plus meurtrier des assauts de l'histoire du pays « ventes at spille en central rolle ». Le quotidien souligne que c'est la première date anniversaire marquée depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, l'an dernier, dans un Gaza dévasté.
Le journal rappelle le bilan : plus de 1 200 personnes tuées, quand des militants du Hamas et d'autres groupes sont entrés depuis Gaza pour attaquer des kibboutz, des bases militaires et un festival de musique. Ils ont emmené 251 otages à Gaza ; 85 d'entre eux ne sont pas rentrés vivants. Les cérémonies sont décrites avec précision : à 06 h 29 heure locale, heure du début de l'attaque, un recueillement s'ouvre au kibboutz Kfar Aza, où 64 habitants ont été tués et 18 pris en otage. Un autre a lieu sur le site du festival Nova, où 370 personnes sont mortes, et les familles se retrouvent le soir dans un parc de Tel-Aviv.
Politiken insiste sur le cadre sécuritaire : les rassemblements se tiennent sous des mesures renforcées. Le ministre de la Défense Israel Katz a annoncé mardi 6 octobre que l'armée passait en état d'alerte élevé, après des renseignements indiquant que le Hamas tenterait mercredi des attaques contre des soldats israéliens à Gaza.
ANGLE DOMINANT
Paris scrute le 7-Octobre à travers la campagne israélienne : la responsabilité de Netanyahou, entre avertissements ignorés et refus d'enquête, devient l'enjeu des législatives du 27 octobre.
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, 7 octobre 2026. Trois ans après l'attaque du Hamas, la presse française relie la commémoration israélienne au scrutin du 27 octobre. France 24 juge que ces législatives « font figure de plébiscite - ou de référendum de défiance » sur la gestion par Benyamin Netanyahou de la catastrophe sécuritaire. Selon un décompte de l'AFP, 1 221 personnes ont été tuées le 7 octobre 2023 et 251 enlevées, dont 44 déjà mortes. L'offensive israélienne à Gaza a fait plus de 74 200 morts selon le ministère de la Santé du territoire, que l'ONU juge fiable, rappelle Le Monde.
Mercredi, une minute de silence a été observée à 6 h 29 sur le site du festival Nova et au kibboutz Kfar Aza, où 64 habitants ont été tués et 18 enlevés. Les cérémonies se tiennent en état d'alerte accrue, une semaine après une tentative d'attentat présumée à bord d'un vol flydubai vers Tel-Aviv, selon Sud Ouest. Des frappes israéliennes ont fait au moins deux morts à Gaza, rapporte France 24 EN.
Le fil dominant est la responsabilité du Premier ministre. Lundi 5 octobre, en pleine cérémonie officielle, un père endeuillé lui a lancé : « Tu n'as pas su protéger mon fils le 7-Octobre. Honte à toi ! » RFI et France 24 reviennent sur l'enquête de Haaretz publiée le 8 septembre : le président émirati aurait averti Netanyahou une dizaine de jours avant l'attaque. Sud Ouest ajoute que, selon Haaretz, il n'a pas relayé l'alerte aux services de sécurité, ce qu'il a catégoriquement démenti. France 24 note pourtant que son socle électoral tient bon.
ANGLE DOMINANT
Jérusalem tranche le 7-Octobre sur le terrain électoral : la commémoration se confond avec la question de la responsabilité de Netanyahou et de la commission d'enquête, à vingt jours des législatives.
POINTS CLES
ANALYSE
Jérusalem, 7 octobre 2026. Trois ans après l'attaque du Hamas, qui a tué quelque 1 200 personnes et conduit 251 otages à Gaza selon le Jerusalem Post, la presse israélienne commémore une journée que la campagne rend indissociable du jugement porté sur le gouvernement. Les législatives sont fixées au 27 octobre, dans vingt jours.
Le Jerusalem Post souligne que le deuil national reste difficile à partager : la journée officielle de commémoration est tombée le lundi 5 octobre, tandis que les cérémonies civiles, dont celle de Ganei Yehoshua, ont lieu le mercredi 7. Le quotidien y voit un désaccord sur « qui devrait conduire le deuil » et sur la place d'un gouvernement qui a présidé à la catastrophe.
Les sondages placent la responsabilité au centre du débat. Selon N12, 65 % des sondés estiment que Benyamin Netanyahou porte « une grande responsabilité » personnelle et 66 % soutiennent une commission d'enquête d'État (93 % des électeurs de l'opposition, 37 % de ceux de la coalition). L'Israel Democracy Institute relève que 62 % des Israéliens jugent le 7-Octobre central dans leur choix de vote ; son président Yohanan Plesner juge la commission « essentielle ». L'ancien otage Gadi Moses, 82 ans, accuse le Premier ministre de s'y opposer à cause de ses conséquences politiques. Haaretz écrit que les responsables qui ont écarté les avertissements sont toujours en poste et que le gouvernement retarde une enquête indépendante ; des familles de victimes et d'otages ont manifesté mercredi pour la réclamer.
ANGLE DOMINANT
Rome retient du 7-Octobre un échec de sécurité devenu enjeu électoral : l'anniversaire pèse sur la candidature de Netanyahu, tandis que la date nourrit aussi les débats communautaires et politiques italiens.
POINTS CLES
ANALYSE
Rome, 7 octobre 2026. Pour la presse italienne, le troisième anniversaire du 7-Octobre se lit d'abord à travers les urnes israéliennes. L'ANSA écrit qu'Israël se prépare à « une semaine de commémorations, événements, protestations et cortèges », et que « l'échec de l'appareil de sécurité et du gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu continue de torturer les Israéliens ». Le vote du 27 octobre sera, selon l'agence, le premier depuis l'attaque du Hamas et l'offensive qui a fait « des dizaines de milliers de morts palestiniens » à Gaza ; deuil et frustration y joueront leur rôle.
L'agence insiste sur la responsabilité personnelle du Premier ministre : candidat de nouveau malgré l'âge, un cancer et 19 ans de mandats cumulés, il serait le seul à ne pas avoir reconnu sa part de responsabilité, à la différence de l'ancien chef de Tsahal Herzi Halevi et de l'ancien directeur du Shin Bet Ronen Bar. L'ANSA évoque aussi des accusations anciennes et nouvelles, lancées par des médias israéliens hostiles à « Bibi » et par des titres internationaux, qui lui reprochent d'avoir été averti. Elle humanise la journée par la petite draisienne d'Ariel Bibas, exposée à « The Space Left Behind » : lui, son frère Kfir et leur mère Shiri ne sont jamais revenus de captivité.
ANGLE DOMINANT
Amsterdam décrypte un Israël désuni : trois ans après le 7-Octobre, la presse néerlandaise lie la mémoire des victimes au scrutin qui jugera Netanyahu.
POINTS CLES
ANALYSE
Amsterdam, 7 octobre 2026. Pour la presse néerlandaise, le troisième anniversaire du 7-Octobre se lit d'abord à travers l'Israël de l'intérieur, divisé à l'approche des élections. NRC, dans un reportage publié le 6 octobre, constate que « direct na de aanslag » de 2023 le pays était uni, mais que « daar is inmiddels weinig van over ». Les Israéliens sont désormais fortement partagés, à la fois sur l'avenir du pays et sur la mémoire des victimes.
Le journal s'attarde sur le site du festival Nova, près de la bande de Gaza, devenu lieu de mémoire après la mort de centaines de fêtards lors de l'attaque menée depuis Gaza sous la direction du Hamas. Pour Simhat Torah, des centaines de jeunes femmes et d'adolescentes y dansent la nuit, séparées des hommes par une clôture. À l'écart, Iris Shapira, avocate de 54 ans, brandit des pancartes de protestation. « Dit is een plek van rouw en pijn voor de families », dit-elle : selon elle, les participants « ne devraient pas danser sur leur sang ».
Le 7 octobre, un podcast de NRC avec le rédacteur Derk Walters pose la question centrale du scrutin : comment l'attaque a-t-elle pu se produire avec Benjamin Netanyahu comme Premier ministre, « de man die veiligheid voor Israëliërs garandeerde » ? Le titre l'énonce sans détour : le 7-Octobre détermine l'avenir politique de Netanyahu. Le texte du reportage fait aussi état de l'espoir d'une partie des Israéliens que les élections apportent un changement.
ANGLE DOMINANT
Lisbonne retient d'abord une société israélienne « divisée comme avant » : le troisième anniversaire du 7-Octobre est lu comme un prélude aux législatives du 27 octobre, avec un volet européen de mémoire et de lutte contre l'antisémitisme.
POINTS CLES
ANALYSE
Lisbonne, 7 octobre 2026. Pour la presse portugaise, le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas est d'abord un moment de politique intérieure israélienne. SAPO Notícias titre : « Três anos após o 7 de Outubro e em vésperas das eleições, Israel está dividido como antes ». Le site rappelle que des militants du Hamas sont entrés en Israël depuis la bande de Gaza, ont tué 1 200 personnes et fait 251 otages.
SAPO note que c'est le premier anniversaire où les Israéliens n'attendent plus le retour des otages. Ils peuvent parler du traumatisme au passé, mais aussi commencer à penser à l'avenir, à quelques jours des législatives du 27 octobre. Selon l'article, 68 % des juifs israéliens jugent l'événement central pour leur vote. Familles et survivants préparent protestations et hommages, en rappelant que beaucoup de questions restent sans réponse. À Tel-Aviv, la Place des Otages éteint son horloge, symbole de la fin de la captivité.
Le direct d'Observador rapporte, d'après le Times of Israel, que les cérémonies débutent à 6h29 locales, heure du début de l'attaque. L'une se tient au kibboutz Re'im, où se déroulait le festival de musique Nova : le Hamas y a tué 378 personnes et pris 44 otages. Le même direct mêle ce rendez-vous à d'autres fronts : deux morts dans des frappes russes sur Kiev, tirs houthis près de l'aéroport d'Aden.
ANGLE DOMINANT
Doha décrypte l'anniversaire du 7-Octobre à travers Gaza : un cessez-le-feu d'octobre 2025 qui n'a pas arrêté les frappes, 74 000 morts et un territoire en ruines.
POINTS CLES
ANALYSE
Doha, 7 octobre 2026. Au troisième anniversaire de l'attaque du 7 octobre 2023, la presse qatarie traite l'événement sur deux registres très inégaux. Al Jazeera diffuse un court reportage vidéo : des Israéliens se sont rassemblés devant des mémoriaux au moment précis où l'attaque menée par le Hamas contre les communautés frontalières a commencé. La chaîne rappelle que « près de 1 200 personnes » ont été tuées en plusieurs lieux et que 250 personnes ont été emmenées comme captives à Gaza. Le ton est sobre, sans commentaire sur la campagne électorale israélienne.
L'essentiel du regard se porte ailleurs. Doha News publie une analyse intitulée « Trois ans après le 7 octobre, l'expansionnisme israélien se poursuit sans relâche ». Le texte part d'un constat : lors de la signature du cessez-le-feu en octobre 2025, Israël contrôlait environ 53 % de Gaza, et il aurait mis à profit la trêve pour étendre son emprise. Le média relève que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé cette semaine à un cessez-le-feu permanent, alors qu'une trêve existe déjà depuis près d'un an.
Les chiffres avancés dessinent le bilan humain. Depuis la trêve, plus de 1 400 Palestiniens ont été tués, soit environ quatre par jour ; le total dépasse 74 000. Selon le Bureau central palestinien de statistiques cité par Doha News, 82 % des bâtiments de Gaza ont été détruits ou endommagés, dont 134 422 totalement détruits. Des images de Google Maps diffusées fin septembre montrent, écrit l'auteur, un territoire qui ressemble à un chantier de démolition.
ANGLE DOMINANT
Stockholm décrypte le 7-Octobre comme un traumatisme national devenu enjeu électoral : la presse suédoise met au premier plan la commission d'enquête refusée par Netanyahu et le scrutin du 27 octobre.
POINTS CLES
ANALYSE
Stockholm, 7 octobre 2026. Pour le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas, la presse suédoise articule deux registres : le deuil d'un pays traumatisé et la bataille politique qui s'ouvre à trois semaines des élections du 27 octobre.
Expressen décrit des cérémonies organisées dans tout Israël « à la mémoire des victimes de l'attaque terroriste massive du Hamas ». Le quotidien donne la parole à Ron Segev, 41 ans, rescapé du festival Nova : « Je pensais que nous allions mourir, mais, par miracle, les assaillants ne nous ont pas vus. » Il dit n'être sorti que depuis un an de la dépression, des crises de panique et des troubles du sommeil. Dans Svenska Dagbladet, l'écrivaine Lizzie Scheja, de l'association Judisk Kultur i Sverige, raconte comment la haine apparue après le 7 octobre a « submergé » la communauté juive suédoise, et évoque la Foire du livre de Göteborg, une semaine avant l'attaque.
Le cœur de la couverture tient dans une dépêche reprise par Expressen, Aftonbladet et SvD, « Trois ans après le 7 octobre : les Israéliens attendent des réponses ». Plus de la moitié des Israéliens sondés veulent une commission d'État indépendante ; en juillet, le Parlement a adopté une loi instituant une enquête à nomination politique. Netanyahu a refusé la commission indépendante, et le groupe de proches The October Council juge cette loi faite « pour enterrer la vérité ». Anders Persson, spécialiste du Moyen-Orient à l'université Linné, estime que le Premier ministre « craint probablement les conclusions » ; Isabell Schierenbeck, professeure à l'université de Göteborg, évoque 60 à 80 % de la population favorable à une enquête indépendante et une « énorme colère », y compris chez les habitants du nord évacués.
ANGLE DOMINANT
Londres retient le visage humain du 7-Octobre : à travers un kibbutz dévasté et une diaspora réunie à l'aube, la presse britannique raconte trois ans de deuil et de reconstruction difficile.
POINTS CLES
ANALYSE
Londres, 7 octobre 2026. Pour le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas, la presse britannique privilégie le récit des survivants et des communautés plutôt que le calendrier électoral israélien.
La BBC se rend au kibbutz Nir Oz, à environ 1,6 km de la frontière avec Gaza, qui comptait 400 habitants. Dans la salle à manger désertée, « des oiseaux nichent désormais » parmi les dalles du plafond. Les boîtes aux lettres portent des autocollants posés après l'attaque : rouge pour les morts, noir pour les otages. « Un sur quatre d'entre nous : assassiné ou enlevé », résume Dalit Ram Aharon, « y compris des enfants et des bébés ». Avec son mari Achi et leurs trois enfants, elle a survécu en restant près de douze heures dans son abri. La maison calcinée de la famille Siman Tov demeure en l'état : Tamar et Yonatan ont été abattus à travers la porte de leur abri antiaérien, conçu contre les roquettes et non contre les tirs d'armes légères. Leurs trois enfants, des jumelles de cinq ans et un garçon de deux ans, figurent sur la photographie qui y est exposée. Le reportage pose la question que se posent les habitants : comment reconstruire.
Le Guardian déplace le regard vers l'Australie. Le 7 octobre, des centaines de personnes se sont rassemblées à Bondi Pavilion, à Sydney, à 6 h 29, l'heure du début de l'attaque. L'ambassadeur d'Israël, Hillel Newman, y a déclaré que « le traumatisme de ce jour restera avec nous pour l'éternité » et que les trois années écoulées avaient révélé « une haine profonde » envers Israël et les juifs. Il a reconnu des relations « tendues » avec Canberra et dit vouloir « peut-être même réinitialiser la relation » pour revenir à une « amitié traditionnelle ». Le directeur de StandWithUs Australia, Michael Gencher, relie la date au massacre de Bondi Beach, qui a rendu la haine « plus visible et plus dangereuse ».
ANGLE DOMINANT
Washington retient le deuil avant la politique : la presse américaine ramène le troisième anniversaire du 7-Octobre à la douleur des otages et des familles, sans passer par la campagne israélienne.
POINTS CLES
ANALYSE
Washington, 7 octobre 2026. Aux États-Unis, le troisième anniversaire de l'attaque du 7 octobre 2023 est d'abord traité comme un récit de deuil, à travers deux publications : une tribune du magazine Time et un reportage vidéo de NBC News.
Le texte de Time, daté du 6 octobre, est signé de Rachel Goldberg-Polin, mère de Hersh Goldberg-Polin. Elle écrit : « I will always be the mother of Hersh Goldberg-Polin », et rappelle que son fils a été enlevé à un festival de musique, puis retenu 328 jours à Gaza. Selon son récit, ses ravisseurs l'ont exécuté avec cinq autres otages dans un tunnel sous Gaza. Son corps lui a été rendu dans un sac, avec des traces de torture et six blessures par balle. Elle décrit un temps arrêté : « I am stuck in time. I always will be. »
La tribune porte aussi sur la manière dont l'entourage réagit au deuil. Les proches, écrit-elle, veulent que sa famille aille « mieux » sur le plan émotionnel, psychologique, mental et spirituel. Elle rapproche cette situation de celle des familles des victimes du 11-Septembre, qui reçoivent elles aussi des consolations bien intentionnées un quart de siècle après. Elle se souvient du matin du 11 septembre 2001 à Berkeley, en Californie, où Hersh, âgé de 11 mois, babillait dans son lit. Le texte lui-même mêle ainsi la mémoire israélienne et la mémoire américaine.
ANGLE DOMINANT
Montevideo relativise la commémoration du 7-Octobre en la reliant à ses effets locaux et régionaux : antisémitisme ressenti en Uruguay d'un côté, menace de guerre en Cisjordanie de l'autre.
POINTS CLES
ANALYSE
Montevideo, 7 octobre 2026. En Uruguay, le troisième anniversaire de l'attaque du 7 octobre 2023 est raconté à travers deux articles, de La Diaria et d'El Observador, qui n'abordent ni les législatives israéliennes ni la commission d'enquête, mais les prolongements du 7-Octobre hors d'Israël et en Cisjordanie.
El Observador rend compte de l'acte organisé mardi 6 octobre par l'ambassade d'Israël à Montevideo, où l'on a rendu hommage aux victimes et projeté le documentaire #Nova, consacré à l'attaque contre le festival de musique. L'ambassadeur Eldad Hayet a affirmé que son pays et la communauté juive « continuent de faire face à des menaces ». Il a ajouté : « Les effets du 7 octobre ont fissuré non seulement la société israélienne, ils ont aussi atteint toutes les communautés juives du monde. Ici aussi, en Uruguay, la communauté juive a dû faire face à la hausse de l'antisémitisme, des menaces, du harcèlement et de la peur. » Le journal qualifie le Hamas de « groupe terroriste » dans sa présentation de l'événement.
L'autre axe du discours est celui de la représentation des faits. Selon Hayet, Israël affronte « le front de la désinformation », une bataille pour empêcher que « les victimes soient converties en bourreaux » et que les responsables soient présentés comme médecins, journalistes ou enseignants. Il a prévenu que le documentaire contenait un matériel « hautement sensible », montré pour éviter que « la réalité soit déformée ».
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articles
écart
À trois semaines des législatives, la couverture du troisième anniversaire du 7-Octobre suit quatre fils : la responsabilité politique et l'enquête réclamée, l'alerte sécuritaire du jour, les récits de survivants et le regard porté sur Gaza et sur les capitales étrangères.
Aucune commission d'enquête d'État n'est instituée : le gouvernement la refuse, et le scrutin du 27 octobre doit se tenir 20 jours après l'anniversaire.
La presse israélienne chiffre ce débat. Selon un sondage N12 rapporté par le Jerusalem Post, 65 % des sondés estiment que Benyamin Netanyahou porte « une grande responsabilité » et 66 % soutiennent une commission d'enquête d'État, soit 93 % des électeurs de l'opposition et 37 % de ceux de la coalition. L'Israel Democracy Institute relève que 62 % des Israéliens jugent le 7-Octobre central dans leur choix de vote. SAPO Notícias, au Portugal, cite pour sa part 68 % des juifs israéliens : ce n'est pas la même population ni le même sondage.
« L'échec de l'appareil de sécurité et du gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu continue de torturer les Israéliens »
La presse suédoise fait de l'enquête son sujet principal. Une dépêche reprise par Expressen, Aftonbladet et Svenska Dagbladet indique que le Parlement a adopté en juillet une loi instituant une enquête à nomination politique. Le groupe de proches The October Council juge ce texte fait « pour enterrer la vérité ». Anders Persson, de l'université Linné, estime que le Premier ministre « craint probablement les conclusions ».
La Libre Belgique rappelle la série de démissions, d'Aharon Haliva, chef d'Aman, en avril 2024, à Herzi Halevi, Yossi Sariel, Yaron Finkelman et Oded Basiuk. Elle cite aussi le chef d'état-major Eyal Zamir, qui a évoqué dimanche 4 octobre « l'ampleur du désastre ». L'ANSA écrit que Netanyahou serait le seul, à la différence de Herzi Halevi et de l'ancien directeur du Shin Bet Ronen Bar, à ne pas avoir reconnu sa part de responsabilité.
Selon Politiken, le ministre de la Défense Israel Katz a annoncé mardi 6 octobre que l'armée passait en alerte élevée, après des renseignements sur des attaques que le Hamas tenterait mercredi contre des soldats à Gaza. Sud Ouest et La Repubblica mentionnent aussi la tentative d'attentat présumée à bord d'un vol flydubai. La Repubblica ajoute des alertes venues de Cisjordanie et d'Iran.
Les lectures divergent sur la portée de cette alerte. Gadi Eisenkot y voit, cité par la presse israélienne, « un acte d'accusation contre le gouvernement du 7-Octobre ». Haaretz écrit que Netanyahou amplifie les menaces pour un gain politique. Le Jerusalem Post, lui, juge très improbable une invasion du même type dans l'année.
L'armée a publié son propre bilan : près de 100 000 cibles frappées depuis 2023, dont 65 000 à Gaza, d'après la presse israélienne. La Diaria, en Uruguay, rapporte de son côté que le ministre de la Défense a menacé mardi l'Autorité palestinienne d'une guerre en Cisjordanie.
La BBC s'est rendue au kibboutz Nir Oz, à environ 1,6 km de la frontière, qui comptait 400 habitants. Les boîtes aux lettres portent des autocollants rouges pour les morts et noirs pour les otages. La famille Siman Tov y figure : Tamar et Yonatan ont été abattus à travers la porte de leur abri.
« Un sur quatre d'entre nous : assassiné ou enlevé »
Expressen donne la parole à Ron Segev, rescapé de Nova, qui dit n'être sorti que depuis un an de la dépression et des crises de panique. NRC décrit le site du festival devenu lieu de mémoire : des jeunes femmes y dansent pour Simhat Torah, et Iris Shapira, avocate de 54 ans, proteste en disant qu'elles ne devraient pas danser « sur leur sang ».
Aux États-Unis, Time publie la tribune de Rachel Goldberg-Polin, mère de Hersh, retenu 328 jours à Gaza. Elle compare la manière dont l'entourage console les proches d'otages à celle dont on console les familles du 11-Septembre. En Australie, l'ABC décrit une veillée à Bondi, et SBS recueille le témoignage de l'ex-otage Emily Damari, libérée en janvier 2025.
Le traitement de Gaza varie d'un corpus à l'autre. Doha News lui consacre l'essentiel de son analyse : plus de 1 400 Palestiniens tués depuis la trêve d'octobre 2025, soit environ quatre par jour, et 82 % des bâtiments détruits ou endommagés selon le Bureau central palestinien de statistiques. DW le résume en une phrase, et le corpus américain ne le mentionne pas. Les décomptes de perspectives mesurent ici ce que les articles retenus ont choisi de traiter, pas l'opinion de leurs lecteurs.
En France, Le Monde rapporte que le préfet de police a interdit à Paris une manifestation d'Urgence Palestine, en invoquant une « menace terroriste élevée ». Le collectif parle de « censure politique » et saisit le tribunal administratif.
À Strasbourg, une exposition sur le 7-Octobre a donné lieu à une polémique. Libero relaie l'accusation de Pina Picierno, qui reproche à Rima Hassan d'avoir « profané » l'exposition en piétinant des drapeaux. RTP Notícias parle de drapeaux laissés au sol. Roberta Metsola y a évoqué le devoir envers la communauté juive d'Europe.
Extraits publiés le 8 septembre : Mohammed ben Zayed aurait averti Netanyahu dix jours avant ; son bureau dément et poursuit le journal.
Près de 400 des plus de 1 200 morts sont tombés au festival Nova, selon DW.
51 ressortissants français sont morts le 7 octobre 2023 ; Jean-Noël Barrot s'est rendu en Israël le 7 octobre 2026.
Une voix palestinienne s'exprime dans les colonnes d'opinion de La Libre. Izzeldin Abuelaish, docteur honoris causa de l'UCLouvain, condamne le meurtre de tout innocent, israélien comme palestinien, et demande : « Combien devront encore mourir avant que nous disions assez ? » Il souligne que plus de 74 000 morts ont été recensés à Gaza et que le 7 octobre « n'est pas survenu dans un vide historique », renvoyant à l'occupation et au blocus.
Les sources belges convergent ainsi sur un point : la date est vécue en Israël comme un moment de deuil, mais aussi comme un moment de comptes à rendre, à trois semaines d'un scrutin que la DH décrit comme marqué par la mémoire du 7 octobre 2023.
Un second article, publié le 6 octobre, traite des suites intimes du drame. Depuis le 7 octobre 2023, le prélèvement de sperme post mortem a été réalisé avec succès sur au moins 250 soldats et 21 civils en Israël, selon la Folha. Une mère, Sharon Eizenkot, raconte avoir signé le formulaire remis par des officiers après la mort de son fils Maor, 19 ans, tué à Gaza le 8 décembre 2023 : « Mon monde s'est brisé ». La pratique, autrefois réservée aux veuves, s'ouvre aux parents, et un débat éthique s'installe.
Les articles fournis ne détaillent ni le bilan palestinien à Gaza, ni la campagne des législatives du 27 octobre, ni la polémique sur la commission d'enquête : le prisme est celui du deuil israélien, vu à travers l'angle politique et social de la mémoire collective.
Gaza n'apparaît qu'en contrepoint : DW écrit que l'offensive israélienne a tué « des dizaines de milliers » de Palestiniens et qu'une large part de la population a été déplacée. Le corpus ne détaille ni les bilans, ni la position du gouvernement fédéral, ni l'enquête d'État refusée. La lecture reste centrée sur la société israélienne et sur la responsabilité du chef du gouvernement à l'approche des législatives.
Le quotidien relaie aussi la parole politique. Dès lundi 5 octobre, lors des premières cérémonies, Benyamin Netanyahou a déclaré que Gaza ne resterait pas sous la coupe du Hamas et a répété sa promesse de poursuivre tous ceux impliqués dans l'attaque. Un intertitre signale par ailleurs la « begrænset fremdrift » du plan de paix de Donald Trump.
Berlingske, de son côté, traite la journée sur un mode d'actualité en continu. Un direct consacré à « uroen i Mellemøsten » accompagne la date, présentée comme marquée « i Israel og verden over ». Le journal qualifie l'attaque de « massive terrorangreb » du Hamas contre Israël, un vocabulaire plus tranché que celui de Politiken, qui parle de « militante palæstinensere ».
Dans les deux titres, la lecture danoise reste centrée sur l'échéance électorale israélienne et sur la sécurité du jour. Les extraits disponibles ne détaillent pas le bilan humain à Gaza ni la controverse sur la commission d'enquête.
À Sdérot, RFI recueille des témoignages de bascule à droite : une habitante dit avoir quitté la gauche. Le Monde publie une tribune sur une société « murée dans un traumatisme profond » et un entretien du sociologue Alain Dieckhoff, qui juge Israël « fortement isolé » sur la scène internationale.
Le prisme national est aussi présent. Jean-Noël Barrot s'est rendu en Israël rendre hommage aux victimes, dont 51 ressortissants français. À Paris, le préfet de police a interdit, à la demande de Laurent Nuñez, une manifestation d'Urgence Palestine, invoquant une « menace terroriste élevée » et des actes antisémites à un niveau historiquement haut ; le collectif dénonce une « censure politique » et saisit le tribunal administratif. À Strasbourg, l'eurodéputée Rima Hassan est mise en cause pour avoir retiré un drapeau israélien d'une exposition sur le 7-Octobre.
La dimension sécuritaire nourrit la querelle. Le ministre de la Défense Israel Katz a relevé l'alerte face à des renseignements sur des attaques du Hamas contre des soldats à Gaza ; Gadi Eisenkot y voit « un acte d'accusation contre le gouvernement du 7-Octobre ». Haaretz estime que Netanyahou amplifie les menaces pour un gain politique, entre avertissements réels, excès de prudence et calculs électoraux. L'armée publie son bilan : près de 100 000 cibles frappées depuis 2023, dont 65 000 à Gaza. Le Jerusalem Post juge très improbable une invasion du même type dans l'année.
Les récits individuels occupent aussi l'espace : l'ancien otage Eli Sharabi, 491 jours de captivité, ou les habitants du quartier de Mishor Hagefen à Ofakim, quartier non évacué, selon Haaretz. Le Jerusalem Post déplore que les médias arabes évoquent surtout les destructions à Gaza, sans mention des victimes israéliennes.
La Repubblica, depuis Jérusalem, titre sur un « Israël coupé en deux » et sur les alertes du gouvernement : menace possible depuis Gaza, depuis la Cisjordanie où l'armée est en état d'alerte, depuis l'Iran où des activités suspectes auraient été interceptées, ou par les airs, après l'attentat manqué contre le vol Flydubai.
En Italie même, la date prend une tonalité communautaire et politique. Le Grand Temple de Rome a accueilli une cérémonie pour le 7-Octobre et l'attentat de la synagogue du 9 octobre 1982, en présence du rabbin Riccardo Di Segni, de l'ambassadeur d'Israël Jonathan Peled, du cardinal Matteo Zuppi, président de la CEI, et d'élus de Fratelli d'Italia, Forza Italia, Italia Viva et du Pd ; elle s'est ouverte sur une minute de silence et close sur les hymnes italien et israélien (Adnkronos).
Libero relaie la polémique de Strasbourg : la vice-présidente du Parlement européen Pina Picierno accuse l'eurodéputée Rima Hassan (La France insoumise) d'avoir « profané » l'exposition sur le 7-Octobre en piétinant des drapeaux israélien et européen, et parle d'antisémitisme. Les articles fournis ne rapportent pas la réponse de l'intéressée.
DutchNews ouvre un second angle, plus proche des Pays-Bas. Les projections du documentaire israélien Naza sont suspendues dans la plupart des cinémas néerlandais de mardi jusqu'au week-end, pour ne pas coïncider avec la commémoration. Les deux réalisateurs, qui craignent pour leur sécurité et celle de leurs familles restées en Israël, l'ont demandé ; le distributeur Cherry Pickers s'est plié à leur souhait. Le film repose sur des entretiens avec 24 militaires et agents du renseignement israéliens anonymes, qui décrivent des civils tués de façon routinière. DutchNews précise que des responsables israéliens contestent « many of the claims » et que le gouvernement cherche à déchoir les deux cinéastes de leur nationalité.
Une projection à Delft, le jour de l'ouverture, a été interrompue par un groupe israélien dont une membre a raconté le meurtre de sa famille par le Hamas. Les deux articles montrent ainsi la mémoire du 7-Octobre contestée jusque dans les salles néerlandaises, sans que les diplomaties étrangères ou le bilan de Gaza ne structurent le récit.
La dimension européenne ressort dans le reportage de RTP Notícias. Une exposition de photographies et d'art est ouverte à Strasbourg depuis lundi, et le Parti populaire européen organise une cérémonie. La présidente du Parlement, Roberta Metsola, y défend le devoir envers la communauté juive d'Europe « num momento de crescente antissemitismo global ». RTP signale aussi un incident : une eurodéputée d'extrême gauche a laissé au sol les drapeaux d'Israël et de l'UE.
Observador publie enfin trois tribunes d'opinion. L'eurodéputé Tiago Moreira de Sá y médite sur la « singularité » d'Israël et du peuple juif et sur le paradoxe de leur survie face à la défaite.
Les articles du corpus ne détaillent ni le bilan de la guerre à Gaza, ni la commission d'enquête refusée, ni l'affaire du supposé avertissement émirati : l'attention reste sur la mémoire, la campagne et le soutien européen.
Le texte s'appuie aussi sur l'organisation israélienne de défense des droits humains B'Tselem, qui parle de « dévastation délibérée » de Gaza, y compris des infrastructures d'eau et d'assainissement. Il décrit des déplacés vivant sous la tente, exposés aux rats, aux scorpions et aux maladies, et affirme, d'après l'ONU, que l'aide essentielle, médicaments vitaux compris, reste restreinte.
La lecture qatarie est donc celle d'un anniversaire qui ne clôt rien : la mémoire des victimes israéliennes est mentionnée, mais le cadre dominant est la continuité de la violence à Gaza et l'écart entre le mot « cessez-le-feu » et la réalité quotidienne des habitants, sous les drones et les bombardements.
Le quotidien SvD publie en outre un éditorial de David Stavrou, qui voit dans le scrutin un « combat pour l'âme d'Israël ». Il présente Netanyahu, candidat à un septième mandat, comme un tacticien dominant depuis trois décennies : ses détracteurs lui prêtent pour but la survie politique et lient ses calculs au procès pour corruption, ouvert depuis six ans ; ses partisans louent une vision de long terme, notamment le refus d'un État palestinien. Netanyahu, qui juge les poursuites politiques, aura 77 ans quelques jours avant le vote.
Le pool suédois se concentre sur la mémoire, la responsabilité politique et l'enquête. La guerre à Gaza et le bilan palestinien n'apparaissent pas dans ces textes, pas plus que les réactions diplomatiques à l'étranger.
Le quotidien rappelle aussi une autre voix : avant les cérémonies de mercredi, des responsables de la communauté palestinienne d'Australie demandent au gouvernement fédéral d'aider davantage la diaspora, qui souffre depuis la guerre à Gaza.
Dans ces deux textes, la politique israélienne, les législatives du 27 octobre et la commission d'enquête refusée par Benyamin Netanyahu n'apparaissent pas. Le prisme est celui de la mémoire, des familles et du lien entre Israël et la diaspora.
NBC News consacre une vidéo de 3 min 43 s à cet anniversaire, intitulée « Remembering the impact on the ground three years after the October 7th attacks on Israel ». Le présentateur rappelle que 1 200 personnes ont été tuées lors des « terror attacks » et que 251 autres ont été prises en otage à Gaza. Le reporter Raf Sanchez couvrait la journée en Israël. Le texte récupéré se limite à ce bilan et à cette présentation. Il ne contient aucun propos sur les élections israéliennes du 27 octobre ni sur la commission d'enquête que refuse Benyamin Netanyahu.
La page vidéo de NBC renvoie à d'autres sujets récents, dont une rencontre entre Jared Kushner et Benyamin Netanyahu sur un éventuel plan de paix pour Gaza et des images de la vie dans les ruines du territoire. Ces liens ne sont pas développés dans le contenu de l'article.
Dans ce corpus restreint, la lentille américaine est donc humanitaire : otages, familles endeuillées, bilan chiffré de l'attaque. Les enjeux de la campagne israélienne et la guerre à Gaza restent au second plan.
La Diaria adopte un autre cadrage. Le quotidien rapporte que le gouvernement israélien de Benyamin Netanyahou a menacé mardi de lancer une guerre contre l'Autorité palestinienne, qui gouverne la Cisjordanie, à l'occasion de la commémoration ; la menace est attribuée au ministre de la Défense. Le gouvernement palestinien, de son côté, a alerté sur la violence croissante des colons. Le journal rappelle que l'attaque a fait environ 1 200 morts et 250 enlevés, et que l'offensive israélienne à Gaza a coûté la vie à plus de 70 000 personnes, des milliers de corps restant sous les décombres.
Le quotidien cite aussi un sondage : seuls 22 % des Israéliens et 21 % des Palestiniens disent croire qu'une paix durable sera un jour atteinte. L'extrait accessible de l'article, réservé aux abonnés, s'arrête là.
Les deux textes se répondent sans se croiser : l'un donne la parole à la diplomatie israélienne en Uruguay, l'autre met l'accent sur l'escalade possible et le bilan palestinien. Aucun ne s'attarde sur le contexte électoral israélien.
Plus divergent que 28 % des sujets récents comparables (référence : 90 sujets récents mesurés par la même méthode).