ANGLE DOMINANT
Amsterdam décrypte un Israël désuni : trois ans après le 7-Octobre, la presse néerlandaise lie la mémoire des victimes au scrutin qui jugera Netanyahu.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
NRC (6 octobre) : « Direct na de aanslag [...] was Israël eensgezind, maar daar is inmiddels weinig van over ».
- 02
Naza, documentaire fondé sur des entretiens avec 24 militaires et agents du renseignement israéliens anonymes, est retiré de la plupart des cinémas néerlandais de mardi jusqu'au week-end.
- 03
Le podcast de NRC du 7 octobre demande comment l'attaque a pu survenir sous Netanyahu, « de man die veiligheid voor Israëliërs garandeerde ».
ANALYSE
Amsterdam, 7 octobre 2026. Pour la presse néerlandaise, le troisième anniversaire du 7-Octobre se lit d'abord à travers l'Israël de l'intérieur, divisé à l'approche des élections. NRC, dans un reportage publié le 6 octobre, constate que « direct na de aanslag » de 2023 le pays était uni, mais que « daar is inmiddels weinig van over ». Les Israéliens sont désormais fortement partagés, à la fois sur l'avenir du pays et sur la mémoire des victimes.
Le journal s'attarde sur le site du festival Nova, près de la bande de Gaza, devenu lieu de mémoire après la mort de centaines de fêtards lors de l'attaque menée depuis Gaza sous la direction du Hamas. Pour Simhat Torah, des centaines de jeunes femmes et d'adolescentes y dansent la nuit, séparées des hommes par une clôture. À l'écart, Iris Shapira, avocate de 54 ans, brandit des pancartes de protestation. « Dit is een plek van rouw en pijn voor de families », dit-elle : selon elle, les participants « ne devraient pas danser sur leur sang ».
Le 7 octobre, un podcast de NRC avec le rédacteur Derk Walters pose la question centrale du scrutin : comment l'attaque a-t-elle pu se produire avec Benjamin Netanyahu comme Premier ministre, « de man die veiligheid voor Israëliërs garandeerde » ? Le titre l'énonce sans détour : le 7-Octobre détermine l'avenir politique de Netanyahu. Le texte du reportage fait aussi état de l'espoir d'une partie des Israéliens que les élections apportent un changement.
DutchNews ouvre un second angle, plus proche des Pays-Bas. Les projections du documentaire israélien Naza sont suspendues dans la plupart des cinémas néerlandais de mardi jusqu'au week-end, pour ne pas coïncider avec la commémoration. Les deux réalisateurs, qui craignent pour leur sécurité et celle de leurs familles restées en Israël, l'ont demandé ; le distributeur Cherry Pickers s'est plié à leur souhait. Le film repose sur des entretiens avec 24 militaires et agents du renseignement israéliens anonymes, qui décrivent des civils tués de façon routinière. DutchNews précise que des responsables israéliens contestent « many of the claims » et que le gouvernement cherche à déchoir les deux cinéastes de leur nationalité.
Une projection à Delft, le jour de l'ouverture, a été interrompue par un groupe israélien dont une membre a raconté le meurtre de sa famille par le Hamas. Les deux articles montrent ainsi la mémoire du 7-Octobre contestée jusque dans les salles néerlandaises, sans que les diplomaties étrangères ou le bilan de Gaza ne structurent le récit.
