ANGLE DOMINANT
Berlin tranche sur le terrain électoral : trois ans après le 7-Octobre, la presse allemande interroge la survie politique de Netanyahu et la question de ce qu'il savait avant l'attaque.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon la ZEIT, le Premier ministre reste en poste et se représente malgré les avertissements reçus avant l'attaque ; une trêve tient à Gaza depuis près d'un an.
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Lundi 5 octobre, lors de la cérémonie officielle à Jérusalem, Yaakov Godo a interpellé Netanyahou : « Tu n'as pas protégé mon fils le 7 octobre » (FAZ).
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DW rapporte que près de 400 des plus de 1 200 morts sont tombés au festival Nova et décrit une crise de santé mentale en Israël.
ANALYSE
Berlin, 7 octobre 2026. Pour la presse allemande, le troisième anniversaire du 7-Octobre est d'abord une question politique : pourquoi Benyamin Netanyahou est-il encore là ? Le podcast d'actualité de la ZEIT, publié mercredi, rappelle que des terroristes islamistes venus de Gaza ont tué environ 1 200 personnes et enlevé de nombreux otages, « le plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah ». Il note qu'une trêve tient à Gaza depuis près d'un an, bien que des attaques s'y poursuivent, et que, « bien qu'il ait été averti », le Premier ministre reste en poste et se représente au scrutin à venir. La rédactrice de politique étrangère Lea Frehse y explique par quel récit il y parvient et quelle place l'attaque occupe dans la campagne.
La FAZ s'intéresse à la même fracture. Sous le titre « Que savait Netanyahou avant le 7 octobre ? », elle rappelle qu'il aurait été prévenu à plusieurs reprises avant l'attaque, et se demande si cela aide l'opposition. Elle raconte la cérémonie officielle de lundi 5 octobre à Jérusalem : pendant le discours du Premier ministre, Yaakov Godo s'est levé et a crié : « Tu n'as pas protégé mon fils le 7 octobre », puis a parlé de « honte ». Le quotidien y voit la preuve que le 7-Octobre reste en Israël « une plaie ouverte », surtout pour les proches des victimes.
Deutsche Welle choisit l'angle du traumatisme. Son reportage du 5 octobre, intitulé « la santé mentale d'Israël en état d'urgence », suit Ronen Shalev, dont les deux enfants étaient au festival Nova, où près de 400 des plus de 1 200 morts ont été tués. Sa fille a survécu ; son fils, blessé par balle, a vu sa compagne mourir ; son épouse s'est ensuite donné la mort. « On commence à trembler », dit-il, car « ce n'est pas un jour, puis on passe à autre chose ». Le titre de l'article avance qu'un Israélien sur trois serait traumatisé.
Gaza n'apparaît qu'en contrepoint : DW écrit que l'offensive israélienne a tué « des dizaines de milliers » de Palestiniens et qu'une large part de la population a été déplacée. Le corpus ne détaille ni les bilans, ni la position du gouvernement fédéral, ni l'enquête d'État refusée. La lecture reste centrée sur la société israélienne et sur la responsabilité du chef du gouvernement à l'approche des législatives.
