ANGLE DOMINANT
Bruxelles décrypte ce troisième anniversaire comme un deuil national que la campagne électorale israélienne empêche de clore : l'échec sécuritaire, l'absence de commission d'enquête et la guerre à Gaza restent sans solde.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La DH rapporte, selon l'AFP, 1.221 morts le 7 octobre 2023 et 251 personnes enlevées, dont 44 déjà mortes, avec une minute de silence à 06h29 sur le site Nova.
- 02
La Libre Belgique cite le chef d'état-major Eyal Zamir, qui, dimanche 4 octobre, parle de « l'ampleur du désastre » et de la nécessité de ne pas rester enlisé dans les enquêtes.
- 03
Une tribune dans La Libre Belgique, signée Izzeldin Abuelaish, cite plus de 74 000 morts à Gaza trois ans après le 7 octobre.
ANALYSE
Bruxelles, 7 octobre 2026. La presse belge aborde le troisième anniversaire de l'attaque du Hamas par le recueillement. La Libre Belgique et la DH, s'appuyant sur l'AFP, rapportent qu'une minute de silence a été observée à 06h29, heure du début de l'assaut, sur le site du festival Nova, où l'attaque avait fait plus de 300 morts, puis au kibboutz Kfar Aza, où 64 habitants avaient été tués et 18 enlevés. La DH retient le bilan de 1.221 morts selon un décompte de l'AFP, 251 personnes enlevées dont 44 déjà mortes, et note que ces commémorations sont les premières depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu à Gaza. Les cérémonies officielles, précise-t-elle, se sont tenues lundi, à une date fixée par le gouvernement israélien.
Le journal flamand VRT NWS place le trauma au centre : « Er is trauma, een diep en niet te onderschatten trauma », écrit-il, et il évoque la colère de ne toujours pas disposer d'une commission d'enquête. Il donne la parole à Emily Hand, 11 ans, otage à 8 ans pendant 50 jours, et à Yaakov Godo, père de Tom, tué le 7 octobre. Les Israéliens, dit-il, regardent désormais autrement leurs dirigeants et les élections de fin de mois.
La Libre Belgique pousse la lecture vers la responsabilité. Son article du 7 octobre rappelle que le chef d'état-major Eyal Zamir, dimanche 4 octobre, a parlé de « l'ampleur du désastre » et de la nécessité de ne pas rester enlisé dans les enquêtes militaires. Le quotidien énumère les démissions en série, d'Aharon Haliva, chef d'Aman, en avril 2024, jusqu'à Herzi Halevi, Yossi Sariel, Yaron Finkelman et Oded Basiuk, et lit l'échec sécuritaire à travers la méfiance entre Benyamin Netanyahou et l'armée, qui sert aussi de bouc émissaire au gouvernement.
Une voix palestinienne s'exprime dans les colonnes d'opinion de La Libre. Izzeldin Abuelaish, docteur honoris causa de l'UCLouvain, condamne le meurtre de tout innocent, israélien comme palestinien, et demande : « Combien devront encore mourir avant que nous disions assez ? » Il souligne que plus de 74 000 morts ont été recensés à Gaza et que le 7 octobre « n'est pas survenu dans un vide historique », renvoyant à l'occupation et au blocus.
Les sources belges convergent ainsi sur un point : la date est vécue en Israël comme un moment de deuil, mais aussi comme un moment de comptes à rendre, à trois semaines d'un scrutin que la DH décrit comme marqué par la mémoire du 7 octobre 2023.
SOURCES (3)
- La Libre BelgiqueMOYEN
- Trois ans après le 7 octobre, plus de 74 000 morts à Gaza : "Combien devront encore mourir avant que nous disions assez ?"
- Comment la méfiance entre Netanyahou et l'armée israélienne a rendu possible le massacre du 7 octobre 2023
- Israël rend hommage aux victimes du 7 octobre, minute de silence sur les sites attaqués par le Hamas
- VRT NWSMOYEN
- DH (Dernière Heure)MOYEN
