ANGLE DOMINANT
Jérusalem tranche le 7-Octobre sur le terrain électoral : la commémoration se confond avec la question de la responsabilité de Netanyahou et de la commission d'enquête, à vingt jours des législatives.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Sondage N12 : 65 % des sondés jugent que Netanyahou porte « une grande responsabilité » et 66 % soutiennent une commission d'enquête d'État.
- 02
Sondage IDI de septembre : 62 % des Israéliens jugent le 7-Octobre central dans leur choix de vote aux législatives du 27 octobre.
- 03
L'armée affirme avoir frappé près de 100 000 cibles depuis le 7-Octobre, dont 65 000 à Gaza et 4 500 en Iran.
ANALYSE
Jérusalem, 7 octobre 2026. Trois ans après l'attaque du Hamas, qui a tué quelque 1 200 personnes et conduit 251 otages à Gaza selon le Jerusalem Post, la presse israélienne commémore une journée que la campagne rend indissociable du jugement porté sur le gouvernement. Les législatives sont fixées au 27 octobre, dans vingt jours.
Le Jerusalem Post souligne que le deuil national reste difficile à partager : la journée officielle de commémoration est tombée le lundi 5 octobre, tandis que les cérémonies civiles, dont celle de Ganei Yehoshua, ont lieu le mercredi 7. Le quotidien y voit un désaccord sur « qui devrait conduire le deuil » et sur la place d'un gouvernement qui a présidé à la catastrophe.
Les sondages placent la responsabilité au centre du débat. Selon N12, 65 % des sondés estiment que Benyamin Netanyahou porte « une grande responsabilité » personnelle et 66 % soutiennent une commission d'enquête d'État (93 % des électeurs de l'opposition, 37 % de ceux de la coalition). L'Israel Democracy Institute relève que 62 % des Israéliens jugent le 7-Octobre central dans leur choix de vote ; son président Yohanan Plesner juge la commission « essentielle ». L'ancien otage Gadi Moses, 82 ans, accuse le Premier ministre de s'y opposer à cause de ses conséquences politiques. Haaretz écrit que les responsables qui ont écarté les avertissements sont toujours en poste et que le gouvernement retarde une enquête indépendante ; des familles de victimes et d'otages ont manifesté mercredi pour la réclamer.
La dimension sécuritaire nourrit la querelle. Le ministre de la Défense Israel Katz a relevé l'alerte face à des renseignements sur des attaques du Hamas contre des soldats à Gaza ; Gadi Eisenkot y voit « un acte d'accusation contre le gouvernement du 7-Octobre ». Haaretz estime que Netanyahou amplifie les menaces pour un gain politique, entre avertissements réels, excès de prudence et calculs électoraux. L'armée publie son bilan : près de 100 000 cibles frappées depuis 2023, dont 65 000 à Gaza. Le Jerusalem Post juge très improbable une invasion du même type dans l'année.
Les récits individuels occupent aussi l'espace : l'ancien otage Eli Sharabi, 491 jours de captivité, ou les habitants du quartier de Mishor Hagefen à Ofakim, quartier non évacué, selon Haaretz. Le Jerusalem Post déplore que les médias arabes évoquent surtout les destructions à Gaza, sans mention des victimes israéliennes.
SOURCES (2)
- Jerusalem PostMOYEN
- Haaretz EnglishMOYEN
