ANGLE DOMINANT
Santiago mesure le prix diplomatique de son soutien historique à l'Argentine sur les Malouines, entre reconnaissance mutuelle des souverainetés et malaise politique interne face à l'escalade de Milei.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Dans la déclaration conjointe du 3 septembre 2026, l'Argentine reconnaît la souveraineté chilienne sur l'intégralité du détroit de Magellan en vertu des traités de 1881 et 1984, tandis que le Chili réaffirme son soutien aux droits argentins sur les Malouines.
- 02
Cristián Monckeberg (RN) estime que ce soutien place le Chili dans une situation internationale « compleja », vu ses propres différends frontaliers avec ses voisins.
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Ignacio Walker qualifie de « chauvinisme nationaliste » l'annonce par Milei d'une base navale en Terre de Feu et du durcissement des sanctions contre le projet pétrolier Sea Lion.
ANALYSE
Santiago, 5 septembre 2026. La visite éclair de Javier Milei à La Moneda, jeudi 3 septembre 2026, laisse le Chili dans une position qu'un ancien ministre qualifie lui-même de « compleja ». Reçu par José Antonio Kast avant sa cadena nacional sur les Malouines, le président argentin a obtenu la réaffirmation du soutien chilien historique aux « legítimos derechos de soberanía » argentins sur les Malouines, la Géorgie du Sud et les Sandwich du Sud. En échange, Buenos Aires a reconnu dans la déclaration conjointe que le régime juridique du détroit de Magellan relève exclusivement des traités de 1881 et de 1984, consacrant la souveraineté chilienne sur l'intégralité du passage austral — un geste qui suit une note de protestation de Santiago après que le chef d'état-major de l'armée de l'air argentine, Gustavo Valverde, a mis en doute cette souveraineté.
Pour l'ex-ministre Cristián Monckeberg (RN), ce compromis « ne rapporte rien » de neuf au Chili — le détroit était déjà chilien — et « entraîne notre pays dans un différend délicat », vu les tensions frontalières persistantes avec les voisins du nord. L'ex-chancelier Ignacio Walker salue au contraire la clarification, mais qualifie de « chauvinisme nationaliste » l'annonce, quelques heures plus tard, d'une base navale argentine en Terre de Feu et du durcissement des sanctions visant le projet pétrolier Sea Lion, porté par Navitas Petroleum et Rockhopper Exploration, censé rapporter 2 milliards de dollars de redevances aux îliens. « Ces querelles argentines nous distraient toujours d'un programme pourtant riche », regrette-t-il.
L'ex-ministre des Finances Nicolás Eyzaguirre appelle à la prudence : « Je serais extrêmement prudent à prendre parti dans le conflit entre l'Argentine et la Grande-Bretagne », rappelant que l'archipel reste sous contrôle britannique de fait. Milei, lui, a invoqué les propos de Donald Trump, disposé à « réévaluer » la neutralité historique de Washington, pour justifier son offensive, tandis que Londres réaffirme que les îliens, ayant voté à 99,8 % en 2013 pour rester britanniques, gardent le dernier mot.
Le sommet de La Moneda a aussi acté la coopération antarctique bilatérale et l'engagement argentin d'extrader Galvarino Apablaza, réclamé par la justice chilienne pour l'assassinat du sénateur Jaime Guzmán en 1991.
SOURCES (4)
- La TerceraMOYEN
- MercoPress ChileMOYEN
- BioBioChileMOYEN
- El polémico proyecto petrolero en Malvinas que complica a Milei por la tensión Argentina-Reino Unido
- Milei anuncia sanciones a empresas que operen en Malvinas y ordena levantar base naval en zona austral
- Kast reafirma apoyo de Chile a Argentina por Malvinas e insta a Reino Unido a retomar negociaciones
- CooperativaMOYEN
