ANGLE DOMINANT
Berlin retient d'abord le réformateur de marché qui a arrimé la Chine à l'économie mondiale, ouvrant la voie aux exportateurs allemands, et rappelle un lien personnel avec Helmut Kohl absent des autres pools.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Zhu Rongji est mort mercredi à Pékin à l'âge de 97 ans, selon Xinhua relayée par ZEIT Online et DW.
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Premier ministre de 1998 à 2003 sous Jiang Zemin, il avait combattu l'inflation galopante dès le début des années 1990 comme vice-Premier ministre et banquier central.
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Helmut Kohl et Henry Kissinger, décrits comme des proches qui l'estimaient, ont co-signé la préface d'un livre de Zhu publié en 2015.
ANALYSE
Berlin, 14 août 2026. La mort de Zhu Rongji, ancien Premier ministre chinois disparu mercredi à Pékin à l'âge de 97 ans selon l'agence Xinhua citée par la presse allemande, est reçue comme celle du bâtisseur qui a arrimé la Chine à l'économie de marché mondiale — et, par ricochet, ouvert un immense débouché aux exportateurs allemands.
ZEIT Online et Deutsche Welle, seules rédactions du pool à s'être penchées sur sa disparition, le décrivent comme l'un des architectes de « l'ascension économique fulgurante » qui a fait de la Chine la deuxième économie mondiale. Premier ministre de 1998 à 2003 sous la présidence de Jiang Zemin, il avait auparavant, dès le début des années 1990, combattu l'inflation galopante comme vice-Premier ministre et banquier central, se forgeant à Pékin une réputation d'homme pragmatique et orienté solutions.
Les deux médias insistent sur le prix social de cette transformation : la mise sous pression des entreprises d'État pour les rendre plus efficaces et rentables s'est faite en confrontation directe avec les forces conservatrices du Parti communiste et les cadres des groupes publics, coûtant leur emploi à des millions de personnes. Zhu a aussi privatisé le logement d'État et engagé des réformes tous azimuts du gouvernement, de la finance et des entreprises publiques — une « transformation douloureuse », selon DW.
Détail que la presse allemande est seule à relever dans ce dossier : ses liens avec Helmut Kohl. L'ancien chancelier et Henry Kissinger, tous deux décrits comme des compagnons de route qui l'estimaient, ont signé ensemble la préface d'un livre de Zhu paru en 2015. DW rappelle aussi qu'il fut exilé en zone rurale dans les années 1950, sous Mao, pour avoir critiqué la politique économique du fondateur du régime et loué des réformes menées dans d'autres pays communistes.
L'entrée de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce, aboutissement de son mandat, est mentionnée par les deux titres comme faisant partie de son héritage, sans développement supplémentaire — un choix révélateur pour un pays dont l'économie exportatrice dépend des règles commerciales que Zhu a contribué à faire respecter par Pékin. Le pragmatisme impatient et la langue acérée du dirigeant, qui « n'avait pas de temps pour les politesses », closent le portrait dressé par les deux rédactions.
