ANGLE DOMINANT
Pékin consacre Zhu Rongji comme un dirigeant d'État exemplaire, quand Hong Kong retient l'allié de sa stabilité financière et l'Asie du Sud-Est un vieil ami personnel.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon Xinhua et son relais ECNS, Zhu Rongji est mort à 98 ans le 12 août 2026 à 11 h 06 à Pékin, contre 97 ans selon le South China Morning Post.
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La restructuration des entreprises d'État engagée par Zhu Rongji a entraîné la fermeture de centaines de sociétés déficitaires et environ 30 millions de licenciements, selon le SCMP.
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Le chef de l'exécutif de Hong Kong, John Lee Ka-chiu, a salué le soutien de Zhu Rongji à la ville pendant la crise financière asiatique de 1997.
ANALYSE
Pékin, 14 août 2026. L'agence officielle Xinhua a annoncé la mort de Zhu Rongji, premier ministre chinois de 1998 à 2003, décédé d'une maladie à Pékin mercredi 12 août à 11 h 06. Son relais ECNS lui donne 98 ans, quand le South China Morning Post, également présent dans le paysage médiatique chinois, retient 97 ans — un écart mineur mais révélateur des deux voix qui composent aujourd'hui la mémoire du dirigeant, entre Pékin et Hong Kong.
L'obituaire conjoint publié par le Comité central du Parti, le Comité permanent de l'Assemblée populaire nationale, le Conseil des affaires d'État et la Conférence consultative politique du peuple chinois salue « un excellent membre du Parti, un combattant communiste loyal et éprouvé, un homme d'État et dirigeant hors pair ». Le ton est celui d'une consécration institutionnelle plutôt que d'un simple hommage biographique.
La presse chinoise retient surtout le bilan économique : artisan de l'entrée de la Chine à l'OMC en 2001, Zhu Rongji a aussi engagé la restructuration des entreprises d'État, fermant des centaines de sociétés déficitaires et provoquant, selon le SCMP, la mise à pied d'environ 30 millions de salariés — un chiffre assumé comme le prix d'une « transformation historique ». Sa formule de 1998, prononcée alors que la Chine affrontait la crise financière asiatique — « quel que soit ce qui m'attend, champ de mines ou abîme, j'avancerai sans fléchir » — est citée comme la signature de son mandat, aux côtés de surnoms comme « tsar économique » ou « capitaine des pompiers ».
À Hong Kong, le chef de l'exécutif John Lee Ka-chiu a exprimé sa « profonde tristesse », rappelant le soutien de Zhu à la ville pendant la crise de 1997 et son attachement au principe « un pays, deux systèmes ». Des dirigeants étrangers proches de Pékin ont aussi rendu hommage : le premier ministre malaisien Anwar Ibrahim l'a décrit comme « un bon ami », et son homologue singapourien Lawrence Wong a salué un « vieil ami » de la cité-État.
Cette mémoire nationale, construite autour de l'obituaire officiel et des tributs de partenaires régionaux, laisse peu de place aux zones d'ombre du bilan social des réformes, traité comme une donnée chiffrée plutôt qu'un sujet de débat.
SOURCES (2)
- Zhu Rongji, China's chief engineer of economic reform and former premier, dies aged 97
- Zhu Rongji: reformer who led China's economic transformation through 'minefield or abyss'
- Zhu Rongji reforms fuel China's economic transformation
- John Lee leads tributes as Zhu Rongji remembered for putting steel in Hong Kong's spine
- Malaysia's Anwar looks back on relationship 'well beyond affairs of state' with Zhu Rongji
- ECNSMOYEN
