ANGLE DOMINANT
Séoul mesure le bilan de Zhu Rongji à l'aune de sa propre rivalité commerciale avec Pékin, née de l'entrée chinoise à l'OMC.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Zhu Rongji est mort de maladie à Pékin vers 11 heures mercredi, à 97 ans, selon Xinhua relayée par le Korea Herald et le Korea Times.
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L'entrée de la Chine à l'OMC sous son mandat (1998-2003) a porté la croissance au-delà de 8 % par an entre 2000 et 2010, avec un pic à 14,2 % en 2007, jusqu'à dépasser le Japon en 2010.
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Citation reprise par les deux titres : « J'ai préparé 100 cercueils ici — 99 pour des fonctionnaires corrompus, et un pour moi-même. »
ANALYSE
Séoul, 14 août 2026. La presse sud-coréenne a repris mercredi l'annonce de l'agence Xinhua : Zhu Rongji, Premier ministre chinois de 1998 à 2003, est mort de maladie à Pékin vers 11 heures, à 97 ans. Le Korea Herald et le Korea Times consacrent chacun un long portrait à l'homme qui a « aidé à déclencher le boom économique explosif de la Chine » en imposant une restructuration brutale aux entreprises d'État et en menant Pékin à l'Organisation mondiale du commerce.
Pour un voisin dont l'économie s'est bâtie en miroir — et souvent en concurrence directe — de celle de la Chine, ce départ est lu avant tout à travers ses conséquences commerciales. Les deux titres rappellent que l'entrée à l'OMC obtenue sous Zhu Rongji a transformé la Chine en premier exportateur mondial et permis une croissance supérieure à 8 % par an entre 2000 et 2010, avec un pic à 14,2 % en 2007 — la décennie précise où Pékin a dépassé Tokyo pour devenir la deuxième économie mondiale. C'est cette bascule que la Corée du Sud, économie exportatrice tournée vers l'électronique, l'automobile et l'industrie lourde, a vue redessiner durablement son environnement concurrentiel immédiat, bien avant que la rivalité industrielle sino-coréenne ne s'étende aux semi-conducteurs et aux batteries.
La presse locale n'occulte pas le prix social de ces réformes : « des millions de licenciements » dans les entreprises d'État, présentés comme le coût nécessaire à une économie devenue « efficace et rentable ». Elle note aussi que Zhu Rongji s'est heurté aux conservateurs du Parti communiste et aux dirigeants d'entreprises publiques pour imposer cette mutation. Le Korea Herald retient enfin le franc-parler du dirigeant, surnommé « Boss » ou « Zhu le fou » (Zhu Fengzi), et sa formule restée célèbre sur la lutte anticorruption : « J'ai préparé 100 cercueils ici — 99 pour des fonctionnaires corrompus, et un pour moi-même. »
Le Korea Times souligne qu'exilé à la campagne pour avoir loué des réformes menées dans d'autres pays communistes, puis nommé Premier ministre en 1998 à 69 ans, Zhu Rongji occupait le troisième rang dans la hiérarchie du parti, derrière le président Jiang Zemin et Li Peng, président de l'Assemblée nationale populaire. Aucune réaction officielle sud-coréenne n'est rapportée à ce stade ; la couverture reste descriptive, calquée sur les dépêches internationales, sans lien explicite établi avec l'actualité commerciale bilatérale du moment.
