ANGLE DOMINANT
Washington retient l'artisan de l'entrée de la Chine à l'OMC, le « technocrate acerbe » qui négocia face à ses propres émissaires commerciaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Entrée de la Chine à l'OMC en 2001, après quinze ans de négociations, dont Zhu Rongji fut l'artisan principal face aux négociateurs américains (NPR)
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Charlene Barshefsky, ex-représentante américaine au Commerce, a négocié directement avec Zhu pendant des années avant le vote du Sénat américain en 2000 (NPR)
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Citation attribuée à Zhu en 1998 : « J'ai préparé cent cercueils ici — quatre-vingt-dix-neuf pour les fonctionnaires corrompus, et un pour moi-même » (ABC News)
ANALYSE
Washington, 14 août 2026. La mort de Zhu Rongji, premier ministre chinois de 1998 à 2003, ravive à Washington le souvenir d'une négociation commerciale parmi les plus longues de l'histoire diplomatique américaine. NPR et ABC News rappellent que Zhu fut l'architecte de l'entrée de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce en 2001, aboutissement de quinze ans de pourparlers dont une bonne partie s'est jouée face à des négociateurs américains.
Charlene Barshefsky, ancienne représentante américaine au Commerce qui a passé des années à la table des négociations face à Zhu, le décrit à NPR comme un homme qui « a embrassé l'idée d'une Chine dont le système économique serait plus compatible avec celui de l'Occident » — plus ouvert, moins dominé par l'État. Pour obtenir un statut commercial préférentiel des États-Unis, condition posée avant l'adhésion à l'OMC, Pékin dut consentir de lourdes concessions ; en 2000, le Sénat américain vota ce statut, ouvrant la voie à l'entrée effective de la Chine dans l'organisation l'année suivante.
La presse américaine dresse le portrait d'un « technocrate acerbe », ingénieur de formation, envoyé en exil rural pour avoir loué des réformes menées dans d'autres pays communistes, avant de revenir imposer aux entreprises d'État une restructuration brutale — au prix de millions de licenciements — qui a contribué à faire de la Chine, dès 2010, la deuxième économie mondiale devant le Japon. ABC News rapporte son mot resté célèbre, prononcé en 1998 : « J'ai préparé cent cercueils ici — quatre-vingt-dix-neuf pour les fonctionnaires corrompus, et un pour moi-même. »
Sa postérité reste disputée jusqu'en Chine même, note NPR : resté « à la fois aimé et honni » dans un pays qu'il a durablement façonné, en libérant d'immenses ressources de main-d'œuvre et de capitaux tout en installant, selon l'agence, des vulnérabilités pour l'avenir.
Signe de l'incertitude qui entoure jusqu'aux détails biographiques du personnage, l'âge de Zhu Rongji diverge au sein même du pool américain : NPR l'annonce mort à 97 ans, quand le titre d'ABC News avance 98 ans — la même dépêche évoquant ensuite, dans son corps de texte, un homme « âgé de 97 ans ». Aucune des deux rédactions ne tranche formellement cet écart.
