ANGLE DOMINANT
Paris salue un Nobel qui répare une « injustice historique » : à 95 ans, Henri Kagan obtient ce que 2001 lui avait refusé.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Henri Kagan, 95 ans, professeur à Paris-Saclay, et Kenso Soai, 76 ans, partagent le Nobel de chimie 2026 annoncé mercredi 7 octobre, doté de 12 millions de couronnes suédoises.
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En 2001, la catalyse asymétrique avait été primée sans Kagan, écarté selon 20 Minutes par la règle des trois lauréats maximum ; le ministère français de la Recherche avait protesté.
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Emmanuel Macron a parlé d'« une immense fierté pour le pays » ; HuffPost France compte le 75e lauréat français.
ANALYSE
Paris, 8 octobre 2026. Le prix Nobel de chimie 2026 a été attribué mercredi 7 octobre au Français Henri Kagan, 95 ans, et au Japonais Kenso Soai, 76 ans, « pour la découverte des effets non linéaires et de l'autocatalyse dans la synthèse organique asymétrique », selon l'annonce de l'Académie royale des sciences de Suède. La somme de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,07 million d'euros selon L'Express, est partagée entre les deux lauréats.
La presse française commence par expliquer l'enjeu. Le président du comité Nobel de chimie, Heiner Linke, a comparé les molécules chirales à des mains : image miroir l'une de l'autre, elles ne se superposent pas. Le Monde rappelle la conséquence médicale avec la thalidomide, efficace dans sa forme gauche et toxique dans la droite, retirée du marché en 1961 après la naissance, selon le quotidien, de 10 000 à 20 000 bébés malformés. Le comité souligne que ces découvertes ont joué « un rôle déterminant pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques ».
Mais le récit français se concentre sur 2001. Cette année-là, le Nobel avait couronné la catalyse asymétrique sans Henri Kagan, pourtant considéré « en France et dans le monde » comme le « père » de la technique. 20 Minutes, avec l'AFP, attribue cette exclusion à la règle des trois lauréats maximum et évoque une « vive vague d'incompréhension » ; le ministère de la Recherche avait alors protesté. HuffPost France exhume la tribune de Didier Astruc dans Le Monde, titrée « Le Nobel de chimie volé à Henri Kagan », et parle de « revanche ».
Les voix du milieu scientifique vont dans le même sens. Jacques Maddaluno, chercheur émérite au CNRS, déclare : « Cela répare une injustice historique ». Emmanuelle Schulz, directrice de l'Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay, estime que « la chimie française a beaucoup de chance ». Sud Ouest et RFI précisent que Kagan est professeur à l'université Paris-Saclay et a fait toute sa carrière à Paris XI.
La dimension nationale est explicite. HuffPost compte le 75e lauréat français et note que c'est le premier Français distingué cette saison. Emmanuel Macron a évoqué « une immense fierté pour le pays » et écrit sur X : « De Paris-Saclay au Nobel, la science française rayonne ». Kenso Soai, joint par téléphone par la Fondation Nobel, a dit : « C'est le jour le plus incroyable de ma vie ». Le prix d'économie clôturera la saison le 12 octobre.
SOURCES (6)
- 20 MinutesMOYEN
- Sud OuestMOYEN
- HuffPost FranceMOYEN
- L'ExpressMOYEN
