ANGLE DOMINANT
Bogotá retient du Nobel d'économie 2026 une boîte à outils pour les banques centrales : les modèles de Hall et Woodford sont présentés comme ce qui rend les crises énergétiques et l'inflation moins durables.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le prix, doté de 1,2 million de dollars, récompense Robert Hall (Stanford) et Michael Woodford (Columbia) pour les « fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique » (La República).
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Selon l'Académie citée par Portafolio : « Les récessions et les épisodes de forte inflation n'ont pas disparu, mais ils sont moins durables. »
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Les modèles keynésiens traditionnels ont été mis en échec par le choc pétrolier des années 1970, ce qui a conduit Hall et Woodford à bâtir des modèles sur une base microéconomique (Semana, El Colombiano).
ANALYSE
Bogotá, 13 octobre 2026. La presse économique colombienne a salué le prix de la Banque de Suède en sciences économiques, annoncé lundi 12 octobre par l'Académie royale des sciences de Suède. Il est attribué aux Américains Robert E. Hall (Stanford) et Michael Woodford (Columbia) « pour les fondements microéconomiques de la stabilisation macroéconomique », selon La República, qui précise que la récompense est dotée de 1,2 million de dollars et clôt la saison des Nobel.
Portafolio insiste sur le « changement de paradigme » : en intégrant les décisions des individus et des entreprises, les deux chercheurs ont produit de nouveaux modèles keynésiens qui ont aidé à affronter la pandémie et la crise énergétique. Le quotidien cite l'Académie : « Les récessions et les épisodes de forte inflation n'ont pas disparu, mais ils sont moins durables. » Il rappelle que les modèles keynésiens traditionnels, fondés sur la stabilité supposée des corrélations statistiques entre inflation, consommation et chômage, ont été mis en échec par la crise pétrolière des années 1970.
La República développe ce récit historique : face à la stagflation occidentale, beaucoup d'experts jugeaient que la politique de stabilisation faisait plus de mal que de bien. Hall et Woodford l'auraient remise en selle en partant d'agents économiques qui ne sont pas passifs. Le même média titre sur les économistes qui « ont reformulé les idées de Keynes ».
Semana et El Colombiano reprennent la dépêche d'agence : John Hassler, président du comité, affirme que ces travaux offrent « une base théorique solide » aux modèles employés par les banques centrales et les gouvernements du monde entier, et que « nous sommes mieux équipés » face aux chocs énergétiques ou aux variations soudaines de la consommation des ménages. Michael Woodford, né en 1955, a parlé d'un « immense honneur » et d'une « surprise ».
Portafolio consacre un second article aux œuvres marquantes : le traité de Woodford, Interest and Prices, couronné en 2003 par l'Association des éditeurs américains, ses ouvrages avec Bernanke et Taylor, ainsi que les travaux de Hall sur l'économie de haute technologie et la réforme des systèmes fiscaux.
Le regard colombien est avant tout technique et pédagogique : il explique ce que les modèles changent pour la politique monétaire et budgétaire. Les articles fournis ne tirent pas de conséquences pour la Colombie ou pour les banques centrales des pays émergents, et ne discutent pas les critiques adressées aux modèles néokeynésiens.
SOURCES (4)
- El ColombianoMOYEN
- La RepúblicaMOYEN
- PortafolioMOYEN
