ANGLE DOMINANT
Stockholm présente le Nobel d'économie comme un outil éprouvé : les modèles de Hall et Woodford, dit-on, ont permis de traverser la pandémie et les crises énergétiques sans retomber dans les années 1970.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Robert E. Hall (83 ans, Stanford) et Michael Woodford (Columbia) se partagent douze millions de couronnes suédoises.
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John Hassler, président du comité, affirme que leurs travaux donnent une base théorique stable aux modèles des banques centrales et des gouvernements.
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Selon la motivation citée par Svenska Dagbladet, pandémie et crises énergétiques n'ont pas eu d'effets aussi durables sur croissance et inflation que dans les années 1970.
ANALYSE
Stockholm, 13 octobre 2026. Lundi 12 octobre, l'Académie royale des sciences de Suède a décerné le prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d'Alfred Nobel à Robert E. Hall, 83 ans, professeur à Stanford, et à Michael Woodford, né en 1955, professeur à Columbia. Ils se partagent douze millions de couronnes. Expressen reprend la motivation : ils ont développé une nouvelle sorte de modèles macroéconomiques qui ont nettement amélioré les possibilités de mener une politique de stabilisation efficace, c'est-à-dire de lisser les creux et les pics de l'activité par des mesures budgétaires et monétaires.
La presse suédoise met d'abord en avant l'usage pratique. John Hassler, président du comité du prix, déclare que le travail des lauréats a donné « une base théorique stable » aux modèles employés aujourd'hui par les banques centrales et les gouvernements du monde entier. Selon lui, ces modèles permettent de mieux gérer les perturbations, comme les crises énergétiques ou les brusques changements dans la consommation des ménages. Svenska Dagbladet titre sur un « paradigmskifte » (changement de paradigme) dans la politique de stabilisation, formule tirée de la motivation de l'Académie.
Le quotidien insiste sur la comparaison historique. D'après la motivation, la pandémie et les crises énergétiques des dernières années n'ont pas eu des conséquences aussi durables pour la croissance et l'inflation que les périodes critiques des années 1970. Per Krusell, professeur à l'université de Stockholm et secrétaire du comité, résume à l'agence TT que ces travaux ont aidé à stabiliser la conjoncture, à ramener vite le chômage à des niveaux normaux, et de même pour l'inflation.
Michael Woodford, qui s'est exprimé par lien vidéo après l'annonce, se dit à la fois honoré et un peu surpris : « Mais cela fait très bien », déclare-t-il. Les deux titres relaient ce témoignage sans le commenter.
Le récit est celui d'une institution suédoise qui présente son propre choix : la voix dominante est celle du comité, et Expressen rappelle que le prix a été institué par la Riksbank en 1968. Aucun des deux textes ne donne la parole à un économiste critique des modèles néokeynésiens ni ne discute leurs limites, et la nationalité américaine des lauréats n'est pas commentée au-delà de leur rattachement universitaire.
