ANGLE DOMINANT
Paris retient du rapport onusien une qualification juridique lourde : le terme « génocide » appliqué à Gaza place la France dans une position inconfortable entre son engagement institutionnel pour le droit international et ses alliances diplomatiques.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La commission d'enquête de l'ONU accuse Israël de génocide à Gaza, citant le ciblage délibéré d'enfants palestiniens comme stratégie visant à « détruire tout avenir pour les Palestiniens ».
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Plus de 21 000 enfants palestiniens ont été tués selon le ministère de la santé gazaoui, dont environ 5 000 de moins de cinq ans, plus de 1 000 de moins d'un an et quelque 420 nouveau-nés.
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Israël rejette les conclusions : l'armée affirme qu'au moins 40 % des tués étaient des combattants du Hamas et accuse ce dernier d'avoir systématiquement utilisé des boucliers humains.
ANALYSE
Paris, 24 juin 2026. Une commission d'enquête mandatée par l'ONU a rendu, mardi 23 juin, un rapport qui accuse Israël de « génocide » à Gaza, avec une formulation d'une gravité rarement atteinte dans les textes onusiens : les forces israéliennes auraient délibérément ciblé les enfants palestiniens, « s'attaquant à la capacité même du peuple palestinien d'exister », selon les termes du rapport cités par Le Monde.
Les chiffres avancés dans le rapport et repris par France 24 sont saisissants. Le ministère de la santé gazaoui estime que plus de 21 000 enfants palestiniens ont été tués pendant la guerre à Gaza. Parmi eux, environ 5 000 avaient moins de cinq ans, plus de 1 000 moins d'un an, et quelque 420 étaient des nouveau-nés. La commission conclut que ces meurtres s'inscrivent dans « une stratégie plus large visant à détruire tout avenir pour les Palestiniens à Gaza ».
Le rapport va au-delà du seul bilan mortel. Selon Le Monde, les enfants de Gaza subissent également des blessures physiques et psychologiques graves, des traumatismes collectifs, des séparations familiales, des déplacements répétés, la famine et l'effondrement des systèmes éducatif et sanitaire. « Les blessures physiques et psychologiques graves, les traumatismes collectifs, l'orphelinage, la séparation, le handicap, les déplacements répétés, la famine et l'effondrement des systèmes éducatif et sanitaire ont anéanti l'enfance de ces enfants », détaille la commission dans les termes que rapporte le quotidien français.
Israël a fermement rejeté les conclusions. Selon France 24, qui cite le Jerusalem Post, l'armée israélienne affirme qu'au moins 40 % des personnes tuées à Gaza étaient des combattants du Hamas, et que ce dernier « a systématiquement utilisé des boucliers humains ». Le terme « enfants » est même mis entre guillemets par le quotidien israélien, qui souligne que la définition onusienne couvre toute personne de moins de 18 ans.
En France, la réception du rapport s'inscrit dans une période de tensions régionales plus larges. France 24 rappelle que les bombardements sur Gaza se poursuivent malgré la trêve conclue entre Israël et le Hamas. En Cisjordanie, un Palestinien de 29 ans a été tué le 24 juin lors d'un raid israélien à Al-Yamoun, selon Le Monde, qui cite le Croissant-Rouge palestinien : les secouristes ont été empêchés d'approcher la maison encerclée pendant plus d'une heure et demie avant d'entendre des tirs.
La qualification de « génocide » par un organe onusien constitue un seuil symbolique que la diplomatie française ne peut ignorer. Paris est signataire de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide de 1948, et le Conseil d'État a reconnu la compétence de la Cour internationale de justice sur ces questions.
