ANGLE DOMINANT
Jérusalem contre-attaque sur tous les fronts : Israël rejette le rapport onusien comme un "canular diffamatoire" et mobilise ses propres données pour invalider les conclusions de la commission d'enquête.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
La commission ONU cite au moins 20 179 enfants tués et 44 143 blessés entre le 7 octobre 2023 et le 31 mars 2026 ; Israël rejette le rapport comme un "canular calomnieux".
- 02
Des chercheurs de l'Université hébraïque de Jérusalem (DellaPergola, Zlochin) contestent la fiabilité du Gaza Mortality Survey (The Lancet) en pointant des anomalies dans les équipes Gaza9 et Gaza3, qui comptent 25 % des décès pour 8 % de l'échantillon.
- 03
Israël a conduit plus de 3 000 enquêtes préliminaires et plus de 100 enquêtes pénales sur la conduite de ses forces ; des responsables militaires estiment qu'environ 40 % des tués à Gaza étaient des membres du Hamas.
ANALYSE
Jérusalem, 24 juin 2026. Le rapport de la Commission indépendante de l'ONU sur les territoires palestiniens occupés a provoqué une riposte immédiate et totale d'Israël. La mission israélienne à Genève a qualifié le document de "second rapport d'advocacy diffamatoire" et affirmé dans un communiqué : "Israël rejette ce simulacre calomnieux." Tout en concédant que "chaque enfant mérite protection", la mission a accusé le rapport d'ignorer "les tactiques brutales du Hamas".
La commission, présidée par Srinivasan Muralidhar, a conclu qu'Israël avait délibérément ciblé et tué des enfants palestiniens, acte qu'elle qualifie d'élément central établissant l'intention génocidaire. Selon le rapport, au moins 20 179 enfants ont été tués et 44 143 blessés depuis le 7 octobre 2023 jusqu'au 31 mars 2026. La commission ajoute que ces actes se sont poursuivis même après l'entrée en vigueur d'un cessez-le-feu en octobre 2025.
Le Jerusalem Post a apporté plusieurs éléments de contexte que la commission n'aurait pas pris en compte. Selon des responsables militaires israéliens cités par le quotidien, environ 40 % des personnes tuées à Gaza étaient des membres du Hamas, un ratio qualifié d'acceptable au regard des conflits précédents, d'autant plus que Hamas aurait systématiquement utilisé des boucliers humains. Le journal souligne également que la définition onusienne du terme « enfant » couvre toute personne de moins de 18 ans, incluant donc des combattants armés de 16 ou 17 ans.
Sur le plan méthodologique, une correspondance publiée dans The Lancet Global Health par le professeur émérite Sergio DellaPergola de l'Université hébraïque de Jérusalem et le chercheur indépendant Mark Zlochin remet en cause la fiabilité du Gaza Mortality Survey, qui avance le chiffre de 75 200 morts violentes. Les auteurs pointent des anomalies statistiques dans deux équipes d'enquêteurs, Gaza9 et Gaza3, dont les résultats s'écartent fortement des autres équipes et représentent à eux seuls un quart des décès violents recensés pour seulement 8 % de l'échantillon total.
Face aux accusations de l'ONU, Israël a mis en avant ses mécanismes d'accountability internes : plus de 3 000 enquêtes préliminaires et plus de 100 enquêtes pénales ouvertes sur la conduite de ses forces armées. Le Jerusalem Post rappelle que ce chiffre est d'autant plus significatif que le conflit se poursuit.
Parallèlement, au Conseil des droits de l'homme de l'ONU, l'ancienne otage Ilana Gritzewsky a interpellé la rapporteuse spéciale sur les violences faites aux femmes, Reem Alsalem, lui reprochant de passer sous silence les violences sexuelles commises lors du massacre du 7 octobre. "Je suis ici aujourd'hui – pas comme un rapport, pas comme une statistique", a déclaré Gritzewsky.
SOURCES (2)
- Jerusalem PostMOYEN
- Haaretz EnglishMOYEN
