ANGLE DOMINANT
Ankara tranche avec fermeté : la commission d'enquête de l'ONU confirme ce que la Turquie dénonce depuis octobre 2023, à savoir qu'Israël mène une destruction délibérée de la population palestinienne à Gaza, en ciblant en priorité les enfants.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Environ 30 % des personnes tuées à Gaza sont des enfants, proportion jugée supérieure à celle des conflits précédents par la commission ONU (Daily Sabah)
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Au moins 73 035 morts à Gaza dont plus de 21 280 enfants, chiffres reconnus comme fiables par l'ONU (BBC Türkçe)
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Le ministre israélien Ben-Gvir a revendiqué la démolition de 5 700 maisons palestiniennes en un an et promis d'accélérer ces démolitions (Daily Sabah)
ANALYSE
Ankara, 25 juin 2026. La commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les territoires palestiniens occupés a rendu un verdict que les médias turcs présentent comme une confirmation irréfutable : Israël a délibérément ciblé les enfants palestiniens à Gaza, et ces actes constituent un génocide, des crimes contre l'humanité et des crimes de guerre. Le Daily Sabah rapporte que le président de la commission, Srinivasan Muralidhar, a déclaré : "Les preuves montrent que les enfants palestiniens ont été délibérément ciblés et tués par les forces de sécurité israéliennes."
Les chiffres avancés dans les articles turcs sont accablants. Selon BBC Türkçe, au moins 73 035 personnes ont été tuées à Gaza depuis le 7 octobre 2023, dont plus de 21 280 enfants — des données jugées fiables par l'ONU elle-même. Le Daily Sabah précise que les enfants représentent environ 30 % des victimes du conflit, une proportion supérieure à celle observée dans les conflits précédents, ce que la commission interprète comme un indicateur d'intention génocidaire.
Le portail Bianet, voix de la presse indépendante turque, souligne que la commission va plus loin que la simple comptabilité des morts : elle conclut que le ciblage des enfants s'inscrit dans "une stratégie délibérée de destruction du futur des Palestiniens à Gaza". Ces violations auraient perduré même après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu d'octobre 2025, ce que les médias turcs présentent comme un élément aggravant.
Face à ces conclusions, Israël a adopté une posture de rejet total. Le ministère israélien des Affaires étrangères a qualifié le rapport de "fabrication diffamatoire" et de "texte de propagande aussi abject que les précédents", selon BBC Türkçe. La mission israélienne à Genève a de son côté dénoncé ce qu'elle appelle un "second rapport d'advocacy calomnieux".
La presse turque élargit également le tableau au-delà de Gaza. Le Daily Sabah rapporte que le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, s'est vanté lors d'une conférence à Tel Aviv d'avoir fait démolir 5 700 maisons palestiniennes en un an, promettant de "continuer à en démolir encore plus" dans les communautés bédouines. Amnesty International citerait l'OCHA pour indiquer qu'au moins 5 910 personnes ont été déplacées de force entre janvier 2023 et avril 2026 dans ces seules communautés.
Sur le plan humanitaire, l'ONU avertit que 1,7 million de Palestiniens déplacés — soit environ 80 % de la population de Gaza — vivent dans plus de 1 600 sites de déplacement. Quelque 600 000 personnes manquent d'accès fiable à l'eau potable, et environ 80 % des sites sont infestés de rongeurs, selon les chiffres relayés par le Daily Sabah.
SOURCES (3)
- BBC TurkishMOYEN
