Un grand jury fédéral de Miami a inculpé Raúl Castro, 94 ans, ancien président cubain et frère de Fidel, pour meurtre, complot contre des ressortissants américains et destruction d'aéronefs. L'acte d'accusation porte sur l'abattage, le 24 février 1996, de deux avions civils opérés par l'organisation Brothers to the Rescue, lors duquel quatre personnes — Armando Alejandre Jr., Carlos Costa, Mario de la Peña et Pablo Morales — ont péri. L'Organisation de l'aviation civile internationale avait conclu que l'incident s'était produit en eaux internationales.
L'administration américaine a accompagné cette annonce d'une proposition de 100 millions de dollars d'aide à Cuba, conditionnée à des réformes politiques et économiques. Le président cubain Miguel Díaz-Canel a rejeté l'inculpation, qu'il qualifie de manœuvre politique sans fondement juridique visant, selon lui, à préparer une agression militaire.
L'épisode s'inscrit dans une séquence de pression accentuée sur l'Amérique latine. En janvier 2026, une opération militaire américaine avait abouti à l'arrestation du président vénézuélien Nicolás Maduro, dont l'inculpation pour trafic de drogue avait servi de base juridique — un précédent cité par l'ensemble des observateurs. Le durcissement des sanctions énergétiques, en coupant les livraisons de pétrole vénézuélien, a par ailleurs provoqué des pannes d'électricité massives à Cuba. La visite du directeur de la CIA à La Havane peu avant la révélation de l'acte, ainsi que des contacts évoqués avec un successeur potentiel, suggèrent que des canaux diplomatiques restent ouverts en parallèle.
Plusieurs points demeurent disputés. Les acteurs s'opposent sur la nature même de la démarche — acte de justice envers les familles des victimes pour les uns, instrument de pression géopolitique pour les autres — ainsi que sur la légitimité du tir de 1996, sur le risque d'une escalade militaire calquée sur le cas vénézuélien, et sur la portée réelle de l'offre d'aide au regard du blocus énergétique.