ANGLE DOMINANT
Buenos Aires décrypte la tournée de Rubio comme la preuve que Washington recompose ses alliances régionales autour de gouvernements alignés, laissant le Brésil hors du parcours.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Deux mémorandums d'entente ont été signés à Barranquilla: l'un sur l'énergie nucléaire civile, l'autre sur les minerais critiques (lithium, cuivre), et non un traité contraignant.
- 02
La Colombie est devenue le dix-neuvième membre de la coalition A3C (« Escudo de las Américas ») et a autorisé des opérations militaires conjointes contre le narcotrafic.
- 03
Depuis juillet, une partie des exportations colombiennes vers les États-Unis subit un tarif additionnel de 12,5 %; Rubio a évoqué une possible révision sans donner de calendrier (« Estamos trabajando en eso »).
ANALYSE
Buenos Aires, 10 septembre 2026. La tournée de trois jours menée par le secrétaire d'État américain Marco Rubio en Colombie, en Équateur et au Pérou est lue depuis l'Argentine comme un geste de reconstruction d'alliances régionales, plus que comme la signature d'un traité contraignant. Mardi 8 septembre, Rubio a rencontré à Barranquilla le président colombien Abelardo de la Espriella, entré en fonction le 7 août, pour sa première visite officielle depuis la prise de pouvoir du nouveau chef d'État. Deux mémorandums d'entente ont été signés, l'un sur l'énergie nucléaire civile, l'autre sur les minerais critiques, dont le lithium et le cuivre.
La dimension personnelle occupe une large place dans le récit relayé par la presse argentine. Rubio a raconté avoir croisé De la Espriella à un mariage en Floride avant que celui-ci ne "se volviera loco y se metiera a presidente", plaisanterie reprise par Clarín. Le secrétaire d'État a salué un homme "énergique" et "visionnaire", confronté selon lui à un héritage de "désastres" laissé par l'ex-président de gauche Gustavo Petro, sanctionné par l'OFAC en octobre 2025 pour des faits que Rubio dit fondés sur des "preuves", sans les détailler.
Sur le fond, De la Espriella a promis que la Colombie collaborerait "responsablement" avec Washington pour garantir la stabilité au Venezuela et approfondirait la coopération frontalière et migratoire. La Colombie a aussi rejoint la coalition A3C, dite "Escudo de las Américas", comme dix-neuvième membre. Sur le commerce, Rubio a évoqué, sans engagement ferme, une possible baisse du tarif additionnel de 12,5 % imposé depuis juillet aux exportations colombiennes: "Estamos trabajando en eso."
Le même jour, la médiatrice des droits humains colombienne Iris Marín a critiqué De la Espriella pour avoir diffusé des images de son passage parmi les corps de combattants dissidents des FARC tués lors de l'opération Azarías, le gouvernement rétorquant que cette critique assimilait à tort l'État aux organisations criminelles.
L'itinéraire — Colombie, Équateur, Pérou — réunit trois gouvernements alignés sur l'administration Trump; le Brésil, en délicatesse diplomatique avec Washington, en est absent, tout comme le Mexique, critiqué le même jour par Rubio pour son manque de fermeté contre les cartels. Depuis Buenos Aires, où le gouvernement entretient lui-même une relation privilégiée avec Washington, cette cartographie régionale par affinités politiques est perçue comme un signal durable plus que ponctuel.
SOURCES (3)
- Marco Rubio se reúne con el presidente de Colombia Abelardo de la Espriella: EN VIVO los detalles del encuentro en Barranquilla
- Marco Rubio se refirió a la posibilidad de eliminar o reducir los aranceles de Estados Unidos a Colombia: "Estamos trabajando en eso"
- Rubio asegura que Colombia "nunca ha pedido" soldados estadounidenses para combatir a los cárteles
- MercoPressMOYEN
- ClarínMOYEN
