ANGLE DOMINANT
Brasília mesure son absence de l'itinéraire de Rubio comme le signe d'une recomposition régionale qui court-circuite le Brésil, pendant que Washington courtise Bogotá, Quito et Lima pour contenir l'influence chinoise en Amérique latine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le 8 septembre, Rubio a signé à Barranquilla deux mémorandums d'entente avec le président colombien Abelardo de la Espriella, entré en fonction le 7 août 2026 : l'un sur l'énergie nucléaire civile, l'autre sur les minerais critiques, lithium et cuivre compris.
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Le Brésil, en crise diplomatique avec l'administration Trump, ne figure pas dans l'itinéraire de la tournée, qui se poursuit en Équateur avec le président Daniel Noboa et au Pérou avec Keiko Fujimori jusqu'au jeudi 10 septembre.
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Selon Folha, la Colombie avait rejoint en 2025, sous Gustavo Petro, la Nouvelle Route de la soie chinoise, et des entreprises publiques chinoises construisent la première ligne du métro de Bogotá, évaluée à 4,3 milliards de dollars.
ANALYSE
Brasília, 10 septembre 2026. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a atterri en Colombie mardi 8 septembre pour rencontrer à Barranquilla le nouveau président Abelardo de la Espriella, entré en fonction le 7 août 2026 après avoir battu la gauche colombienne. La rencontre, tenue au bataillon Paraíso, a débouché sur deux mémorandums d'entente : l'un sur l'énergie nucléaire civile, l'autre sur les minerais critiques, lithium et cuivre compris, destinés selon la presse brésilienne à consolider les chaînes d'approvisionnement américaines. Rubio a promis de « reconstruire » la relation bilatérale, évoquant un « éloignement » survenu sous l'ancien président de gauche Gustavo Petro, dont le gouvernement, a-t-il dit, laisse « une série de désastres » et « les erreurs des quatre dernières années » à corriger, rapporte G1.
La tournée, prévue jusqu'au jeudi 10, se poursuit par l'Équateur, où Rubio a rencontré mercredi le président Daniel Noboa et annoncé la désignation du gang Los Tiguerones comme organisation terroriste étrangère, puis par le Pérou de Keiko Fujimori. Les trois arrêts partagent un point commun relevé par la presse brésilienne : des gouvernements alignés sur Donald Trump. Le Brésil, en crise diplomatique avec Washington, n'apparaît nulle part sur l'itinéraire, notent à la fois G1 et Veja, qui présentent le déplacement comme un projet d'expansion de la « domination » américaine sur les Amériques, écho revendiqué de la doctrine Monroe.
Folha va plus loin et présente la tournée comme une offensive contre l'influence chinoise dans la région : sous Petro, la Colombie avait rejoint en 2025 la Nouvelle Route de la soie, et des entreprises publiques chinoises construisent la première ligne du métro de Bogotá, un chantier évalué à 4,3 milliards de dollars. Le virage pro-Washington de De la Espriella s'accompagne, selon le quotidien, d'une pression américaine sur les investissements chinois en infrastructure et sur l'éradication des cultures de coca, en échange d'un allègement possible des tarifs de 12,5 % sur les exportations colombiennes, frappées par le séisme d'août.
Pour la presse brésilienne, ce déploiement diplomatique illustre moins une politique de sécurité régionale qu'une recomposition des alliances sud-américaines dont le pays reste exclu, alors que Brasília cultive des liens commerciaux étroits avec Pékin.
SOURCES (4)
- G1 Globo MundoMOYEN
- Jornal de BrasíliaMOYEN
- VejaMOYEN
- Folha MundoMOYEN
