ANGLE DOMINANT
Paris décrypte la tournée de Rubio comme la mise en musique d'une « doctrine Donroe » : Washington resserre son emprise sur l'Amérique latine via de nouveaux alliés de droite, en laissant le Brésil hors de son itinéraire.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Deux protocoles d'entente ont été signés à Barranquilla, l'un sur la coopération civile nucléaire, l'autre sur les minéraux critiques, en présence du ministre colombien Omar Bula Escobar (BFMTV).
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Rubio a annoncé 45 millions de dollars de financement sécuritaire supplémentaire pour l'Équateur et désigné le gang Los Tiguerones organisation terroriste (France 24 EN).
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Le Bouclier des Amériques, alliance sécuritaire lancée par Trump le 7 mars 2026 à Miami, structure la tournée : l'Équateur y a adhéré le 7 mars, le Pérou en juillet (RFI).
ANALYSE
Paris, 10 septembre 2026. Pour la presse française, la tournée de Marco Rubio en Colombie, en Équateur puis au Pérou n'est pas un simple déplacement diplomatique mais l'expression d'une doctrine assumée. RFI cite Jean-Jacques Kourliandsky, directeur de l'Observatoire de l'Amérique latine et des Caraïbes à la Fondation Jean-Jaurès, qui décrit un « contrôle resserré sur l'ensemble de l'Amérique du Sud », prolongement du Bouclier des Amériques lancé par Donald Trump le 7 mars 2026 à Miami, et évoque une nouvelle « doctrine Donroe », clin d'œil à la doctrine Monroe du XIXe siècle.
Étape inaugurale mardi 8 septembre à Barranquilla, où Rubio a rencontré le président Abelardo de la Espriella, investi le 7 août 2026, un mois plus tôt à peine. Le Monde rapporte que le secrétaire d'État a promis une « coopération sans précédent » avec Bogota, évoquant « quatre années de très mauvaise gestion » sous Gustavo Petro et la nécessité de « restaurer » des liens distendus par la « distance » des années précédentes. Il a salué « l'énergie » et le « courage » du nouveau président, qu'il dit connaître depuis plusieurs années.
Deux protocoles d'entente ont été signés à Barranquilla, l'un sur la coopération civile nucléaire, l'autre sur les minéraux critiques, en présence du ministre colombien des Affaires étrangères Omar Bula Escobar, précise BFMTV. Le séisme du 10 août, qui a fait plus de 330 morts selon RFI, et la reconstruction figuraient aussi à l'ordre du jour, de même que la lutte contre le narcotrafic, un dossier sur lequel le nouveau président « se montre intraitable ».
La tournée s'est poursuivie en Équateur, où Rubio a annoncé 45 millions de dollars supplémentaires de financement sécuritaire et désigné le gang Los Tiguerones comme organisation terroriste, avant une étape au Pérou auprès de la présidente Keiko Fujimori, investie fin juillet. Pour Le Monde, ce parcours vise à « contrebalancer l'influence croissante de la Chine » dans une région où les dirigeants de droite fraîchement élus sont présentés par RFI comme des soutiens affichés de Donald Trump. L'absence du Brésil de l'itinéraire, en délicatesse avec l'administration Trump, dessine pour la presse française une géographie d'alliances redessinée plutôt qu'un simple tour de courtoisie régional.
SOURCES (4)
- France 24 ENMOYEN
- BFMTVMOYEN
