ANGLE DOMINANT
Mexico retient de la tournée sud-américaine de Rubio moins les accords de Barranquilla que l'avertissement lancé depuis Quito : la lutte antidrogue mexicaine reste « loin d'être suffisante ».
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Rubio a déclaré depuis Quito que la lutte du Mexique contre les cartels n'est « ni de lejos suficiente », tout en reconnaissant que les autorités en font plus qu'avant
- 02
Rubio a affirmé qu'il existe au Mexique de « vastes territoires » non gouvernés par l'État mais contrôlés par des organisations qu'il qualifie de « narcoterroristas »
- 03
Rubio a averti que les États-Unis affronteraient ces groupes « de una forma u otra », citant assassinats de candidats, juges, maires et journalistes ainsi que l'usage de drones aux frontières
ANALYSE
Mexico, 10 septembre 2026. Pendant que Marco Rubio signait à Barranquilla, le 8 septembre, deux mémorandums d'entente avec le président colombien Abelardo de la Espriella, sur le nucléaire civil et les minerais critiques, la presse mexicaine a surtout retenu l'étape suivante de sa tournée : Quito, où le secrétaire d'État américain a visé directement le gouvernement mexicain.
Devant des journalistes, Rubio a jugé que les efforts de Mexico contre les cartels de la drogue ne sont « ni de lejos suficiente » (loin d'être suffisants), tout en reconnaissant que les autorités en font plus qu'auparavant. Il a averti que Washington affronterait ces groupes « d'une manière ou d'une autre ». Selon lui, « la tête du serpent de ces cartels est au Mexique ».
Le responsable américain a affirmé qu'il existe au Mexique de « vastes territoires » échappant au contrôle de l'État, dominés par des organisations qu'il qualifie de « narcoterroristes », dotées selon lui d'une « structure d'entreprise ». Il a cité les assassinats de candidats politiques, de juges, de maires et de journalistes comme preuves de cette perte de contrôle, et évoqué l'usage de drones et de réseaux sophistiqués pour le trafic de drogue et de migrants vers la frontière américaine, qualifiant ces groupes de menace « énorme, juste à notre frontière ».
Ces déclarations interviennent alors que Rubio consolidait, en Colombie, une alliance sécuritaire renforcée avec Bogota : adhésion colombienne à la Coalition contre les cartels des Amériques et autorisation d'opérations militaires conjointes contre le narcotrafic. Pour la presse mexicaine, le parallèle est net : la région observe un remaniement des relations de sécurité de Washington avec ses voisins, et le Mexique, désigné nommément par Rubio comme le cœur du problème, se retrouve en position d'accusé plutôt que de partenaire dans une tournée qu'il avait pourtant précédée, en septembre 2025, lors d'un précédent déplacement de Rubio.
La tournée — Colombie, Équateur, Pérou — vise, selon le département d'État, à « renforcer des alliances importantes » face à l'influence chinoise dans la région, dans le cadre de ce que Donald Trump appelle sa « doctrine Monroe ». Mais côté mexicain, ce sont les mises en garde sur les cartels et la menace d'une action américaine unilatérale qui dominent la lecture de l'événement, bien davantage que les mémorandums signés avec Bogota.
SOURCES (4)
- El FinancieroMOYEN
- El Siglo de TorreónMOYEN
- Vanguardia MXMOYEN
