ANGLE DOMINANT
Bogotá mesure ce qu'elle a accepté de céder en matière de sécurité pour sceller l'alliance retrouvée avec Washington, entre nouveaux blocs armés urbains et retour de l'aspersion aérienne
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Deux mémorandums d'entente ont été signés à Barranquilla, l'un sur l'énergie nucléaire civile, l'autre sur les minerais critiques (lithium, cuivre), présentés par la Chancillería comme un cadre « non contraignant »
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Depuis l'investiture de De la Espriella le 7 août, la Colombie a levé la suspension du port d'armes, créé des « blocs de sécurité urbaine » et relancé un plan pilote d'aspersion aérienne au glufosinate d'ammonium, suspendu depuis onze ans
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Le sénateur d'opposition Iván Cepeda affirme que ce dispositif « configure un gouvernement paramilitaire », et trois élus démocrates américains ont déposé des amendements conditionnant l'aide militaire au respect des droits humains
ANALYSE
Bogotá, 9 septembre 2026. Vingt-six heures après la visite de Marco Rubio à Barranquilla, la Colombie mesure surtout ce qu'elle a accepté de céder en matière de sécurité. Le secrétaire d'État américain, reçu au bataillon Paraíso par le président Abelardo de la Espriella, entré en fonction le 7 août, a signé deux mémorandums d'entente — l'un sur le nucléaire civil, l'autre sur les minerais critiques dont le lithium et le cuivre — que le ministère colombien des Affaires étrangères présente comme un cadre « non contraignant, respectueux de la souveraineté ». De la Espriella a résumé la rencontre en trois axes : « reconstruire la patrie, redresser l'économie, blinder l'hémisphère », et salué sur X une alliance « plus solide que jamais ».
Mais la presse colombienne consacre l'essentiel de sa couverture à ce que cette alliance sécuritaire produit déjà sur le terrain. Depuis l'investiture, le gouvernement a levé la suspension du port d'armes, créé des « blocs de sécurité urbaine » comptant des vétérans militaires, ranimé l'unité anti-émeutes ESMAD, projeté des mégaprisons et relancé, via un plan pilote au glufosinate d'ammonium, l'aspersion aérienne des cultures de coca, suspendue depuis onze ans. Le sénateur d'opposition Iván Cepeda, arrivé second à l'élection de juin, dénonce un dispositif qui « configure un gouvernement paramilitaire » ; les parlementaires Alejandro Ocampo et Óscar Benavides évoquent un « paramilitarisme 2.0 ». À Washington, trois élus démocrates — Jesús García, Alexandria Ocasio-Cortez et Greg Casar — ont déposé des amendements conditionnant l'aide militaire au respect des droits humains.
Rubio, lui, loue un pays qui a produit « plus d'actions concrètes en un mois qu'en quatre ans » et laisse entrevoir le retour de la certification antidrogue, perdue en septembre 2025 sous Gustavo Petro. Le chancelier Omar Bula Escobar y voit le début de la reconstruction d'une « alliance stratégique » avec le principal partenaire régional du pays. Le séisme du 10 août, qui a frappé le Chocó, complète l'agenda : Washington a versé 26,5 millions de dollars d'aide, et De la Espriella a annoncé le 7 septembre un plan de 14 mesures baptisé « Plan Marshall », soutenu par les grandes familles d'affaires du pays. Reste, en toile de fond, une majorité parlementaire encore incertaine face à l'opposition du Pacte historique.
SOURCES (4)
- Bogota PostMOYEN
- El ColombianoMOYEN
- La RepublicaMOYEN
