ANGLE DOMINANT
Pérou arbitre entre l'alliance sécuritaire que propose Washington via le « Bouclier des Amériques » et douze années de premier partenariat commercial avec Pékin, que Marco Rubio a publiquement mis en cause depuis Lima.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Rubio a confirmé mardi 8 septembre, dans une tribune publiée par El Comercio, l'entrée du Pérou dans le « Bouclier des Amériques », qualifiant le pays d'« important allié extra-OTAN ».
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La présidente Keiko Fujimori a reçu Rubio jeudi 10 septembre à 10h15 au Palais du gouvernement, avec l'ensemble du cabinet ministériel, pour discuter sécurité, El Niño, défense et investissements.
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L'ambassade de Chine à Lima a répondu sur X en rappelant qu'elle est le premier partenaire commercial du Pérou depuis douze années consécutives, avec un portefeuille d'investissements de 30 milliards de dollars.
ANALYSE
Lima, 10 septembre 2026. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a bouclé jeudi la dernière étape de sa tournée sud-américaine, entamée en Colombie et poursuivie en Équateur, où le président Daniel Noboa lui a remis l'ordre national du Mérite. Arrivé mercredi vers 18h30 au Groupe aérien n°8 du Callao, accueilli par le chancelier Carlos Espá et l'ambassadeur américain Bernie Navarro, Rubio n'a fait aucune déclaration à la presse.
Jeudi à 10h15, il a été reçu au Palais du gouvernement par la présidente Keiko Fujimori, entourée de son cabinet ministériel, pour ce que la présidence péruvienne présente comme un approfondissement de « l'alliance stratégique » bilatérale. L'ordre du jour couvre la lutte contre le crime organisé transnational, la coopération face au phénomène El Niño, la défense, le commerce et la promotion des investissements.
Le point central reste l'entrée officielle du Pérou dans le « Bouclier des Amériques » (Escudo de las Américas), l'initiative sécuritaire de l'administration Trump contre les réseaux criminels transnationaux. Rubio l'a confirmée mardi dans une tribune publiée par El Comercio, qualifiant le Pérou d'« important allié extra-OTAN » et évoquant « 200 ans d'histoire partagée ». Il y a aussi visé les investissements chinois, affirmant que les projets soutenus par le Parti communiste chinois « contournent les cadres légaux du Pérou et menacent la transparence et la sécurité des données ».
L'ambassade de Chine à Lima a répliqué en deux publications sur X, rappelant qu'elle reste depuis douze années consécutives le premier partenaire commercial du pays, avec un portefeuille de 30 milliards de dollars présenté comme « transparent et conforme à la loi », et mis en avant l'exemption de visa accordée aux citoyens péruviens. Ce différend fait écho au litige en cours entre l'État péruvien et l'armateur public chinois Cosco, propriétaire du port de Chancay, construit avec un investissement de 1,3 milliard de dollars et en conflit avec Lima sur la supervision tarifaire.
Sur le terrain économique, l'ambassadeur Bernie Navarro a, lors du salon minier Expomina, orienté la visite vers l'investissement minier, promettant que les deux pays « seront plus forts » ensemble. CNN a rapporté que Rubio aurait demandé à Lima de rompre ses relations avec l'Iran, point resté en marge de l'agenda officiel.
De la séquence colombienne qui a ouvert la tournée mardi à Barranquilla, la presse péruvienne ne retient que la mention d'une étape antérieure, sans détailler le contenu des accords signés avec le président Abelardo de la Espriella.
SOURCES (6)
- GestiónMOYEN
- El Comercio PerúMOYEN
- RPP NoticiasMOYEN
- La República PerúMOYEN
- Infobae PeruMOYEN
- OjoMOYEN
