ANGLE DOMINANT
Buenos Aires décrypte dans la sortie de Trump contre Zelensky la consolidation d'un rapprochement avec Moscou, scellé par l'accord sur le diesel russe et critiqué par les Européens.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a déclaré samedi à la Maison Blanche : « Il est temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président », en suggérant un dirigeant capable de conclure un accord (La Nación, Perfil).
- 02
Selon Perfil, l'accord avec Poutine prévoit 300 000 tonnes de diesel russe immédiatement et 500 000 tonnes en novembre.
- 03
Kaja Kallas a averti que la flexibilisation des restrictions donnerait à la Russie davantage de ressources pour la guerre : « Ce n'est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie » (Perfil).
ANALYSE
Buenos Aires, 11 octobre 2026. La presse argentine lit l'épisode comme une étape de plus dans le rapprochement entre Washington et Moscou. La Nación titre que Donald Trump « vise Zelensky et consolide son rapprochement avec Moscou », et relève que l'appel à un changement de dirigeant a suivi l'accord de vendredi avec Vladimir Poutine sur l'achat de diesel russe par les États-Unis.
Selon le quotidien, Trump a déclaré samedi à la Maison Blanche qu'il était temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président, en suggérant un dirigeant « qui puisse conclure un accord ». Il reproche à Zelensky de ne pas avoir fait assez pour mettre fin à la guerre et le tient pour responsable de la hausse du diesel. La Nación rappelle que ces propos figurent parmi les plus explicites du président américain contre la cause ukrainienne, et que Trump pressait Kiev depuis des semaines de cesser les frappes sur l'infrastructure énergétique russe.
Perfil insiste sur le grief des raffineries. Trump affirme avoir laissé Zelensky libre de frapper la Russie, à l'exception de ces sites : « Je lui ai dit de faire ce qu'il voulait contre la Russie, mais de ne pas attaquer les raffineries », puis il a averti que Zelensky ferait mieux d'arrêter. Il lie ces frappes aux tensions d'approvisionnement et à la hausse des prix, la Russie étant un fournisseur majeur de diesel. Il évoque aussi les agriculteurs et les éleveurs américains.
Les deux médias placent l'accord dans son contexte électoral et énergétique. La Nación souligne que Trump tente de faire baisser le carburant pour les consommateurs à quelques semaines des élections de mi-mandat, et qu'il cherche à attribuer les prix records à l'Ukraine plutôt qu'à la guerre menée contre l'Iran, qui a fait flamber l'énergie depuis février. Trump partait ensuite pour un meeting républicain dans le Tennessee.
Perfil détaille les volumes : Moscou livrerait 300 000 tonnes immédiatement, puis 500 000 tonnes en novembre, avec d'autres envois ensuite. Il cite la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, pour qui l'assouplissement des restrictions donnerait à la Russie plus de ressources pour poursuivre la guerre : « Ce n'est pas le moment de relâcher la pression sur la Russie, et l'Europe ne le fera pas ». La Nación note que les propos ont suscité de fortes critiques chez les alliés européens.
La couverture reste centrée sur Washington et sur la réaction européenne, la voix de Kiev n'apparaissant qu'en second plan.
