ANGLE DOMINANT
Paris décrypte une rupture frontale entre la Maison Blanche et Kiev, où l'appel de Trump à changer de président ukrainien, au lendemain de l'accord sur le diesel russe, resserre les rangs européens autour de Zelensky.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Samedi 10 octobre, Trump déclare qu'il est « temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président » et dit à Zelensky qu'il « a intérêt à arrêter » de frapper les raffineries russes.
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Ces propos suivent l'annonce, la veille, d'un accord américano-russe sur la livraison de diesel, dans un contexte de hausse des prix du carburant à moins d'un mois des législatives américaines.
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Le ministre ukrainien Andriy Sybiha affirme que Zelensky a le « soutien du peuple ukrainien » ; le Premier ministre britannique Andy Burnham exprime sa « totale solidarité ».
ANALYSE
Paris, 11 octobre 2026. La presse française rend compte d'une rupture ouverte entre Washington et Kiev. Samedi 10 octobre, devant la presse à la Maison Blanche, Donald Trump a déclaré qu'il était « temps pour l'Ukraine d'avoir un nouveau président ». RFI et Sud Ouest rapportent sa formule : « Je leur suggère de se doter d'un nouveau dirigeant qui peut parvenir à un accord » avec la Russie. Volodymyr Zelensky, en poste depuis 2019, « aurait pu conclure de nombreux accords et il ne l'a jamais fait », a ajouté le président américain.
BFMTV insiste sur ses autres propos : sans la guerre, dit-il, « vous n'auriez pas déjà perdu 30 % de votre territoire », et le conflit est dû selon lui à « l'incompétence ». Donald Trump a aussi exhorté Kiev à cesser de frapper les raffineries russes, qui aggravent « le problème mondial » de pénurie de diesel : Volodymyr Zelensky « a intérêt à arrêter ».
Le contexte énergétique est posé sans détour. Ces déclarations interviennent au lendemain, vendredi 9 octobre, de l'annonce d'un accord entre Moscou et Washington sur la livraison de diesel russe aux États-Unis. Sud Ouest rappelle que les prix du carburant ont bondi depuis le déclenchement en février de la guerre contre l'Iran par Donald Trump et Israël, et que l'accord est vu comme un moyen de soulager les consommateurs américains à moins d'un mois d'élections législatives cruciales.
Côté russe, Kirill Dmitriev, principal négociateur économique de Vladimir Poutine, a salué les remarques de Donald Trump comme « historiques ». Côté ukrainien, le ministre des Affaires étrangères Andriy Sybiha a affirmé que Volodymyr Zelensky bénéficie du « soutien du peuple ukrainien » ; selon Le Monde, il a rappelé que le choix du dirigeant revenait aux Ukrainiens.
Le direct du Monde et BFMTV mettent en avant le réflexe européen : le Premier ministre britannique Andy Burnham a assuré Kiev de sa « totale solidarité » et reconnu des « dernières vingt-quatre heures difficiles ». BFMTV titre sur un Volodymyr Zelensky qui « renforce ses liens avec les dirigeants européens ». Le Monde ajoute, d'après le New York Times, que les émissaires Steve Witkoff et Jared Kushner auraient proposé en septembre à Moscou trois incitations économiques contre un cessez-le-feu partiel, dont le déblocage d'avoirs russes gelés, ce qui a surpris des responsables ukrainiens.
RFI replace l'épisode dans la série des tensions, un an et demi après l'altercation en direct à la Maison Blanche entre les deux hommes.
