ANGLE DOMINANT
Copenhague décrypte la brouille Trump-Meloni comme le symptôme d'une Alliance atlantique fragilisée par la guerre en Iran : derrière la querelle personnelle, c'est la question de la solidarité collective qui revient au cœur du débat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Trump a accusé Meloni d'avoir 'supplié' pour une photo au G7 et reproché à l'Italie de n'avoir pas soutenu l'offensive américaine en Iran ni permis l'usage de bases militaires.
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Lors de sa rencontre avec Mark Rutte à Washington (23-25 juin), Trump a déclaré que les alliés de l'OTAN avaient 'abandonné' les États-Unis en Iran, tandis que Rutte présentait un graphique montrant la hausse des dépenses de défense européennes.
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Selon un sondage Ipsos/Reuters, 34 % des Américains soutiennent Trump — son niveau le plus bas depuis le début de son second mandat — et environ 50 % estiment que la guerre contre l'Iran n'en valait pas le coût.
ANALYSE
Copenhague, 25 juin 2026. Ce qui a commencé comme un accrochage de réseaux sociaux entre Donald Trump et Giorgia Meloni a pris, dans les colonnes danoises, une dimension nettement plus géopolitique. Pour Berlingske et Politiken, les deux grands quotidiens qui couvrent l'affaire, l'essentiel n'est pas la joute personnelle mais ce qu'elle révèle sur l'état de l'Alliance atlantique après l'offensive américaine contre l'Iran.
L'incident a éclaté quand Trump a affirmé, lors d'une interview à la chaîne italienne La7, que Meloni l'avait « supplié » de poser en photo avec elle au sommet du G7, et qu'il n'avait accepté que par « pitié ». Sur Truth Social, il a également reproché à l'Italie de ne pas avoir envisagé de soutenir les États-Unis dans leur offensive contre la République islamique d'Iran, et d'avoir refusé l'usage de bases militaires italiennes. « Nous les avons défendus pendant des décennies, mais quand ça compte vraiment, ils ne sont pas là pour nous défendre », a écrit le président américain.
Meloni a d'abord tardé à répondre, puis a fini par hausser le ton. « Président Trump, ces attaques constantes et non provoquées n'ont aucun sens », a-t-elle publié. Elle a ajouté : « Ma popularité ne vous regarde pas. Je vous suggère de vous concentrer sur la vôtre. » Elle a également souligné que son amitié avec Trump n'avait « certainement pas aidé » sa cote de popularité. Ce retournement est d'autant plus frappant que Meloni était, en janvier 2025, la seule dirigeante européenne présente à l'investiture de Trump, qui la qualifiait alors de « femme fantastique » en train de « prendre l'Europe d'assaut ».
Parallèlement, la presse danoise relaie la rencontre entre Trump et le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, à Washington (23-25 juin). Trump a déclaré lors d'une conférence de presse commune : « Nous avons été abandonnés. Nous n'avions pas du tout besoin d'aide — nous avons littéralement anéanti l'Iran en une semaine. Mais il aurait été agréable qu'ils disent “nous voulons aider”. » Rutte a tenté de désamorcer la tension en brandissant un graphique montrant la hausse significative des dépenses de défense européennes depuis la prise de fonctions de Trump.
Berlingske souligne également le contexte intérieur américain : selon un sondage Ipsos/Reuters, la cote d'approbation de Trump a atteint son plus bas niveau depuis le début de son second mandat, à 34 %. Environ 50 % des Américains estiment que la guerre contre l'Iran n'en valait pas le coût, et 35 % considèrent que les États-Unis se trouvent dans une position plus faible qu'avant le conflit. Ces chiffres alimentent, dans la lecture danoise, la mise en perspective des attaques de Trump contre ses alliés comme une stratégie de diversion sur fond de fragilité domestique.
