ANGLE DOMINANT
Lima décrypte la confrontation Trump-Meloni comme le symptôme d'une Alliance atlantique sous pression, entre reproches financiers et calculs diplomatiques nationaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a accusé l'Italie sur Truth Social de ne pas s'être impliquée dans la guerre contre l'Iran, invoquant des «billions de dollars» dépensés dans l'OTAN sans réciprocité.
- 02
Le Sénat américain a voté 50 contre 48 en faveur de l'arrêt de la guerre contre l'Iran, avec quatre républicains dissidents (Rand Paul, Murkowski, Collins, Cassidy).
- 03
Meloni a qualifié d'«inventée» l'affirmation de Trump selon laquelle elle lui aurait supplié une photo lors du G7, déclarant : «L'Italie et moi n'avons jamais supplié.»
ANALYSE
Lima, 25 juin 2026. La presse péruvienne suit de près la rupture rhétorique entre Donald Trump et Giorgia Meloni, l'interprétant comme un révélateur des tensions structurelles au sein de l'Alliance atlantique à l'heure où Washington mène sa guerre contre Téhéran. Le quotidien économique Gestión rapporte que Trump a attaqué publiquement la présidente du Conseil italienne, l'accusant de ne pas s'être «impliquée» dans le conflit que les États-Unis ont ouvert contre l'Iran le 28 février dernier. Sur son réseau Truth Social, le président américain a écrit : «Après avoir dépensé des billions de dollars dans l'OTAN, l'Italie — et sa première ministre — n'auraient même pas envisagé de s'impliquer face à la République islamique d'Iran et sa très grave menace nucléaire. Pendant des décennies, nous les avons défendus, mais au moment de vérité, ils ne sont pas là pour nous défendre.» Meloni a rejeté catégoriquement la version de Trump sur leur relation personnelle. Le président américain avait affirmé dans une interview à la chaîne italienne La7, puis sur Truth Social, qu'elle lui avait «supplié» d'apparaître en photo avec lui lors du G7 en France, ce qu'il aurait accepté «par pitié». La première ministre a qualifié cette histoire d'«inventée» et répliqué : «L'Italie et moi n'avons jamais supplié.» Cette séquence illustre, pour les médias de Lima, une dynamique où les alliés européens refusent d'être entraînés dans un conflit au Moyen-Orient qu'ils n'ont pas initié, tout en cherchant à préserver leur relation bilatérale avec Washington. La confrontation s'inscrit dans un contexte géopolitique plus large couvert par Gestión : le Sénat américain a voté, pour la première fois, en faveur de l'arrêt de la guerre contre l'Iran, par 50 voix contre 48. Quatre sénateurs républicains — Rand Paul, Lisa Murkowski, Susan Collins et Bill Cassidy — se sont joints aux démocrates, révélant des fissures profondes au sein du parti de Trump lui-même. Cette résolution, au caractère symbolique plutôt que contraignant, constitue le point de plus grande impopularité d'un conflit entré dans son quatrième mois. En parallèle, Meloni n'est pas demeurée inactive sur la scène internationale : El Comercio Perú signale qu'elle a félicité le nouveau président élu de Colombie, Abelardo de la Espriella, s'engageant à coopérer sur «la lutte contre le narcotrafic et les organisations criminelles transnationales». Ce repositionnement vers l'Amérique latine illustre une diplomatie italienne cherchant à affirmer sa présence globale indépendamment des injonctions américaines.
